CHAPITRE Y
Les papillons, les colibris, les éphémères.
LE voyageur, après avoir traversé une des forêts du Nouveau - Monde, trouve au bout de quelques heures la scène bien plus variée. Si au premier abord les grandes masses ont surpris son âme, la diversité infinie qu’elles présentent dans leurs détails occupe Vesprit d'une manière différente et souvent avec plus de charme. Dans le spectacle pompeux offert par la réunion de tous ces végétaux, au milieu de l’admirable contraste des couleurs les plus éclatantes, il s’est en quelque sorte enivré d'admiration ; il ne pourrait point supporter long-temps tous les sentimens dont il est agité; mais dans une fleur, mais dans un insecte, merveilles non moins étonnantes de cette nature vaste et sublime, il trouve de nouveaux motifs pour une observation plus attentive et plus tranquille , elle le repose des émotions qu'il vient d'éprouver. Un papillon voltige-t-il de fleurs en fleurs, il efface par sa beauté ceux de [Europe ; ses ailes sont peintes de Pazur du ciel, et quand elles reflètent la lumiere, elles brillent de tout l'éclat de l'argent. Si le grand laérte est le
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