‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 320 sur 443 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ARGANTE. SCAPIX, SYLVESTRi:, déguisé en spadassin.

sylvestre'. — Scapin, fais-moi connaître un peu cet Arganle qui est père d'Octave.

SCAPIX. — Pourquoi, Monsieur?

SYLVESTRE. — Je vicus d'apprendre qu'il veut me mettre en procès et faire rompre en justice le mariage de ma sœur.

SCAPIX. — Je ne sais pas sil a celte pensée ; mais il ne veut point consentir aux deux cents pistoles que vous voulez ; et il dit que c'est trop.

SYLVESTRE. — Par la mort! par la tète ! par le ventre ! si je le trouve, je le veux échiner, dussc-je être roué tout vif ^'. (Argante, pour n'être point vu, se lient en tremblant derrière Scapin.)

SCAPIX. — Monsieur, ce père dOctave a du cœur, et peutêtre ne vous craindra-t-il point.

SYLVESTRE, — Lui, lui? Par le sang ! par la tête ! s"il était là, je lui donnerais tout à l'heure de l'épée dans le ventre. (Aperceimnt Argante.) Qui est cet homme-là?

SCAPIX. — Ce n'est pas lui, Monsieur ; ce n'est pas lui.

SYLVESTRE. — N'est-cc point quelqu'un de ses amis ?

SCAPIX. — Non, Monsieur, au contraire, c'est son ennemi capital 3.

SYLVESTRE. — Son ennemi capital?

SCAPIX. — Oui.

SYLVESTRE. — Ah ! parblcu, j'en suis ravi. (A Argante.) Vous êtes ennemi. Monsieur, de ce faquin d'Argante, eh ?

SCAPIX. — Oui, oui; je vous en réponds.

SYLVESTRE, secouant rudement la main d'Argante. — Touchez là, touchez. Je vous donne ma parole, et je vous jure sur mon honneur, par l'épée que je porte, par tous les serments que je saurais faire, qu'avant la Un du jour je vous déferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d'Argante. Reposez-vous sur moi.

SCAPIN. — Monsieur, les violences en ce pays-ci ne sont guère souffertes.

SYLVESTRE. — Je me moque de tout, et je n'ai rien à perdre.

SCAPIX. — Il se tiendra sur ses gardes, assurément ; et il

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