VILLE DE WASHINGTON
tribune consacrée spécialement aux orateurs, il n'en existe point pour les sénateurs, pas plus que pour les membres de la Chambre des représentants. La salle de ces derniers est plus spacieuse que la précédente ; elle a une longueur de 96 pieds et une hauteur de 60. Le Congrès des États-Unis renferme aujourd'hui un certain nombre d'éminents personnages, dont leurs compatriotes ont grandement raison d'être fiers, indépendamment de ces deux brillants esprits récemment enlevés par la mort, Daniel Webster et Henry Clay, dont je me féliciterai toujours d'avoir écouté les éloquentes paroles, au sein de leur Sénat. Le président des États-Unis habite un grand édifice que l'on appelle la White-House (Maison blanche); elle est située à l'extrémité nord de la ville, par conséquent trèséloignée du Capitole, qui se trouve sur les limites de son point le plus méridional. Le palais présidentiel est flanqué de deux corps de bâtiments considérables, où sont installés les bureaux des ministères de la guerre, des finances, de la marine, et de l'intérieur.
11 y a un musée fort curieux à Washington, Ainsi que son nom de Patent-office (bureau des brevets) semble l'indiquer, il contient une collection de modèles de toutes sortes, qui rappelle, sur une plus vaste échelle, celle du Conservatoire des Arts-et-Métiers de Paris. Le premier objet qui frappe les regards, lorsqu'on franchit le seuil de
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la galerie supérieure , c'est un portrait en pied de M. Guizot, admirablement peint par un artiste américain. A ce même étage, on remarque un certain nombre d'autographes des souverains qui ont régné en Europe depuis un demi-siècle : celles de l'empereur Napoléon et du roi Louis-Philippe se trouvent dans la même case. Mais la majeure partie de cette galerie supérieure est consacrée à un recueil extrêmement intéressant à étudier , d'armes, de costumes provenant de toutes les tribus sauvages qui sont dispersées sur la surface entière du globe.
Les hôtels publics de Washington sont fort élégants ; c'est là que logent la plupart des sénateurs et des représentants durant la session parlementaire. L'on y retrouve l'éternel gong ou tamtam , qui tient lieu de cloche dans tous les hôtels des autres grandes villes de l'Amérique septentrionale. Non pas que les Américains aient deviné, pas plus que les Français, le secret de sa fabrication; c'est de la Chine qu'ils importent le nombre fabuleux de tam-tams que leur pays possède. Vai- j nement leurs chimistes et d'autres savants ont-ils fait fondre les proportions de cuivre et d'étain (80 cuivre, 20 d'étain), indiquées par M. Darcet, dans l'espoir de produire le véritable alliage usité chez les Chinois pour leurs tam-tams : après avoir trempé et martelé, à qui mieux mieux, ce nouveau composé métallique , ils n'ont pu obtenir, en der-