PEINTRE DOREUR
29 octobre 1777.
Jean Charpentier, peintre-doreur, entrepreneur des bâtiments du Roi, meurt le 29 octobre 1777, en son domicile, rue d’Argenteuil, au coin de la rue Saint-Roch. Les scelle's sont apposés à la requête de Louis Thibault, maître peintre, entrepreneur des bâtiments du Roi, ancien directeur de l’Académie de Saint-Luc, exécuteur testamentaire du défunt, désigné par ses testament et codicille, en date du 6 juin 1777.
La description du mobilier comprend notamment vingt-sept tableaux représentant différents sujets et une tenture de tapisserie de haute lisse.
L’argenterie se compose d’une grande cuiller à potage, six cuillers à ragoût, une grande cuiller à olive, douze cuillers à café, vingt-quatre cuillers et vingt-quatre fourchettes à bouche, une écuelle d’argent, son couvercle, un petit bénitier, quatre salières dont deux avec couvercles, un huilier en ovale avec boutons et porte -carafes, une salière à compartiments, deux coquetiers, deux pots à eau, deux chocolatières, leurs couvercles, un gobelet à pied, douze couteaux à manche d’argent.
Plus, quelques bijoux et io5 livres en deniers comptants.
Le défunt laissait pour héritières des cousines. Plusieurs nièces de la femme du s. Charpentier, nommée Anne-Élisabeth Lamarre, et morte avant lui, viennent réclamer une partie encore due de sa succession. Une dernière opposition est faite pour une somme restant due par le s. Charpentier sur le prix d’une maison située rue d’Argenteuil, probablement celle qu’il habitait.
(Arch. nat., Y 15674.)
CCXCVII I.
GABRIEL BRIARD
PEINTRE DU ROI ET PROFESSEUR DE l’aCADÉMIE.
i8 novembre 1777.
Le peintre Gabriel Briard fut reçu académicien le 3o avril 1768, sur la présentation d’un tableau représentant Herminie se réfu-
GABRIEL BRIARD.
giant che^ un paysan. Il avait déjà exposé aux salons de 1761 et de 1765 des sujets religieux et des allégories mythologiques dans le goût du temps; il parut encore au salon de 1769' partir de cette date, il cesse d’exposer. Il laissa des élèves qui obtinrent une certaine célébrité, notamment le peintre d’animaux et de paysages Demarne.
Gabriel Briard, peintre du Roi et professeur de son Académie royale, meurt de maladie, — à l’âge de cinquante-deux ans, disent les registres de la Compagnie, — le mardi, i8 novembre 1777, dans un appartement au second, rue Saint-Thomas-du-Louvre, maison de M. Boulé, commissaire des guerres. Le commissaire au Châtelet Marie- Joseph ,Chénon fils, appelé pour apposer les scellés, n’indique rien de particulier dans la désignation du mobilier. Aucune description de tableaux.
Les héritiers sont des frères et sœurs du défunt : 1“ Rénée Broquer ou Le Broquer, veuve du s. Nadal, tailleur, sœur utérine du défunt, comme fille de Marguerite Blanchard, veuve en premières noces de Michel Le Broquer, tailleur, et en secondes noces de Henri Briard, tailleur; 2° Jean Le Broquer, tailleur, frère utérin du défunt, au même titre que la précédente; 3“ Marguerite Briard, épouse de Pierre Letellier, ancien receveur de l’abbaye Sainte-Sauve de Montreuil; 4° Claude Briard, veuve de Nicolas Halley, marchande de modes, les deux dernières sœurs consanguines du défunt, filles toutes deux de Marguerite Blanchard et du sieur Briard, son mari en secondes noces.
Un s. André Nadal, peintre, demeurant avec le défunt, son oncle, remet pour les frais funéraires les deniers comptants trouvés dans l’appartement ; ils s’élèvent à 606 livres.
On cherche vainement le testament du s. Briard.
Parmi les dix-neuf opposants, qui sont presque tous des fournisseurs, on remarque un marchand mercier demandant le prix d’une glace fournie au s. Briard, alors qu’il demeurait au Louvre, deux marchands de couleur, et le s. Louis -François Metra, écuyer, agent du roi de Prusse, réclamant un tableau sur toile, copié d’après Rubens, représentant des Femmes combattant sur un pont, ou la Bataille des Amazones, que ledit Metra aurait confié au défunt. Il en est référé au lieutenant civil, qui renvoie les parties à l’audience et décide que, jusque-là, le tableau restera entre les mains des héritiers présomptifs.
Jean-Baptiste-Pierre Le Brun, peintre à Paris, rue de Cléry,
est désigné par les parties pour faire la prisée des tableaux, estampes, dessins, gravures, etc.
Pendant le cours des opérations, un agent de la fabrique de Saint-Eustache vient remettre deux contrats de rente viagère, sur les revenus du Roi, sur la tête du s. Briard, formant ensemble la somme de 3,35o livres, plus un contrat de rente viagère de 1,200 livres, constitué sur la tête du défunt par la duchesse de Mazarin. Ces pièces montrent que le peintre de l’Académie, fils de tailleur, jouissait, au moment de sa mort, d’une honnête aisance.
(Arch. nat., Y ii5oo.) I