Le .toi (sou) est la ving-tième
quand il aurait dû être d lu i" partie de la /(cre. Celle-ci est un et à la 2e : peu inférieure à noire franc^
r,E MÉDECIX MALGRÉ Ll'I loo
SGAXAUELLE. — Si A'ous savcz les choses, VOUS saA-ez que je les vends cela.
VALÈUE. — Monsieur, c'est se moquer, que. .
sGAXARELLE. — Je uc nic moquc point, je n"en puis rien rabattre.
VALÈUE. — Parlons d'autre façon, de grâce,
sGAXAHEi.LE. — Vous cu pourrcz trouver autre part à moins : il y a fagots et fagots ; mais pour ceux que je fais. . .
VALÈUE. — Eh ! Monsieur^ laissons là ce discours.
SGAXAHELLE. — Jc VOUS j urc que vous ne les auriez pas, s'il s'en fallait ' un double -'.
VALÈUE. — Eh ! Fi.
SGAXARELLE. — Nou, cu conscicncc, vous en paj'crez cela. Je vous parle sincèrement, et ne suis pas homme à surfaire.
A'ALÈRE. — Faut-il, Monsieur, qu'une personne comme vous s'amuse à ces grossières feintes, s'abaisse à parler de la sorte ? qu'un homme si savant, un fameux médecin comme vous êtes, ■veuille se déguiser aux yeux du monde, el tenir enterrés les beaux talents qu'il a?
SGAXARELLE, à part. — 11 CSt foU.
VALÈUE. — De grâce. Monsieur, ne dissimulez point avec nous.
SGAXARELLE.— Comment?
LUCAS. — Tout ce tripotage ne sart de rien ; je savons cen que je savons.
SGAXARELLE. — Quoi douc ? Quc mc voulez-vous dire? Pour qui me prenez-vous?
A'ALÈRE. — Pour ce que vous êtes, pour un grand médecin.
SGAXARELLE. — Médccin vous-même ; je ne le suis point, el je ne l'ai jamais été.
VALÈRE, bas. — Voilà sa folie qui le tient. {Haut.) Monsieur, ne veuillez point nier les choses davantage ; et n'en venons point, s'il vous plaît, à de fâcheuses extrémités.
SGAXARELLE. — A qUOi doUC ?
VALÈRE. — A de certaines choses dont nous serions marris^.
SGAXARELLE. — Parblcu ! venez-en à tout ce qu'il vous jdaira ; je ne suis point médecin, et ne sais ce que vous me Aoulez dire.
VALÈRE, bas. — Je vois l)ien qu'il faut se servir du remède (Haut.) Monsieur, encore un coup, je vous prie d'avouer ce que vous êtes.
1. .S"(7 s\'n fallait = s'il, man- | nier, est la sixième partie du
(jaait. ' i sou. Nous dirions : s'il s'en man-
'2. Le sou valant douze de- ' quait d'un centime.
niers, im double, ou double de- . 3. Marris = affligés.
LUCAS. — Hé! tétiguc! ne lanliponez ' point davantage, et confessez à la franquette- que v's êtes médecin.
SGANARELLE, à paît. — J'enrage.
VALÈRE. — A quoi bon nier ce qu'on sait ?
LUCAS. — Pourquoi toutes ces fraimes*-là? A quoi est-ce que ça vous sari ?
SGANAUELLE. — Mcssicurs, cu vui niot, autant qu'en deux mille, je vous dis que je ne suis point médecin.
VALÈRE. — Vous n'êtes point médecin ?
SGANARELLE. — Non.
LUCAS. — V'n'êtes pas médecin.
SGANARELLE. — NoU, AOUS dis-jc.
VALÈRE. — Puisque vous le voulez, il faut s'y résoudre. {Ils prennent chacun un bâton et le frappent.)
SGAXARELLE. — Ah ! ail ! ah 1 Messieurs, je suis tout ce qu'il vous plaira.
VALÈRE. — Pourquoi, Monsieur, nous obligez-vous à celte violence?
LUCAS. — A quoi bon nous bailler ' la peine de vous battre ?
VALÈuE. — Je vous assure que j'en ai tous les regrets du monde.
LUCAS. — Par ma ligué ^, j'en sis fâché franchement".
SGAXARELLE. — Quc diable est ceci, Messieurs? De grâce, est-ce pour rire, ou si' tous deux vous extravaguez, de vouloir que je sois médecin?
VALÈRE. — Quoi ! vous ne vous rendez pas encore, et vous vous défendez d'être médecin ?
SGANARELLE. — Diable emporte *, si je le suis !
LUCAS. — Il n'est pas vrai qu'ous sayez médecin ?
SGANARELLE. — Nou, la pcstc m'élouife I (Us recommencent A le battre.) Ah! ah ! Hé bien ! ^Messieurs, oui, puisque vous le voulez, je suis médecin, je suis médecin ; apothicaire encore, si vous le trouvez bon. J'aime mieux consentir à tout» que de me faire assommer.
VALÈRE. — Ah! voilà qui va bien. Monsieur: je suis ravi de vous voir raisonnable.
i. Mot de paysan qui aie sens 6. Remarquer île quelle lua-
de lanterner. ' niere comique Lucas transpose,
a. On dit aujourd'hui à la bon- en jargon de paysan, tout ce que
ne franquette = franchement. lui dit Valère.
3f. Fraimes est patois pour /7(- 7. Est-ce... ou si. Règle : Tombé-
mes = manières, détours. ' Je dans l'erreur, ou si j'en vais