‹ Saynètes et monologuesChapitre 10 sur 50 · SCÈNE IV UÊLIÀ, MAURICE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV UÊLIÀ, MAURICE

MAUaiGIS, Mirant.

Je suis enfin désenfariné, grâce au concierge! Quel coup de brosse I il faut que les pantalons d'ordonnance soient

d'une solidité... (voyant léUa qoi arrange sa GOiffare.} Ah ! UUC dame

qui couronne son édifice... Mille excuses, madame, je suis peut-être indiscret...

LÉLIA

Nullement, monsieur.

HAURIGB, à part.

Tiens, la vieille douairière n'est plus là. (Haut.) Je doi? avoir laissé mes gants ici.

LÉLIA, aperçait 1m ^iints et les eache.

Ahi

BCAURIGE, cherchant.

Oix sont-ils?... Ahl sans doute dans mon paletot.

Il ditre!i6«

76 LËLU

LÉLIA, à part.

Le voilà à ma merci, pieds et poings.. . dégantés.

MAURICE, eherehanU

Toujonrs, le mauvais œil de Brévannes qui me po^irsuit... je sais pourtant cerUûn que je les avais en montant Tesca* lier.

LÉLIA

Vous cherchez quelque chose?

MAURICE

Oui, madame, mes gants ? Vous ne les auriez pas aperçus, par hasard?

LÊLIA.

Non, monsieur, (souriaot.) à moins que je ne les aie pris pour les miens...

Àh! madame !... (cherchaot.) Impossible d'entrer au bal, les mains décolletées.

LÉLIA

Faites comme moi, monsieur, épargnez-vous Tennui de cette cohue.

MAURICE

Gomment, madame, vous vous retirez déjà?

LÉLIA

Il est minuit.

MAURICE

L'heure de Cendrillon I Est-ce que vous auriez les mêmes motifs?

LKLI\.

Qui sait 1

LÉLIA 77

MAURICE

Alors, madame, permettez-moi, si je retrouve votre pantoufle de venir vous la rapporter demain.

LÉLIA

D*abord, monsieur, une pantoufle ne s'égare pas aussi facilement qu'une paire de gants... et puis, nos caméristes ne nous laisseraient plus aller au bal, ainsi chaussées... Enfin, Cendrillon n'était que la filleule d'une fée, tandis que moi...

MAURIGK.

Vous êtes sa marraine ?

LÉLU.

Peut-être !

MAURICE

J'en suis sûr, madame la fée, tout doit vous être possible ?

LÉLIA

* Tout, non... mais, tout ce que je veux.

MAURICE

Alors, veuillez me faire retrouver mes gants ?

LÉLIA

Oh ! me demander une chose aussi mesquine !

MAURICE

Mais, madame, j'attache un très-grand intérêt à mes gants... donnez-moi une preuve de votre pouvoir surna^ turel.

LÉLIA

Mais, le vous en ai déjà donné une...

MAURICE

£n m'éblouissant par l'éclat de votre beauté I

'78 L&LIA

LÉLIA

Non, monsienr, en me rendant inyisible à vos yeux !

MAURIGS.

Invisible ! quand cela ?

LÉLIA

Mais tout à l'heure; lorsque j'étais asssise là! vous n*avez môme pas daigné m'apercevoir.

MAURICE

Gomment, madame, c'était vous?

LÉLIA

J'avais pris la tournure d'une vieille femme, c'est toujours ainsi que nous apparaissons la première fois aux mortels I Souvenez-vous des Contes de Perrault.

MAURIGB.

C'est vrai! puis la fée fait un don.

LÊLU.

Au prince charmant l

MAURIGB.

Même lorsque le mortel n'est ni prince» ni charmant.

JJÈLIA.

Eh bien ! monsieur, je veux suivre les anciennes tradi* tiens : le prince charmant forme trois souhaits !

MAURICE

Que la fée réalise.

LÉLIA

Oui, pour le punir ! car l'accomplissement de ces trois souhaits n'est qu'une déception... il y a toujours une chose que le prince charmant a oublié de demander : le bonheur.

C'est par là que je commencerais.

LÊLU 79

lÂLlK.

En ête»-T0ii8 bien certain ! Tenez, monsîenr» voici un carnet. (Elle lai doane soq earoet de bal.) ËCriveZ SUr O^ttB feollle d'i-

voire, lés trois choses que vous désirez.

MA.URICE.

Immédiatement...

LÉLIA

Non, réfléchissez auparavant et prenez garde de voua tromper.

MAURICE

Et mes trois désirs seront accomplis?

LÉLIA

A rinstant même. Je vous laisse à vos réflexions.

MAURICE

Eh quoi ! vous allez disparaître ?

LÉLIA

Je rentre dans le bal retrouver mes soeurs^ (a fvu) et r» eonter ma folie à Yalentine.

MAURICE

Permettez-moi de vous accompagner.

LÂUA.

Non, restez» je vous Tordonne 1

MAURICE

De grâce !

«^ÉLIA, désignant les mains de Manrice arec son éTentidl.

Osez donc me suivre I

MAURICE

Abl

«0 LÉLU

LÉLIA

On ne peut jamais désobéir à une fée. A tout à rheare, Hoau prince charmant.

Elle sort «a

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