LE MARÉCAGE LUGUBRE
empestée du serpent bronzé sifQait à son oreille, Jusqu'à ce quMl s'écria, en tressaillant et en s'éveillant de son rêve : « Oh I quand verrai-je le sombre lac, et la blanche « nacelle de mon aimable jeune fille I »
« 11 vit le lac, un brillant météore se jouait rapidement à sa surface. « Sois bien venue, dit-il, 6 lumière de celle a que j'aime I » — Et pendant plus d'une nuit l'écho de la rive noirâtre répéta le nom de la vierge qui était maintenant glacée par la mort I
« Il creusa un esquif d'écorce de bouleau qui l'emporta loin du rivage. Il suivit longtemps l'étincelle errante du météore... La tempête soufQait avec fureur, les nuages étaient livides et sombres, et la barque ne revint plus I
Mais souvent, du camp du chasseur indien, Ton voit, au milieu de la brume, à minuit, cet amant et sa vierge fidèle traversant le lac, à la lueur de la lampe d'une mouche à feu, et faisant voguer leur blanche nacelle '"• »
* Celles, parmi nos jeunes lectrices, qui aiment les a perles fines» de la poésie anglaise, ne seront peut-être pas fâchées d'avoir sous les yeux le texte original de cette ballade, dont nous avons donné plus haut la première strophe :
*^ And her fire-fly lamp I soon shall see.
And her paddle I soon shall hear ; Long and loving our life shall be, And ru hide the maid in a cypress tree.
When the footstep of death is near!
If
Away to the Dismal Swamp he speeds —
His path was rugged and sore, Through tangled Juniper, beds of reeds, Through many a fen, where the serpent feeds,
And man nevertrod before!
ISâ SCENES AlléRlCAIX ES.
La mouche du feu dont il est question dans cette ballade, appartient au genre lampyris de Linnée, et ne se rencontre que dans le Nouveau-Monde. Elle a reçu de Geoffroy Saint-Hilaire et d'autres naturalistes , la dénomination de porte-lanterne , grâce à une bosse lumineuse qu'elle porte sur le devant de la tête. Elle a communément de S à h pouces de longueur. Indépendamment de cette dernière circonstance, c'est-à-dire, de ses dimensions colossales, elle diffère encore essentiel-
And when on the earth hc sunk to sleep,
If slumber bis eyelids knew, Hé lay, where the deadly vine doth weep Its venomous tear, and nightly steep
The flesh with blistering dew !
And near him the she-wolf stirr*d the brake, Aod the copper-snake breath'd in his ear, TUi he starting cried, from his dream awake, '* Oh ! when shall l see the dusky Lake, And the white canoë of my dear?
He saw the Lake, and a meteor bright
Quick over its surface play'd — '* Welcoiae, " he sald, " my dear one's light! ,, Aod the dim shore echoed, for many a night,
The name oC the deatU-coId muid !
Till he hollow*d a boat of the birchen bark, Which carried him off from shore;
Far he follow'd the meteor spark,
The wind was higb, and the clouds wexe dark.
And the boat return'd no more!
But oft from the Indian hunter*s camp,
This lover and maid so true Are seen, at the hour of midni^t damp, To cross the lake by a fire-fly lamp,
And paddle their white canoë l
LA VlkOlNlE. 139
lement du ver-luisant ordinaire, en ce que le mâle, aussi bien que lafemelle, jouitdu pouvoir d'émettre de la lumière. On sait que, chez les vers-luisants, ie mâle n'en produit point. En me promenant le soir dans les rues de Norfolk, en Virginie, je vis mon chemin plus d'une fois brillamment éclairé par un essaim de ces splendides étincelles volantes. Les Américains les désignent en général sous le nom peu poétique de fire-bug (punaise de feu).
Il n'est pas besoin de rappeler que le serpent bronzé, ou, pour lui donner rigoureusement le nom sous lequel il est connu aux États-Unis , le (i serpent à la tête de cuivre » {copper-head snake) , est redouté par les Yirginiens plus même que le serpent à sonnettes ; car son haleine seule, assuret-on, peut occasionner des effets funestes à celui qui ea reçoit le souffle. Ce reptile effroyable établit souvent son oid au sein d'un arbuste presque toujours couvert de fleurs éclatantes, qui affectent la forme d'une frange blanche comme la neige; c'est le poison-afder OM l'aune vénéneux, dQi;i,t le simple attouchement produit des accidents \fifX'. quea trës-proooQcés.
l&O SCÈNES AMÉRICAINES.