‹ Scènes américaines; dix-huit mois dans le Nouveau mondeChapitre 70 sur 91 · MONTRÉAL, QUÉBEC · texte numérisé non relu

MONTRÉAL, QUÉBEC

^u- dessus du niveau du fleuve. Les rues de Québec, sont plus étroites et tortueuses, et moins propres que celles de Montréal. Sa population est de 44,000 âmes environ. On y parle français plus généralement qu'anglais, bien que près d'un siècle se soit déjà écoulé depuis que cette ville célèbre fut prise à la France par les Anglais. Le corps du général français, de Montcalm, qui y périt, à cette époque mémorable (1759), repose dans le couvent des Ursulines de Québec. — Cette victoire coûta cher à T Angleterre; elle .y perdit Tun de ses plus grands capitaines. Car, : semblable à lord Nelson , qui devait, plus tard, .expirer entre les bras de la Victoire, à Traifalgar, le brillant généralissime de Tarmée anr glaise, Wolfe^ fut tué , au moment même où , à la suite d'un long siège, braves bataillons prenaient d'assaut la presque inexpugnable ville de Québec.

Après New- York, le port de Québec, est, si je de me trompe, celui qui, chaque année, voit dégorger de ses navires sur le sol Américain, la plus grande proportion d'émigrants européens. Depuis plusieurs années, les Canadiens gémissent sous le poids de cette invasion continue. Ils n'ont plus besoin d'un surcroît de population quelconque, encore moins de ces myriades d'Irlandais , véritables mendiants, malgré eux , qui , en abordant

sans cesse à leurs rivages, apportent au milieu de

298 SCÈNES ÂBféRIOÂINBS.

citoyens cette afiréuse inlfection, qui a reçu le nom de èhip'fever (fièvre de Tentrèpotit). — Un Canadien distingué déplora cet état des choses, dans une conversation que j'eus avec lui, à Toronto. Mais les Américains sont si essentiellement hospitaliers, au Nord comme au Sud, qu'ils se garderont bien de repousser jamais de leurs côtes, par parole ou par action, un seul de ces navires, qui leur amènent d'outre-mer une cargaison de ce que j'appellerais une légion d'aliénés, et souvent de pestiférés.

A Halifax , autre ville très-importante , appartenant à la Grande-Bretagne, et située dans cette partie orientale du Canada qui se nomme la Nouvelle-Ecosse, je n'ai rien découvert qui mérite la peine d'être mentionné, si ce n'est son fort imposant. Halifax est agréablement située sur la pente d'une colline, à gauche, en venant de la mer. Son port est spacieux et sûr, mais il est frangé au dehors d'écueils fort dangereux : voilà pourquoi les capitaines les plus expérimentés sont obligés de prendre les plus grandes précautions, à l'entrée ou à la sortie du port, à raison des brouillards qu'ils y rencontrent presque toujours. La population de Halifax est de 26,000 âmes. A 100 milles environ sud-est de cette ville , j'eus la satisfaction de traverser le golfe de Fundy, dont les eaux atteignent , deux fois dans les 24 heures, une élévation de 60 pieds au-dessus du niveau de

la mer. C'est là la ruarée la plus haute qui existe. En observant au Canada les aurores boréales, (qui y sont assez fréquentes), j'ai cru remarquer que ces intéressants phénomènes météorologiques s'y présentent sous un aspect bien autrement brillant qu'en France. Sur certains points des États- Unis, j'ai été k même de constater un fait semblable : savoir, la fréquence, ainsi que l'excessive splendeur de ces lueurs électriques.

Page 1