IDIOTISMES AMÉRICAINS
propre presse que le 1 6 octobre 1756 ; il portait pour titre tout court : a The New-York-Gazette. a Non-seulement on publie des journaux réguliers dans les États les plus éloignés et les moins civi« lises, tels que TOrégon, TUtah, le Minesotaetla Californie; mais, même chez les indiens Ghérokées, il s'imprime une gazette dans la langue de cette tribu sauvage , et avec des caractères qu'un de ses chefs a inventés. Il serait superflu de rappeler au lecteur français que, pour les journaux de rUnion, la liberté de la presse est en pleine vigueur : jamais on n'y entend parler d'un procès fait à un journaliste ; pourtant, il y en a pas mal dont la doctrine est passablement a démocratique et sociale. »
Dans les feuilles les mieux rédigées des États^ Unis, on rencontre parfois de ces locutions que nous appelons des américanismes. Dans la langue parlée, elles sont si nombreuses et d'un emploi ai fréquent, que tout étranger, même Anglais, ferait bien de s'y familiariser dès son débarquement ; et, dans cette étude peu élevée, il ne faut point négliger les locutions vicieuses, c'est-à-dire celles qui pèchent contre toutes les règles de la granunaire* Si ces pages n'étaient destinées qu'aux lecteurs dont l'anglais est la langue naturelle , nous pourrions ajouter ici un catalogue extrêmement curieux des américanismes le plus en vogue. Outre des phrases, proprement dites, que les Américains
ont composées et adaptées à leur usage , ils at^ tachent à une foule de mots anglais isolés, un sens qui n'est nullement celui que les académiciens de la Grande-Bretagne leur prêtent. Nous n'avons probablement pas besoin de faire observer ici que, depuis l'extrême nord du Canada, cette zone glaciale, jusqu'aux limites tropicales delà presqu'île de Floride, la grande masse des populations ignore tout autre langage que la langue anglaise.
En fait de beaux-arts, les artistes des États-Unis n'ont, assurément, pas à rougir quand ils exposent leurs propres chefs-d'œuvre à côté de ceux de la France ou de l'Angleterre. Parmi leurs peintres, nous remarquons, pour le paysage, Durand et Huntingdon, qui jouissent à juste titre d'une grande réputation; il en est de même de Healy pour les portraits. Indépendamment du sculpteur américain Power, dont « l'esclave grecque » a été tant admirée à l'exposition de Londres, nous y trouvons encore Greenough, qui excelle dans la même voie. —Quant aux acteurs indigènes, les Américains ne peuvent guère se vanter que d'Edwin-Forrest ; et parmi les actrices, de miss Charlotte Cushman. Les célèbres acteurs Brougham et Burton , qui charment tous les étrangers qui visitent à New- York les deux théâtres qui portent leurs noms, sont des enfants d'Albion, de naissance et de famille.
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Bien que nos alliés transatlantiques ne puissent se vanter, — tant s'en faut, — ni d'un Shakespeare ou d'un Shérïdan ; — ni d'un Racine ou d'un Molière ; — ni enfin d'un Schiller, d'un Alfieri, ou d'un Lope de Vega, — leurs dramaturges modernes donnent pourtant preuve d'une intelligence peu commune quand il s'agit de tirer parti du sujet d'un roman Européen, pour la mise eu scène d'une pièce nouvelle.
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