ARCHITECTE ET CONTRÔLEUR DES BATIMENTS DU ROI
27 février 1786.
On sait de quelle obscurité est encore enveloppée l’histoire de l’architecture française et celle des hommes éminents qui l’ont si dignement représentée aux siècles derniers. Leurs noms sont à peine connus des biographes. En voici un des plus considérables, puisqu’il passa par tous les degrés et reçut tous les grades académiques, mort il y a cent ans à peine, et le plus récent des dictionnaires biographiques sait à peine la date exacte de son décès. « Mort vers le 27 février 1786, » dit-il. Pourquoi cette hésitation quand la date est formellement indiquée par les registres de la Compagnie
Après avoir montré de précoces dispositions pour l’architecture, après avoir remporté le grand prix à l’âge de vingt-un ans, Bellicard, qui était né en 1726, se livra avec ardeur et succès à la gravure. Il a laissé plusieurs ouvrages, notamment des
JÉRÔME-CHARLES BELLICARD.
Observations sur les antiquités d’Herculanum, publiées en 1754. Nommé académicien en 1762, puis contrôleur des bâtiments du roi, il avait devant lui une brillante et heureuse carrière; mais la passion du jeu le perdit. Il mourut de misère, disent ses biographes, sans avoir pu terminer son Architectographie ou Cours complet d’architecture, auquel il travaillait depuis dix ans. 11 avait exécuté pour le roi les cartes des forêts de Compiègne et de Fontainebleau.
Cette triste fin explique pourquoi le procès-verbal du commissaire Adrien-Louis Carré est si sobre de renseignements, et ne dit rien par exemple du mobilier,
11 nous apprend seulement que Jérôme-Charles Bellicard, architecte et pensionnaire du Roi, ancien contrôleur de ses bâtiments à Compiègne et à Fontainebleau, mourut le lundi, 27 février 1786, avant cinq heures du soir, dans un appartement au troisième étage, en une maison à porte cochère, rue Neuve-des- Petits-Champs, vis-à-vis la rue Chabannais, dont le s. Liégeon, architecte, était principal locataire.
Il laissait une veuve, Charlotte-Madeleine Carlier, non commune en biens, et à qui son mari avait assuré par son contrat de mariage passé devant M® Macquer, notaire, le 26 octobre 1756, une somme de douze mille livres.
Les enfants étaient au nombre de quatre, dont trois mineurs. Voici leurs noms : Marie-Françoise-Abel, fille majeure, idiote depuis le jour de sa naissance, 3 décembre 1757, et interdite, sous la curatelle de sa mère, en vertu d’un avis de parents du 4 mai 1786; François-Henri, Louise-Marie et Louis-François, âgés de vingt-quatre, vingt-deux et vingt ans 1.
Les opposants sont au nombre de onze.
M° Trubert, notaire, est chargé de la confection de l’inventaire.
(Arch. nat., Y 11281.)
i. Dans un avis de parents convoqués au sujet de la minorité des enfants Bellicard, figurent, au nombre des amis, Alexandre Lenoir, Jean-Baptiste Renaud (lisez Régnault), peintre du Roi, et Louis Gille, peintre de l’Académie royale.