‹ Scellés et inventaires d'artistesChapitre 62 sur 154 · ARCHITECTE DES BATIMENTS DU ROI · texte numérisé non relu

ARCHITECTE DES BATIMENTS DU ROI

22 novembre 1697.

On connaît bien, grâce au dictionnaire de Jal, le père et le frère de Libéral Bruant et les principales dates de leur biographie. Le même ouvrage a fixé approximativement la date du mariage de notre artiste avec Catherine Noblet et le nombre des enfants issus de cette union après i663. D’après l’acte suivant, quatre des enfants de Libéral Bruant, peut-être cinq, survécurent à leur père; en effet Michel-Libéral est absent lors de l’ouverture de la succession. 11 n’a pas reparu trois mois après et semble considéré comme mort, car ses frères sont mis en possession de sa part et portion.

Jal avait donné la date exacte du décès de notre artiste et celle de son enterrement. 11 avait relevé ses titres d’écuyer, secrétaire du Roi. Comme architecte. Bruant avait eu une part importante dans plusieurs des grands travaux de la seconde moitié du règne de Louis XIV. On lui doit la construction de l’hôtel des Invalides, de la Salpêtrière et d’une partie de l’église des Petits-Péres. Le principal intérêt du scellé est de présenter un abrégé de la situation de l’artiste au jour de sa mort. Sans doute il avait fait des avances, peut-être des spéculations, sur les grandes entreprises qu’il dirigeait, car il avait été obligé d’emprunter de tous côtés; certains prêts s’élèvent même à un chiffre élevé. Parmi les quarante-un créanciers qui se présentent pour réserver leurs droits lors de la levée des scellés, quelques-uns réclament 7,000, 10,000, 1 3,000 et jusqu’à 22,000 livres. Il ne semble pas toutefois que ces énormes dettes aient épuisé l’actif de la succession. Après plusieurs mois de réflexion, la veuve de Bruant accepte la communauté à laquelle elle était en droit de renoncer. Elle se

LIBÉRAL BRUANT

fait seulement autoriser à vendre un immeuble que le défunt possédait rue Sainte-Anne et sa charge de secrétaire du Roi pour donner satisfaction aux créanciers. Et ce n’est encore là qu’une faible partie de l’actif, car « la maison de la rue Sainte-Anne est une des maisons qui dépendent de la succession, » l’acte le dit formellement. Il restait donc encore aux héritiers, toutes dettes payées, un ou plusieurs immeubles à Paris.

Procès-Verbal d' apposition de scellés après le décès de

Libéral Bruant, architecte des bâtiments du Roi.

L’an 1697, le vendredy 22® jour de novembre, sur les deux heures de rellevée, nous Nicolas Labbé, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis de dame Catherine Noblet, espouse de Libéral Bruant, escuyer, conseiller et secrétaire du Roy, sommes transportés en sa maison, rue Neuve-Saint-Louis, où estant, lad. dame Bruant nous a dit que présentement led. s. Bruant son mary, vient de décedder, pourquoy elle nous a fait requérir de nous transporter présentement en sad. maison à l’effet d’apposer nos scellés sur les biens et effets estans dans icelle à la conservation de ses droits...

Sur quoy, avons proceddé à l’apposition de nos scellés sur les biens et effects délaissés par led. deffunt à nous indiqués et représentés par la demoiselle La Sere, demeurante depuis très longtemps auprès lad. dame Bruant, qui a fait serment de représenter tous lesd. effects.

Premièrement, dans la chambre ou est déceddé led. deffunt s’est trouvé en évidence :

Huit tableaux représentant le Roy, Monseigneur et autres dames de la cour.

Au second étage, dans l’antichambre de l’appartement : sept tableaux peints sur toille.

A esté fait description de la vaisselle d’argent cy-après

LIBÉRAL BRUANT

énoncée ; huit cuillères, huit fourchettes, huit couteaux, une esguère, une jatte, une escuelle avec son couvercle, un rechaux, une saucière, un sucrier, un porte-poudre, deux gobelets, deux moyens flambeaux et deux autres grands flambeaux, le tout d’argent.

Dans l’écurie, deux chevaux sous poil noir, et sous la remise un carrosse dont le fond est de velours cramoisy.

i*'® Opposition h — Est comparu m« Pierre-Eustache Richer, greffier en chef de la chambre des Comptes, lequel nous a dit qu’il lui est deub par led. defîunt s. Bruant et lad. dame veuve, son épouse, 10,000 livres en principal faisant 5oo livres de rente, par contrat passé par devant Lange et Savalette, notaires, le 24 juin 1695.

2® Opposition — d’Anne-Catherine Pocquelin, veuve de Pierre Tauxier, commis général des fortifications de France, pour payement de 5, 000 liv. en vertu d’un contrat du i3 avril 1680.

3® Opposition — de Nicolas de Lepine, architecte ordinaire des Bâtiments du Roi.

4® Opposition — de Marie Cleret, veuve de Jean Philipet, architecte entrepreneur des bâtiments, juré expert; pour payement d’une obligation de 700 livres.

5® Opposition — de Charles Danisy, bourgeois de Paris.

6e Opposition — de Nicolas Lesacher, receveur et payeur des rentes sur l’Hôtel-de-ville.

7® Opposition — de Margueritte- Josephe Pépin, veuve de Jacques- François Destouches, controlleur général de l’artillerie de France, pour payement des arrérages de mil livres de rente, ati capital de 22,000 livres.

Page 1