Bailler, cf p. 156, n. 2. 1 pitoyable
CHRYSALE
Tout doux.
PHILAMINÏE
Non, c'en est fait.
CHRYSALE
Eh !
PHILAMINTE
Je veux qu'elle sorte.
CHRYSALE
Mais qu"a-t-elle commis, pour vouloir' de la sorte...
l'HIL.VMINTE
Quoi ! vous la soutenez ?
CHRYSALE
Eu aucune façon-,
PHILAMLNTE
Prenez-vous son parti contre moi ?
CHRYSALE
Mon Dieu ! non ; Je ne fais seulement que demander son crime. 433
PHILAMINTE
Suis-Je pour 3 la chasser sans cause légitime ?
CHRYSALE
Je ne dis pas cela ; mais il faut de nos gens. . .
PHILAMINTE
Non ; elle sortira, vous dis-je, de céans *.
CHRYSALE
Eh bien ! oui. Vous dit-on quelque chose là contre^ ?
PHILAMINTE
Je ne veux point d'obstacle aux désirs que je montre ". 4i0
l. Cf. RÈGLE : La fortune vient j re pour signifier être capahlede. en donnant, p. 52, ri. 4. 4. De céans = d'ici. Cf. p. 203,
-2. Il recule déjà. i n. 6.
3. Suis-je pour = suis-je femme 5. Là cbntre :=: contre cela.
«. /i'frt^pour est une tournure fré- 6. Le caractère de Philaminte
quemment employée par Moliè- | est tout entier eu ce vers.
D'accord.
CIIRYSALE
PHILAMINTE
Et VOUS devez, en raisonnable époux, Etre pour moi contre elle, et prendre ' mon courroux.
CHRYSALE
(Se tournant vers Martine.)
Aussi- fais-je. Oui, ma femme avec raison vous chasse, Coquine, et votre crime est indigne de grâce'.
MARTINE
Qu'est-ce donc que j'ai fait?
CHRYSALE, baS.
Ma foi, je ne sais pas. 445
PIIILAMINTE
Elle est d'humeur encore à n'en* faire aucun cas !
CHRYSALE
A-t-elle, pour donner matière à votre haine, Cassé quelque miroir ou quelque porcelaine»?
PniLAMINTE
Voudrais-je la chasser? Et vous figurez-vous
Que, pour si peu de chose, on se mette en courroux''? 450
CHRYSALE
(A Martine.) (A Philaminte.)
Qu'est-ce à dire ? L'affaire est donc considérable ?
PHILAMINTE
Sans doute. Me voit-on femme déraisonnable?
CHRYSALE
Est-ce qu'elle a laissé, d'^ un esprit négligent.