‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 165 sur 443 · M. ROBERT, SGANARELLE, MARTINE · texte numérisé non relu

M. ROBERT, SGANARELLE, MARTINE

MONSIEUR ROBERT. — Ilolà ! liolà ! liolà ! Fi ! Qu'est-ce ci ? Quelle infamie ! Teste soit le coquin de battre ainsi sa femme !

MARTINE, /es mains sur les côtés, lui parle en le faisant reculer, et à la fin lui donne un soufflet. — Et je veux qu'il me batte, moi.

jmonsieur ROBERT. — Ail ! j'y consens de tout mou cœur.

MARTINE. — De quoi vous mêlez-vous ?

MONsii;uR ROBERT. — J'ai tort.

MARTINE. — Est-ce là votrc afTaire ?

MONSIEUR ROBERT. — Yous avcz raisou.

MARTINE. — Voyez un peu cet impertinent, qui veut empêcher les maris de battre leurs femmes !

MONSIEUR ROBERT. — Je mc rélractc.

MARTINE. — Qii'avez-vons à voir là-dessus ?

MONSIEUR ROBERT. — Ricil.

MARTINE. — Est-ce à VOUS d'j' mettre le nez ?

MONSIEUR ROBERT. — Non.

MARTINE. — Mélez-vous de vos affaires.

MONSIEUR ROBERT. — Je ne dis plus mot. MARTINE. — Il me plaît d'être battue.

MONSIEUR ROBERT. — D'accord.

MARTINE. — Ce n'est pas à vos dépens.

1. Bélitre (mot d'origine 1 II a passé de \k au sens de allemande) signifiait primi- homme de rien, homme sans tivement mendiant, gueux. \ valeur.

MONSiF.uH ROBERT. — Il est vi'ai.

MARTINE. — Et VOUS clcs uu sot dc Venir vous fourrer où vous n'avez que faire.

MONSIEUR ROBERT. (Il passe ensiiUe vers le mari, qui pareillement lui parle toujours en le faisant reculer, le frappe avec le même bâton et le met cnfuile^.) — Compère, je vous demande pardon de tout mon cœur. Faites, rossez, battez comme il faut votre femme ; je vous aiderai, si vous le voulez-.

SGANARELEE. — Il 116 me plaît pas, moi.

MONSIEUR ROBERT. — Ah ! c'cst unc autre chose.

SGANARELEE. — Je la vcux battre, si je le veux ; et ne la veux pas battre, si je ne le veux pas.

MONSIEUR ROBERT. — Fort bien.

.SGANARELEE. — C"est ma femme, et non pas la vôtre.

MONSIEUR ROBERT. — SaUS doUtC.

SGANARELEE. — Vous n'avcz ricu à me commander.

MONSIEUR ROBERT. — D'accord.

SGANARELEE. — Je ii'ai quB faire de votre aide.

MONSIEUR ROBERT. — Très volouticrs.

SGANARELEE. — Et VOUS êtcs uu impertinent de vous ingérer ^ des affaires d'autrui. Apprenez que Cicéron dit qu'entre l'arbre et le doigt il ne faut point mettre l'écorce*.

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