SCÈNE V SCAPIN, SYLVESTRE
SYLVESTRE. — J'avouc quc tu es un grand homme, et voilà l'alfaire en bon train ; mais l'argent, d'autre part, nous presse ' pour notre subsistance, et nous avons de tous côtés des gens qui aboient après nous.
SCAPIX. — Laisse-moi faire, la machine est trouvée. Je cherche seulement dans ma tèle un homme qui nous soit allidé-, pour jouer un personnage^ dont j'ai besoin. Attends, ïiens-toi un peu. Enfonce ton bonnet en méchant garçon. Campe-toi sur un pied. Mets la main au côté. Fais les yeux furibonds. Marche un peu en roi de théâtre^. Voilà qui est bien. Suis-moi. J'ai des secrets pour déguiser ton visage et ta voix.
SYLVESTRE. — Jc tc conjurc, au moins, de ne m'aller point ^ brouiller avec la justice.
scAPiN. — Va, va, nous partagerons les périls en frères ; et trois ans de galères de plus ou de moins ne sont pas pour arrêter un noble cœur'\
Maître et valet
[Lénndre croit, à tort d'ailleurs, que son père a appris ses Ircdaines par une dénonciation de Scapin. Et voilà le maître furieux contre son valet. Il lui demandera pardon quelques instants après, quand il aura besoin des secours du rusé coquin.]
A. L'argent nous presse. Enten- 1 la tragédie, doivent avoir l'air
drelebesoind'arffent nous presse. ! noble.
2. Affidé, du latin fides = sur | .o. Règle : Pour ne me perdre qui l'on peut compter. I pas, p. 36, n. 1.
3. Per. tonnage, au sens du latin j c. On voit qnc Scapin est plus persona = rôle, audacieux, et d'ailleurs plus ex-
i. Les personnages deroi, dans ! périmenté, que Sylvestre.
LES FOURBERIES DE SGAPIN 283