‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 10 sur 174 · PEINTRE ET VERNISSEUR DU ROI · texte numérisé non relu

PEINTRE ET VERNISSEUR DU ROI

ANCIEN DIRECTEUR DE l’aCADÉMIE DE SAINT-LUC.

29 janvier 1772.

On a déjà vu figurer, parmi les peintres de l’Académie de Saint- Luc dont nous avons relevé les noms, plus d’un peintre de carrosses; on n’en a pas encore rencontré un qui eût des ateliers aussi importants que celui dont il est ici question. Le s. Antoine Vincent était en effet le fournisseur attitré des seigneurs et des grands personnages ; il travaillait aussi pour les princes de la maison royale, pour le Roi lui-même et pour les ambassadeurs étrangers. Les carrosses de ce temps étaient décorés avec un luxe, on peut dire un art qui exigeait de véritables talents chez celui qui exécutait la peinture des panneaux.

Aussi le s. Vincent était-il un véritable personnage. A ses titres de peintre et vernisseur du Roi, d’ancien directeur de 1 Académie de Saint-Luc, il joignait celui de messager juré de l’Université de Paris, singulier cumul dont on s’explique mal la raison.

ANTOINE VINCENT

Antoine Vincent meurt le 29 janvier 1772, dans une maison du faubourg Saint-Denis, appartenant au s. Verne, secrétaire du Roi, laissant six enfants mineurs d’un second mariage avec Adélaïde-Françoise Sonnereti, savoir : Antoine -Paul, Adélaïde - Esprit, Françoise-Sophie, Louis, Auguste-Jean, Michelle-Louise- Victoire. Il avait eu encore une fille nommée Marie, femme de Daniel- Aubert, sculpteur, rue de l’Université, nommé subrogétuteur de ses beaux-frères et belles-sœurs. Probablement cette fille était née du premier mariage du s. Vincent. La veuve désigne pour faire l’inventaire le notaire Louis-François Boursier, et pour la prisée des marchandises et ustensiles les sieurs Pierre Sageret, peintre de l’Académie de Saint-Luc, demeurant rue Saint-Pierre-aU"Pont-aux-Choux, et Roger, aussi peintre de l’Académie de Saint-Luc, rue de Seine. Le commerce de notre peintre vernisseur exigeait un nombreux personnel. Il n’employait pas moins de trente ouvriers. Il occupait en outre plusieurs commis ou employés dont le commissaire reçoit le serment avant 1 apposition des scellés; c’est ; Louis Bridel, commis du défunt, Claude Drouin, menuisier, Jean Dalençon, maître peintre, probablement un parent de la première femme du défunt.

Voici le détail des meubles de quelque importance :

Dans la chambre à coucher : un tableau de famille.

Dans une chambre ensuitte ; la statue équestre de Louis XV, en plâtre doré; trois petits tableaux dans leurs cadres de bois sculpté doré ; deux épées et un couteau de chasse d’argent ; une épée de deuil.

Dans une autre chambre ensuitte : trois groupes d’enfans en plâtre ; soixante-douze tant tableaux qu’es- ' tampes sous verre, et quelques-unes de bois doré.

Dans la grande salle au rez-de-chaussée ; deux cabinets de la Chine, fond vert et noir, en relief; un grouppe représentant un Laocon; un autre grouppe représentant les Géants foudroyés, tous deux de plâtre bronzé à

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