‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 36 sur 174 · GRAVEUR DU ROI · texte numérisé non relu

GRAVEUR DU ROI

24 avril 1777.

« En résumé, Étienne Fessard est un graveur qui a beaucoup travaillé, beaucoup intrigué, qui s’est beaucoup remué et a fait souvent parler de lui, mais d’un talent fort inférieur à son ambition et à ses prétentions. » C’est en ces termes que MM. Portalis et Beraldi terminent leur curieuse et substantielle notice, bourrée de documents inédits, sur le graveur Étienne Fessard. Nous renvoyons le lecteur à cette étude très vivante.

Né- en 1714, élève d'Edme Jeaurat, Fessard fut agréé par l’Académie en lySS ; mais il ne paraît pas avoir jamais terminé les planches qu’il devait pour sa réception. Son meilleur ouvrage, ont dit ses biographes, est encore son elève Augustin de Saint- Aubin. Le lecteur souscrira sans peine à cette appréciation.

L’acte que nous allons analyser contient plusieurs particularités curieuses. Il nous apprend d’abord que l’artiste mourut, non le i'”' ou le 2 mai, comme on l’a dit jusqu’ici, mais le 23 avril, et fut enterré le 25. Il n’y a aucune incertitude sur la date donnée par la veuve elle-même, puisqu’elle ne quitta pas son mari jusqu’à son dernier jour.

Les scellés sont apposés dans des circonstances toutes particulières, et que nous rencontrons pour la première fois peut-être.

C’est un créancier, le s. Langlade, négociant à Paris, demeurant place de l’École, qui, après avoir obtenu contre Fessard deux sentences du Consulat de Paris restées sans effet, demande au lieutenant civil, le 24 avril 1777, l’autorisation de faire ouvrir les portes de l’appartement de son débiteur et de saisir ses meubles. On ignorait encore à cette date le décès du s. Fessard, survenu le mercredi 23 avril, ainsi que le déclare un peu plus tard sa veuve, Marie-Anne Darras.

Le commissaire Claude-Louis Boullanger, requis par un huissier à verge, se transporte donc au domicile du graveur, rue des Boucheries-Saint-Germain, au coin de la rue de la Chanverie, dans une maison appartenant au s. Bourgogne, marchand de soie. On frappe inutilement à la porte de l’appartement ; elle est

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