‹ Saynètes et monologuesChapitre 20 sur 50 · L'ORAISON FUNÈBRE DE M"« BOURGEOIS · texte numérisé non relu

L'ORAISON FUNÈBRE DE M"« BOURGEOIS

Non, le vapeur Félix... le nom s'y trouve bien;

Que diable ! les journaux n'inventent jamais rien.

Elle est morte, bien morte, et je n*ai rien à dire,

Et quand je veux pleurer je sens que je vais rire.

Et si l'on me disait : « Vous avez le pouvoir

» De la ressusciter : voulez-vous la revoir ? •

Personne ne m'entend? Je dirais : c Pas si bdte!

• Dieu fait bien ce qu'il fait; sa volonté soit faite I »

Et quand on m'offrirait par-dessus le marché

Mille francs, je dirais : < Messieurs, j'en suis fâché,

> Mais vous m'en donneriez deux, trois, quatre... Impossible 1

» L'argent n'est rien pour moi; je suis incorruptible.

» — Si l'on vous en offrait dix mille ? — Non, vraiment.

» — Quinze mille ? — Nenni. — Vingt mille ?..• »

A ce moment, tJn coup bien appliqué retentit à la porte, c Ciel ! ma femme 1 Toi ? — Moi. — Que le diable l'emporte! > Ces quatre derniers mots furent commis si bas, Que madame Bourgeois ne les entendit pas.

Un matelot l'avait dans ses bras enlevée.

Où ? comment? Je ne sais; bref, il l'avait sauvée. Charlotte avait promis au brave marinier Vingt mille francs tout juste. Il fallut les payer. Ainsi monsieur Bourgeois, pour racheter sa femme. Compta vingt mille francs. Dieu veuille avoir son âme\

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