‹ Saynètes et monologues (volume 3)Chapitre 42 sur 52 · SCÈNE III Les Mêmes, CHAPUIS · texte numérisé non relu

SCÈNE III Les Mêmes, CHAPUIS

GEORGES

Chapuis!

CÉCILE

GEORGES

2ia Dïl£ DBVISS^

CHAPUiS.

C'est moi.

CÉCILE

Vous avez ^u satig au poignet... Vous êtes blessé? Tile^ quelqu'un.

CHAPUIS, se laissAnt aller dans les bras de GeorgM.

N'appelez pas, ce n'est rien... ce n'est...

Cécile lai approche an faatenil et Georges le fait asseoir.

CÉCILE

Le malfteuretix, qtfa*t-il ?

GEORGES, frapplult dans la xbain gaaohdde Cliapaii.

Mon ami l

CÉCILE) frappant dans la main droite.

Monsieur Ghapuisl

CHAPUIS

Ça va mieux... (U passe la main sar son front et s'aperoeyani que son chapeau est sur sa tète, U Pôte [vivement.) Ohl pardOU^ ma^

dame !

CÉCILE

Mais TOUS saignez?

CHAPUIS

Une légèfe eoupure; ce n'est rien.

Explique-nous...

CHAPUIS^ va pour se lever»

C'est bien simple.

CECI LBf le faisant rasseoir»

Restez assis, monsieur Chapuis.

GEORÔBS, même jeo*

Reste assis. '

UNB DEVISE. 2i9

CHAPUIS, simplomenl.

Je veux bien. ^ Figares-voas, maâame.^

CÉClLBy TiTémeiii« Attendez. ^Sllo prand son mouchoir et en enveloppe le poignet gauche de Ghapaii*) Làl

GHAPUtS.

Vous êtes la bonté et Findolgence mêmes, madame; je ne sais comment reconnaître... Figurez-tons, madame...

n Ta pour s» lever de nouveau.

CÉCILE

Non, restez assis, monsieur Ghapuis.

aSORGES.

Reste assis.

CHAFUIS.

Figurez-vous, madame, que j'attendais en bas... car je ne sais pas si Georges vous a dit...

CÉCILE

Oui... mais un peu tard; sans cela, croyez que }e ne tous eusse pas laissé exposé de la sorte.

GHAPUIS.

Vous êtes trop bonne, madame, (n se lève.) J^attendais donc depuis assez longtemps déjà, lorsque je me surpris à loucher ; je cberchai la cause de ce phénomène et la découvris bientôt sous la forme d'une goutte d'eau qui, follement se balançait au bout de mon nez. A peine avais-je eu le temps d'esquisser quelques réflexions philosophiques sur ce bizarre événement, que d'autres gouttes d'eau vinrent poser leurs humides baisers, qui sur mes mains, qui sur mon vissage... je compris qu'il aUait pleuvoir.

Quelle pénétration I

CHAPUI8.

Je relevai le col de mon habit... c'était le déluge I un Jié-

220 tlNE DEVISE

lage plus terrible que ceux d*Ogigès, de Deacalion et de DardanosI Aa bout de dix minutes, je me décidai à sonner à votre porte. Un domestique m'ouvrit et me demanda s'il fallait m'annoncer; je lui répondis que je préférais attendre n aspirant la chaste odeur des roses... J'entrai dans la serre; e la croyais chauffée... elle ne Tétait pas.

CÉCILE

Pauvre monsieur GhapuisI

CHAPUIS

J'avais très froid. Me rappelant que la salle à manger se trouvait au rez-de-chaussée, à gauche, j'y entrai. Bientôt l'impatience me prit... puis, je dois l'avouer à ma honte, les foudres de Xénius ont toujours eu le don de me glacer la moelle dans les os... Je pris mon courage à deux mains: en face de moi se trouvait une porte, je l'ouvris; j'aperçus un escalier, je le grimpai... et je me trouvai dans une bscuritô complète... J'avançais à tâtons, lorsque, soudain, j'entendis on bruit formidable...

CÉCILE

Le tonnerre...

CHAPUIS

Le tonnerre, oui, madame. Dans un élan suprême, j'éten* dis les mains vers le ciel et... patatras! j'enfonçai mon bras gauche dans un vitrage; je sentis une douleur... d'autant plus vive qu'elle me fit comprendre mon indiscrétion... car 3nfin, on ne doit pas se promener dans les appartements... Madame, une d'excuses...

CÉCILE

Point, monsieur Chapuis; vous aviez froid, vous aves droî* A toutes les clémences.

CHAPUIS, A part.

£lle se moque de moi.

CéCILE.

J'ai grondé Georges de ne vous avoir pas un peu encoa^ ragé, et je vous en veux beaucoup, à vous, de vos hésitations à me venir voir. Rester ainsi dans la ruel... Je sais bien que les poètes pour être seuls..*

CHAPUIS

Fen sont pas en meilleure compagnie...

CÉCILE

Tous êtes sévère. Ce n'était nullement ma pensée.

GEORGES, bas à Chapuis*

Tiens-toi un peu.

CHAPUIS, bas A Georges*

Je ne sais pas ce que je dis.

GEORGES, haut à sa cousine.

Cousine, soyez indulgente; ce pauvre Chapuis perd Tesprit.

CHAPUIS

Et quand on perd cela, on ne conserve guère autre chose.. • (Bas A Georges.) Je vlcus cucore de dire une bêtise^ hein?

CÉCILE, à part.

II est charmant. (&aat a Chapals, regardant Georges.) VouS

avez des envieux, monsieur.

CHAPUIS

Avoir des envieux et des maux d'estomac est le lot de tout homme qui se croit supérieur, (a Georges.) Il parait que 4u m'as bien habillé tout à Fheure.

CÉCILE, étonnée.

Habillé?

CHAPUIS

Oui, madame, habillé.

GEORGES

Pourquoi pas calomnié I J'ai dit que tu n'avais pas le sou»

mt UNB 0BVI6E

que tu étais commun... Je te trouve commun... Ta ne peux pas me forcer à t'appeler Bressant...

CHA.PIIIB.

Même pas Lanzun... je n'ai aucune prétention.

CÉCILE

C'est un tort. -*- Mais n'aviez-yous pas quelque cbose à me dire?

CHAPUI8.

Mol? non»tma(Ume. Ah! si! (▲ a«org«8.) Va-t'en.

GEORGES, stupéfait.

Plaît-il?

CÉCILBf fMtOMIlfc.

Allez- VOUS en.

OBOB6BS9 «hnri.

OÙ ça?

GHAPUIS.

Je ne sais pas... dans la serre... tu verras, il y a des rhododendrons splendides.

GEORGES, résolament.

Soit ^ Mais je reviendrai quand...

CHAPUIS

... Je serai parti, (bw ào«orget.) Ma communication a une importance I...

Allons I je vais t'attendre dans la serre... (a CéoUe.) Cousine, vous voyez comme je suis gentil : je vais Tattendre dans la serre.

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