CHAPITRE VI
Les fleuves.
Les deux plus grands fleuves de l'Amérique méridionale, 'unissant leurs eaux par des canaux naturels d’une immense étendue, offrent dejà un spectacle bien digne de l'attention de l’observateur, qui voit la richesse future des peuples dans la facilité qu'ils trouvent à communiquer entire eux. Le poete ne doit pas attendre que les rivages déserts de VOrénoque, du Cassiquiari et de l’'Apure soient couverts de cités florissantes pour se livrer à l'admiration. Les scènes qu'il peut décrire encore ne s'offriraient plus à ses regards; le récit des vaines conquêtes de l'homme remplacerait les pages éloquentes retraçant la nature dans sa grandeur primitive. Si nous suivons M. de Humboldt au milieu des tributaires de Amazone et de VOrénoque, si nous pénétrons avec lui dans
ces vastes solitudes que les Européens n'ont peuplées que de funestes souvenirs, nous pourrons jouir encore d’un spectacle imposant qui semble présager les grandeurs futures de la civilisation. Ces rives solitaires sont un vaste théâtre ou le soleil éclaire chaque jour les tableaux les plus va-