PEINTRE, DOREUR ET D:ÉC0RATEUR
23 octobre 1783.
Paul-Antoine Brunetti était peintre doreur et décorateur de la Comédie française, et cette qualité donne quelque intérêt à l’acte dont nous allons résumer les articles essentiels.
Brunetti meurt à l’âge de soixante ans environ, à la suite d’une longue maladie, le jeudi, z3 octobre 1783, sur les dix heures et demie du soir; il habitait, au premier étage d’une maison de la rue des Quatre-Vents appelée l’hôtel de Tournon, un appartement ayant vue sur le préau de la foire Saint-Germain.
PAUL-ANTOINE BRUNETTI. . iSy
Marie-Anne Fournier, femme de François Ouvier, commis, qui demeurait avec le défunt en qualité d’amie de confiance, — ce sont les termes dont elle se sert, — requiert l’apposition des scellés auprès du commissaire Noël-Louis Gillet.
Les héritiers sont un neveu et une nièce, l’un nommé Jacques- Paul Pauly, négociant à Saint-Domingue, l’autre Anne-Eugénie Pauly, fille majeure, demeurant à Saint-Prix.
Le mobilier renferme un certain nombre d’objets rappelant la profession du s. Brunetti, notamment ; quatre tableaux représentant des Sujets d’architecture, deux autres de Ruines et paysages, une Marine, huit dessins représentant différents Morceaux d’architecture, dont sept encadrés, neuf petits portraits, un tableau représentant un berger, deux paysages, seize figures en plâtre, un tric-trac pliant plaqué en ébène, une épée d’acier, une thèse dans un grand cadre doré, enfin douze autres tableaux avec ou sans bordure.
L’argenterie consiste en six couverts, une cuiller à ragoût, trois à café, et quelques bijoux, parmi lesquels est citée seulement une montre d’or. Plusieurs opposants méritent d’être nommés : Charles-François Carton, machiniste de la Comédie françaisej demeurant rue du Vieux-Colombier, vis-à-vis le couvent de la Miséricorde, réclame des sommes à lui dues par le défunt pour ouvrages et fournitures suivant le compte qui existe entre lui et le s. Brunetti depuis nombre d’années.
Jean-Louis Bounery, compagnon peintre, demande 246 liv. 8 sols pour fourniture de colle et autres marchandises et pour journées faites pour le défunt. Se présentent aussi le s. Delaborde, peintre, Jean -Louis Matis, peintre en bâtiments. Desroches, peintre, Pierre Royer, peintre. Enfin Denis Dechahel Desessarts, pensionnaire du roi, l’un de ses comédiens français ordinaires, demeurant rue de Vaugirard, forme opposition au nom des acteurs et actrices de la Comédie française pour qu’il lui soit fait remise des esquisses et dessins relatifs aux décorations du Théâtre français.
Abraham-Justin Silly, notaire au Châtelet, est désigné pour faire l’inventaire. Les livfes, brochures et manuscrits sont expertisés par Jean-Baptiste Gogué, libraire, rue du Hurepoix. François-Gilles de Colson, architecte, peintre et directeur des bâtiments du duc de Bouillon, demeurant rue du Petit-Bourbon, est
l58 LOUIS-MATHURIN BOUVET.
chargé de l’arrangement, description et inventaire des dessins, estampes, esquisses et autres ouvrages du s, Brunetti, et aussi des ustensiles de peintre, marchandises et couleurs rapportés du magasin de la Comédie où ils étalent.
(Arch. nat., Y i36g2.)