‹ Scènes américaines; dix-huit mois dans le Nouveau mondeChapitre 48 sur 91 · MÉDECINS D^S ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

MÉDECINS D^S ÉTATS-UNIS

guérir, sont tout aussi capables que grand nombre des docteurs du même pays. Quant aux dentistes des États-Unis, leur habileté est incontestable. On conçoit maintenant l'empressement avec lequel les médecins Américains, arrivant en France, vont visiter les facultés et les hôpitaux de la capitale. Quelle éternelle reconnaissance les Français ne doivent-ils pas ressentir envers le savant célèbre dont l'administration éclairée, durant dix-sept ans, a entouré la Faculté de médecine de Paris de cette auréole éclatante dont elle jouit aujourd'hui, et qui éclipse celle d'Edimbourg elle-même 1 — Est-il besoin de nommer le docteur Orfila î

C'est de l'Europe, et surtout de la France, que les praticiens Américains retirent la plus grande quantité de leurs médicaments et de leurs produits chimiques. Chose singulière ! leur continent, qui est renommé, sous beaucoup de latitudes, pour sa végétation luxuriante, manque d'une quantité notable de plantes médicinales, ou bien, celles qu'il produit renferment une portion insuffisante de cette huile essentielle, sut generis, qui en est le seul élément actif et utilisable. Cette observation est applicable aux fleurs même des latitudes méridionales, telles que celles de la Louisiane, de la Floride, etc. , où la qualité est loin de marcher de front avec la quantité, et avec l'immense variété. Il en résulte que les parfumeurs de r Union, au Sud comme au Nord, sont obligés

d'importer de la France la majeure partie des essences végétales qu'ils consomment dans leur art. En se promenant dans les rues de chacune de leurs grandes villes, les regards tombent sans cesse sur ces annonces : Extraits de Lubin, Eau de Cologne de Farina , Elixir de Chardin , etc. , collées sur les devantures des principaux parfumeurs, et même des pharmaciens.

A cette courte observation sur un point d'histoire naturelle végétale *, nous pouvons en ajouter une plus rapide encore sur une autre branche de cette même science. Indépendamment du rossignol, qui (ainsi que nous l'avons dit dans le chapitre vu) ne se rencontre nulle part dans le Nouveau-Monde, vous ne trouvez pas davantage, dans l'Amérique du Nord, ni l'alouette, ni la grive, ni le roitelet, ni le rouge-gorge de l'Europe : quant à ce dernier, les Américains ont donné le nom sous lequel il est désigné en anglais {robin)j à un oiseau aussi gros qu'un merle, et qui ne présente sur son plumage qu'une petite tache rougeâtre presque invisible. Au printemps, on aperçoit dans les bocages de la plupart des États de l'est un charmant petit oiseau appelé le boblink : son ramage mélodieux lui vaut souvent

* J'ai cra m'assurer que l*humble marguerite n'existe pas aux Etats-Unis : c'est en vain que je l'ai cherchée, notamment au mois de mai, dans quelques-unes des plus belles prairies du Maryland et de la Pensylvanie.

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