‹ Saynètes et monologues (volume 3)Chapitre 13 sur 52 · VI · texte numérisé non relu

VI

H LETTRE D'UNE A.CTBICB

— Qa^ bonbear I et oà eartu casée?

TtrOf à cette demande, nm s(mrire tellement bôarre» |Murait-k» que Bertlie Bie saint pac la bras en s'écnaot L

— Hlfiis tout de snheebeE. biqk directeur l

Une heure après, je sortais du cabinet direetoriak a:fec un engagement pour deux ans. (Repris du chœur âTaBégresse.)

Il était temps l

-— Ma chère araie, je n'ai pas de pose à la foire a?ec toi, surtout de pose à la sensiblerie. Nous en avons vu de dures ensemble. Mais, je te le répète, — it-é^aiMem'pa!

l'étais eoQsplétement au bout du rouleau, ma ébatte. J'avais Yeadn ma jolie robe des Femmes terribles. Ma taa^ de la rue de Condé avait pris le surplus. Il ne me restait absolument, mais là, absolument, qu'une mignonne paire de bottines quim'allaient comme un charme, et avec lesquelles je demandais par testamoit à être enterrée, car j'avais fait mon testsutnent. Une idée } Je te donnais... je ne me rappeUe plus quoi... pas grand'chose, par exemple.

N'est-ce pas qu'il est permis de se faire enterrer avec des bottines?

Ah ! tiens, j'étais à bout de forces. Quelque chose pourtant me soutenait dans ma vertu : <— des souvenirs et du dégoût.

Maintenant, Valérie de mon cœur, le moment est arrivé de te faire connaître Theureux théâtre qui a celui de me posséder.

Boulevard de je ne sais qid, Ufn nouveau boulevard enfin, WÊB maiscm toute neufve, an fronton de laquelle on lit Dis- IraeHons théâtrales. C'est là. Un joH petit* théâtre, s'il te plaît, tout frais et tout riant, blanc, argent et or, conme on les fait à présent.

Ou l'a inauguré mercredi a^nec ime pièce qui pourrait bien être une féerie, » ce n'était une* revue. Cela a pour Utre : les Fredaines du prince de Satin, Il n'y aurait aucun incDU*

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véaient à ce que cela s'af^elàt fcrUmatiUt ou même U$ àoù-ées du Boipbof. ÙA% A»886nible à too^ mais tan* ^«itrss choses à lenr tour sessembleront aux Freâameêdu prince de Satin !

Yeax-tu mon analyse» en attendant celle des JonniaUstes?

le pfamier acte se passe chex wn pbotograpbe* J'arrive cbat loi pour poser, avec nne demi^donsaine de me» cam^ pttg^es. Ifos oostomes ont été taillés dans une étoffe faite de rair du temps. U m'a para qu'à Uoschestre peraoua ne s'en plaignait* ^ Noos nous pronpoos, an bras anondi par-desstts la ehevelaret une épaale abandonnée, l'osil à demi dos, la boacbe eniv'oiiYerte. As-ia fini?

Le photographe dit tout ce qui loi vient par la tête; Il a ponr Gompèresen ^pieati, nommé Objectif (natacellemeni^ Lorsque noas sommes fatiguées de poser, mes cono^agnes et moi, nous chantons et nous dansons.

Au deuxième acte, nous chantons et nous dansons, -^ dans un bosquet où il ne manque que des tables de restaurant. Le photographe devient Anacréon, Objectif s'appelle Momus. Selon la mode actuelle, plusieurs dieux et plusieurs gendarmes se succèdent en s'appelant ma vieille et en tirant la langue au public, qui se fond de satisfaction.

Nous chantons et nous dansons encore au troisième acte, — toujours vêtues comme tu devines. Les habitués de Torchestre importunent les ouvreuses pour savoir l'adresse de notre couturière. Evohé ! La toile du fond représente un palais pompéien. Ainsi que dans toutes les revues, il surgit du sol un tas de gens qui dégoisent, sur des airs d'Offenbach ou de Lecocq : < Je suis Vidée ! Je suis le Phylloxéra ! Je suis le Skating-rink I Je suis les Lochs de la Mélasse l •

Moi, j'arrange ma jupe de gaze et je fais sonner mon talon d» cuivre.

Les deux derniers tableaux se chantent et se dansent comme les autres. En résumé, les Fredaines du prince Satin sont une jolie pièce. Et puis, comme c'est joué 1 Ah ! Il y a là surtout une jeune personne du nom de Bernardine, qui

est appelée à un grand avenir. Elle a an entrain da diable^ et on lui a fait bisser plasieurs de ses couplets.

Gomment trouvps-tu que je m'acquitte de mes fsnctions de feuilletoniste?

Tout Farts était là, bien entendu.

Une seule chose, ma belle amie, a gâté mon bonheur. Autour de moi, toutes mes camarades jouaient pour quelqu'un dans la salle. On les voyait sourire furtivement à des loges et envoyer des regards d'intelligence aux galeries.

Moi seule, je ne jouais pour personne, — et, à diverses reprises, je me suis senti le cœur serré. C'est une faiblesse, et je ne l'avoue qu'à toi. Bah ! il n'en sera pas toujours ainsi 1

' Garde-moi toujours le meilleur de ton affection. Ecris-moi, donne-moi de tes nouvelles. Qu'est-ce que devient 6eor« ges? •

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