SCÈNE V ARGAN, BÉRALDE
ARGAN. — Mon frère, a'ous serez cause ici de quelque mallieur.
BÉRALDE. — Le grand malheur de ne pas prendre un lavement que Monsieur Purgon a ordonné ! Encore un coup, mon frère, est-il possible qu'il n'y ait pas moyen de vous guérir de la maladie des médecins, et que vous vouliez être toute votre vie enseveli dans leurs remèdes-?
ARGAN. — Mon Dieu ! mon frère, vous en parlez comme un homme qui se porte bien ; mais si vous étiez à ma place, vous changeriez bien de langage. 11 est aisé de parler contre la médecine, quand on est en pleine santé.
BÉRALDE. — Mais quel mal avez-vous ?
ARGAN. — Vous me feriez enrager. Je voudrais que vous l'eussiez, mon mal, pourvoir si vous jaseriez tant*. Ah ! voici Monsieur Purgon.