I.'œil au7guet, l'arme av poing, se mettent en défense
Ils sont égaux ici pour l'intérêt commun*
La troupe bigarrée en désordre s'avance.
Douze coups réguliers retentissent dans Tair,
Et les sauvages sont le pliis surpris du monde
D'apprendre à leurs dépens^ combien un revolver
Peut abattre de gens par minute et seconde.
Ils tombent comme font les prunes au mois d'août^
Par douzaines d'abord et bientôt par centaines.
Les plus braves voulaient pousser la cbose à bout :
C'était l'avis de trois ou quatre capiu^nes.
Mais à côté des preux sont les bourgeois prudents
Qui pensent qu'un génie est caché là-dedans.
La peur, quoi qu'on ait dit, est bonne conseillère;
Je parle pour celui qui veut vivre et qui vit :
Un bélier se sauva; le troupeau le suivit.
Âvez-vous mis le pied dans une fourmilière?
Vous voyez aussitôt des milliers de fourmis Courir à droite, à gauche, emportant leur bagage : Avec ndn moins d'ardeur fuyaient les ennemis,
240 JEAN ET JOHN
Si bien qu'il n'en resta pas an seal sur la plage»
JohUy gentleman anglais, avec pleine raison, Changea deux fois de linge et garda la maison. Jean, paladin français, ivre de sa victoire.
Se mit, fusil en main, sur les pas des fuyards. Que cherche-t-il? qui sait? Une page d'histoire?
Le sauvage a des pieds et des trous de renards; Tout est rentré sous terre. £n dernière ressource, Le héros fatigué retourne sur ses pas.
Rapportant, il est vrai, la palme des combats. Mais devant renoncer à celle de la course.
Le soleil qui se lève éclaire les chemins.
Jean, suivant le sillon des cadavres humains, Voit poindre à l'horizon la cabane lointaine. John, pendant ce répit, n'a pas perdu sa peine, Il a pris tour à tour tous les petits outils. Réparé lestement les brèches de l'enceinte, Barricadé la porte, armé tous les fusils, Et dans son Gibraltar il repose sans crainte.
Jean, qui s'approche enfin, voit flotter un drapeau Sur le logis commun. Il fait mainte hypothèse, Se tâte, s'interroge et lit un écriteau Où brûlent ces deux mots : Possession Anglaise,
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