VIII
Font une blanche aurore avec la triste yie l..» Si ta l'avais voulu, moi, je t'aurais suivie. Esclave obéissant, timide, inaperçu, Joyeux de ta présence, et tu n'aurais rien su, Alors môme qu'un jour en tressaillant de joie J'aurais surpris tes yeux où tout mon cœur se noie !... Mais tu n'as pas voulu, tu ne veux point encor A cette heure où le ciel se teint de pourpre et d'or, Où plus tiède le vent agite la ramée.
Que je veille sur toi, Bettine, ô bien-aimée I... Et je viens, comprimant les élans de mon cœur Qui bat à se briser d'espoir et de douleur, Je viens dans la clairière épier ton passage. Comme un rayonnement à travers le feuillage I Pauvre fou que je suis! dans le matin vermeil Mon cœur est envieux des rayons du soleil I... Qu'entends-je? La voici, toute blanche!...
EUeuillant les buissons où bleuit la pervenche.
Une voix fratche ot sonore chante :
A la surface de Tétang
Tout doucement mon bateau glisse :
L^eau claire et limpide s'étend,
Et pas un souffle ne la plisse!
Aussi dans ce miroir poli
Ma main peut saisir le nuage!...
Glisse donc» mon bateau joli,
Sans rien troubler par ton sillage!...
L'étang est un vaste tableau :
Et Toiseau qui franchit l'espace Pour moi se reflète dans l'eau Gomme le nuage qui passe !
Plus doucement bateau léger ; Oh! laisse-moi voir mon image; Glisse!... sans y rien déranger Par les longs plis de ton sillage!..,
Bettino arrive dans la clairière.
STHPHONIB B*àVRIL m
BETTIIIK.
Comme il est tard ! Déjà le soleil disparaît Et le soir assombrit le bois où tout se tait... Ce calme de la nuit mystérieuse et lente M'inquiète, me trouble, et j'avance tremblante...
STÉPHAN
Si j'osais lui parler pourtant!