JEAN BERTHIER
au troisième étage dépendant de la prévôté de Saint-Nicolas et dont les fenêtres donnaient sur la rue des Orties et les galeries du Louvre. Immédiatement après son dernier soupir, sa veuve, Marguerite Mignard, — était-elle parente du Premier Peintre du Roi ? rien ne le dit dans notre acte, — fit apposer les scellés sur ses biens et effets par le commissaire Daminois.
Le défunt laissait pour seule et unique héritière une fille, nommée Perrette, mariée à Pierre Chastelain, ingénieur et bourgeois de Paris, demeurant rue de Bourbon. Ainsi tombe l’hypothèse fort naturelle que notre homme aurait pu être l’ascendant ou le bisaïeul du chef d’état-major général de Napoléon P’’. Le prince de Wagram, en effet, avait pour père Jean-Baptiste Berthier, colonel d’infanterie et commandant en chef des ingénieurs géographes (1721- 1804). Mais si Jean-Baptiste Berthier ne peut être ni le fils, ni le petit-fils du Jean Berthier mort en 1710, rien n’empêche qu’il appartienne à la même famille par des liens moins étroits. Cette profession d’ingénieur qui se perpétue durant plusieurs générations, et aussi le même prénom porté par deux ingénieurs du même nom, permettent de supposer entre eux quelque parenté assez étroite. Il ne serait pas impossible par exemple que le père du prince de Wagram fût le neveu de celui qui nous occupe.
Mais revenons au scellé de Jean Berthier.
Notons dans le mobilier apparent : Quatre tableaux peints sur toile dont deux portraits de Cour (sic) ; un plan nouveau système appartenant au Roi ; enfin, dans un grenier, plusieurs bordures et boiseries de plans qui ont été rompus par ordre du Roy.
Le commissaire est conduit ensuite « dans le cabinet dud. def- « funt, luy servant de laboratoire, dans lequel il travailloit actuel- « lement à dresser le plan de Paris en relief, dans lequel se sont « trouvés plusieurs outils, cartons et dessins »
Dans une armoire, se trouvent, lors de l’inventaire fait par de Lauben l’aîné, notaire, des modèles de plans en papier et des modèles et fragments de plans de galeries et autres sortes de levez (sic) sans valeur.
Dans une chambre, les officiers ministériels notent « un grand « plan de la ville de Paris en relief imparfait, et plusieurs boîtes « remplies des plans des différents quartiers de lad. ville sur « papier, petites maisons de bois et arbres pour servir aud. plan « qui n’ont été inventoriées attendu que le tout est imparfait et « ne peut servir qu’aud. plan. »
PIERRE DUMESLE.
Tout le monde ignorait probablement jusqu’ici l’existence de ce plan en relief de Paris; malheureusement son état ne permettait pas de le conserver, et celui qui en avait eu l’idée aurait pu seul le mener à sa perfection.
(Arch. nat., Y ii638.)
PIERRE DUMESLE
PEINTRE
ig décembre 1710.
Apposition descellés, le igdécembre 1710, huit heures du matin, par le commissaire Jean de Moncrif, sur les effets de Pierre Dumesle, « marchand et cy devant peintre », décédé un demiquart d’heure auparavant, demeurant rue de la Feuillade, mort rue aux Ours, en la maison ayant pour enseigne le nom de Jésus, à la requête d’Adrien-Aniase Dumesle, Paul Dumesle et Jeanne Perrette Dumesle, fils et fille dudit Pierre Dumesle et ses héritiers, chacun pour un tiers.
Dans le mobilier se trouvent trois pièces de tapisserie, haute lisse et verdure.
La levée des scellés est requise par Pierre Desbois, maître perruquier et barbier à Paris, exécuteur testamentaire du défunt, en vertu du testament reçu, le 16 décembre 1710, par M° Aveline, notaire chargé de l’inventaire. Les enfants du s. Dumesle sont représentés par Nicolas Aubert, huissier audiencier au Châtelet, leur curateur, et tuteur aux enfants à naître de Paul Dumesle, à l’effet de la substitution faite en leur faveur par le testament du défunt.
On voit que le s. Pierre Dumesle, s’il avait exercé la profession de peintre, peut à peine être compté parmi les artistes.
(Arch. nat., Y 14760.-)
JEAN BERAIN