‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 11 sur 99 · ES · texte numérisé non relu

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roi des papillons, sa cour est nombreuse. Le ménélas présente au milieu de Pazur les reflets du plus superbe violet. Le nestor est embelli des teintes bleues les plus variées, de charmantes raies d’un vert qui a l'éclat d'un métal précieux, embellissent les ailes noires du leilus. Le chevalier étale sa verte parure, et semble fier de sa livrée d’or. Essayer de décrire, même rapidement, les diverses espèces qui se font remarquer, ce serait rappeler confusément les plus brillantes couleurs des métaux, des fleurs et des pierreries. Le papillon, chez les Grecs, était l'emblème de l’âme; on ne sera donc point surpris de voir que le plus léger et le plus charmant des oiseaux ait renouvelé la même croyance chez un peuple de ces contrées”. Tout le monde a lu dans Buffon Vadmirable description du colibri et de Poiseau mouche, tout le monde connait donc leur petitesse, leur éclat, leur vivacité, leur courage; combien de fois ne les ai-je point admirés sur les aigrettes blanches du jemrosa ; s'ils passent d'un arbre à l’autre, le regard a moins de rapidité : soutenus par leurs ailes frémissantes au-

‘ M. de Humboldt dit en parlant de la religion des Mexicains, que la femme du dieu de la guerre,nommée Toyamiqui, conduisait les âmes des guerriers morts pour la défense des dieux dans la maison du soleil, et qu'elle les transformait

en colibris. 7. Monumens des peuples de E "Amérique.

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dessus de la fleur épanouie, c'est dans Pair qu'ils sucent le miel et qu'ils s’enivrent de parfums. Le bleu du saphir , le vert de l’émeraude, Pincarnat du rubis étincellent de tous côtés. Je me suis dit bien souvent, quand la poésie s'emparera dans ces contrées de tous les trésors de la nature, que de comparaisons lui offrira ce charmant oiseau ; s’il est comme le papillon l'emblème de Pinconstance, il pourrait être aussi l’image de la volupté.

Près de la, les éphémeres, qui ne durent qu’un jour, nous offrent le spectacle de leur métamorphose et l'emblème des choses de la vie. Au lever de l'aurore, elles forment sur la rive des ruisseaux d'innombrables nuages quise balancent dans Pair. Elles sont alors parées de ce que la nature à de belles couleurs, formées avec grâce, brillantes et légères; mais descendant bientôt à la surface des eaux, elles y finissent leurs jours aprèsavoir déposé leurs œufs qui doivent éclore au printemps.Avant de reprendre la charmante livrée du plaisir, la nature les condamne à paraitre sous la forme d’une larve et à rester ainsi pendant plus de dix mois. Durant ce siècle, et c'en est un comparé à leur rapide existence, ces insectes sont à peu près immobiles ; ils ne renaissent donc que pour voltiger un jour au milieu des fleurs, et mourir après avoir aimé.

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