‹ Saynètes et monologuesChapitre 32 sur 50 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GASTON, seal. n entra, an large mantean sur les épairies, tenait de b Bsitt deoito «n pistelet, at de la ganehe nne katBtM de roitare arec laquelle i a'é<^Bire. — Son sabre traîne.

Personne!.,. La maison est tout à fait déserte!

U ouvre la fenêtre et parle à la eantonafie.

Dragons, vous malmenez ce drôle en pure perte, Il dit vrai, le logis est vide... Sur-le-champ Qu'on le relâche, il est phis bête que méchant I Vous, monsieur de Civrac, chargez-vous des vedettes... Uecommandez-leur bien de demeuref'^muettes Et de ne point bouger, car nous ne sommes pas ]!:ioignés des Anglais de pins de cinq cents pas! Qu'on ne tire qu'en cas d'attaque violênie... C'est bien compris?... Allez I £t garde vigilante!..

En scène.

Comment diable ce point n'est-il pas occupé?

Monsieur de Gumberland n'a pu s'être trompé Sur sa grande importance... Et si c'est par méprise Qu'il est libre, il nous faut craindre quelque surprise.. Dormons les yeux ouverts...

Il débonde 8<m eaiotnion et p«ifle ion putolel luc la. cheminée^ il Teit ki Uhle préparée aree nn en-cas.

Hein! Un souper servi?

Ce flambeau fume encore... quelqu'un se cache ici!

II reprend son pistolet, eonrt an eabinet, en tire Diane par le bras sans la regarder.

Un geste et je tuef...

DIANE, époavaQtée.

Ahl... Par grâce...

GASTON, étonné.

Une femme!

Deux couverts à la table... Ehi Je crois, sur mon âme. Que je viens de troubler un rendez-v©us galant r Pardieul C'est l'amoureux qu'il me faut maintenant !

DIANB', a» NBoettsat et avec dignité.

Vous VOUS trompez, monsieur, je suis seule... et Française! Éloignez vos soupçons. Il n'est rien qui me plaise Plus que votre présence. Et contre le danger Vous allez, en restant ici» me protéger.

GASTON^ arec boauoonp de respect*

Madame, j*obéis, ne soyez plus en peine — Excusez-moi, je suis un simple capitaine, Qui prépare, en faisaa&îce soir un coup de main, La part qu'il devra prendre au combat de demain.

DIANE, effrayée.

i}uoi! La bataille est-elle à ce point imminente?...

GASTON

Oui, madame.

DIANE, à part.

Mon Dieu! Que la voiture est lente!

GASTON

Madame, quand je suis entré, n'alliez- vous pas Souper?... Je ne veux point troubler votre repas... Je me retire...

Il fait une fausne sorti*.

DIANE, l'arrètaot.

Non! Monsieur, c'est inutile!...

Dans un instant, je vais partir, gagner la ville.

GASTON

Quoi! Vraiment, cette nuit et sans avoir soupe?

DIANE, souriant.

Je n'ai plus d'appétit, la peur me l'a coupé.

GASTON, étoordimeot.

Vous êtes bien heureuse!...

DIANE

Eh! Mais, vraiment, j'y pense.

Vous n'avez pas, monsieur, mes motifs d'abstinence, Et peut-être...

GASTON, souriant.

Oh! Peut-être est de trop!

AUX AVANT-POSTES \9.l

UAMB.

A mon toar...

Excusez-moi. ••

GASTON, gaimêDt. ^

J'y snis tout prêt!... Mais en retouri Ma satisfaction s'en trouvera complèu;^ Faites-moi la faveur... /

DiAins.

De?

GASTON, aree hétltaHoo.

De me tenir tôtei...

ViTeiMiit.

Ne fût-ce qu'un instant 1

DIAMB, interdite.

Monsieur...

GASTON, gneieiiMment.

Vous fais-je peur?

DIANE

Non certes!

GASTON, joyensemeDl.

Aux avant-postes! point de censeur!

Point d'indiscrets! Laissez-moi mon rêve d'une heure, Ne me refusez pas?... Puisqu'on cette demeure. Au lieu de ces périls dont j'étais anxieux, J'ai rp.nconlré votre sourire et vos beaux yeux, Puisqu'au lieu des senteurs de la poudre qui grise J'ai trouvé d'un souper tout prêt l'odeur exquise. Laissez-moi, jouissant de cet heureux hasard, Satisfaire à la fois ma bouche et mon regard!

DIANE, à part.

Après tout» je le dois« puisqu'il est mon convive...

182 AUX AVANT-PÛST£S

Etat.

Soit donc!

A part.

En attenda^ que la voitare arrive!

6ASTON9 doacemaat.

A la fin du souper, si je vous fais la cour, Ne vous offensez pas de mes propos d'amour, Peut-être que demain, une balle ennemie Saura mettre bon ordre à ma galanteriel...

DIANE

Quel horrible présage! Il n'y faut point penser!

GASTON

Un sourire de vous suffit à le chasser.

Tenez! Je vois tout rose, et d'honneur, je vous jure,

Ce qui m'est arrivé ce soir est de nature

A faire regretter la vie amèreiaeaL..

DIANE, le menaçant du doigt en souriant.

Ah ! Noos ne sommes pas même au commencement Du souper, et déjà...

GASTON

C'est juste ! Alors à table l

Regardant la table seryie.

Cet ordre de bataille est vraiment admirable! Ce pâté prend des airs de bastion!... Il faut Pour me faire la main que je lui donne assaut!

Il ouvre le pâté et en offre à Diane.

Un peu, de grâce,... pour compléter la partie... Sans cela vous allez troubler ma modestie..

DIANE, tendant son assiette.

Allons!

GASTON

Bravot

AUX AVAIST-POSTfiS 183

Il mange»

Ce sont de petits ortolans...

Manger fort délicat et des plus succulents... Vous y reviendrez... Mais, vous êtes n^al à Taise Avec ce lourd chapeau de voyage qui pèse Sur votre front...

n M lèye« s'approche et Ini «Qlève loa dxapeavi

Souffrez... C'est fait! Il est ôté!

DIANB, soariant.

La bonne caméristel

GASTON, debont.

Oh! Quelle obscurité!

We vous semble-t-il pas?...

DIANE

Vraiment, cela vous gêne?

GASTON, trèMériausement.

Pour VOUS voir.

Il allume les candélabres.

DIANE

Pour si peu vous prenez tant de peine?

GASTON

Mais j'irais détacher pour voir votre beauté Les étoiles d'argent de ce pur ciel d'été I

DIANE, le menaçant da doigt.

Ah! Nous ne sommes pas à la fm...

GASTON

Oui! J'avance, C'est vrai î Mais d'être exact accordez-moi dispense. Ou bien j'abrégerai ce souper si discret Au risque d'en garder un éternel regret.

Voyez quelle veillée adorable et bénie

Le hasard est vraiment un Dieu qu'on calomnie, Il sera désormais, par moi, toujours fôté...

Et je veux commencer par boire à sa santé 1 Que disent ces flacons?

n se lève.

C'est le moment critique!

Du noble châtelain de ce manoir antique Nous allons par son vin, dans un instant, pouvoir Juger quel est le goût, et quel est le savoir.

débouche, DIANE, étoDDée.

Un châtelain, monsieur, quelle erreur est la vôtre? Celte grave demeure où vous êtes, n'est autre Qu'une sainte abbaye, un tranquille couvent I

GASTON, aToe etlme. — Otaot oo boaehon»

En vérité! Ma foi, l'on m'a conté souvent

Que dans tous les couvents la cave est sans pareille.

Nous allons en juger, cela tombe à merveille!

DIANBy à part.

Si ma tante Tabbesse à l'esprit pudibond Me voyait attablée en face d'un dragon...

Quels bras au ciel !

GASTON, versaot le vin.

Sur moi, ne soyez pas en reste?...

Vous direz votre avis...

II goûte.

Du chambertin! Ah! Peste!

Le vin aimé du roi!... Le cellier a du bon!...

A Diane.

Une dernière grâce, et faites-moi raison?

DIANE, leraDt son verre.

Monsieur, je suis Française, et bois à la victoire!

DIANE et GASTON, se leraot ensemble.

A la victoire t

GASTON

A VOS beaux yeux.

DIANE

A votre gloire I

GASTON

Ahl Vous m'ordonnez là de vaincre ou de mourir... Mais, pardieu, nous vaincrons 1 £t je veux revenir Porter au sommelier mon compliment sincère 1

DIANE, riant.

Et si vous rencontrez Tabbesse?

GASTON, aTee ioqolétade.

Elle est sévère?

Bahl Demain j'aurai vu des chocs plus sérieux! Et si Tabbesse veut me faire les gros yeux... Je lui fais les yeux doux, lui conte une folie. Et pour peu qu'elle soit jeune et surtout jolie Gomme vous... je l'enlève!

DIANE, éclatant de rire.

Ah! ah! ah! Juste ciell Enlever noble dame Agathe de Mériel!...

GASTON, étonné.

Madame de Hériel?

DIANE

Oui!

GASTON

Presque une parente!

Nous sommes alliés!...

DIANE

Par qui donc?

GASTON

Par ma tante !..• Vraiment, c'est curieux! je suis chez elle ici?

DIASQii BoucieuM*

Votre tantef

OASTON, galment.

Sans doute! Une Mériel aussi, De l'autre branche... et qui n'est pas octogénaire, Car elle a dix-neuf ans cette tante bien chère t

DIANE, troublée.

Bien chère?... Vous l'aimez, je le vois, de tout cœur?

GASTON, étourdiment.

Je ne la connais pas 1 Quand mon oncle eut l'honneur De greffer cette fleur sur notre souche antique. Je me battais en Flandre... Elle, à la Martinique Partait, quand je revins... Le sort mal disposé Nous a fait faire ainsi, toujours chassé-croisé... Je dis qu'elle m'est chère... en ce qu'elle me coûte Cent mille écus de rente I...

DIANE, avee effort.

En vérité?

GASTON

Sans doute 1 Mon oncle de Bligny, dont j'étais l'héritier, Lui donna par contrat son héritage entier.

Mais, baste ! il ne faut pas se plaindre d'une femme! Et demain, voyez-vous, ou j'aurai rendu l'âme. Ou serai colonel I

DIANE, à part.

Que mon cœur est troublé I

GASTON, doucement.

Mais vous ne mangez plus?... J'aurais bien appelé

Un dragon pour servir, mais je me faisais fête De voas rendre ces soins, moi-même, en tê(e4rtite.

DIANB, après un temps.

Donc, VOUS êtes, monsieur, le marquis de Pligny ?.. •

GASTON, iMBt.

En personne * Un illustre inconnu I

DIANB.

Que nenni l

•ASTON, sarprb.

Quoit Vous me connaissez?

DIANE, sérieosa.

Beaucoup I ... De renommée I . . .

•ASTON, inquiet.

Par qui faite

DIANB.

Une amie intime et très-aiméé...

Armande de Beauval...

GASTON, gaiement.

Armande ? Pauvre enfant 1 Donnée en mariage à ce vieux Yilmorant, Un maître sot, doublé d'un intraitable avare... Vilain 1 L'air d'un vieux bouc!... Et j*aî, mérite rare, Parfait la ressemblance ! . . . .

DIANB> baissant la tète pour rire.

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