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riés. Les différens animaux, jouissant d’une longue
sécurité, ne redoutent pas de se montrer aux yeux des hommes qui n’ont point encore parcouru leurs savanes et leurs forêts. Sortis de ces mystérieux ombrages pour chercher la fraîcheur des eaux, les plus grands quadrupèdes s'avancent majestueusement vers la plage selitaire.« Le plaisir que l'on éprouve, dit M. de Humboldt, n’est pas dü seulement à l'intérêt que prend le naturaliste aux objets de son étude, il tient à un sentiment commun à tous les hommes qui sont élevés dans les habitudes de la civilisation; on se voit en con. tact avec un monde nouveau , AVecune nature sauvage et indomptée. Tantôt c’est le jaguar, belle panthère de PAmérique, qui paraît sur le rivage, tantôt c'estlehocco à plumes noires et à tête huppée qui se promène lentement le long des sauso. Les animaux des classes les plus différentes se suecedent les uns aux autres es como en el paraiso, c’est comme au paradis, disait notre pilote vieux Indien des Missions. En effet, tout rappelle ici cet état du monde primitif, dont d’antiques et vénérables traditions ont retracé à tous les peuples linnocence et le bonheur. Mais en observant avec soin les rapports des animaux entre eux, on voit qu ils s'évitent et se craignent mutuellement: Page d’or a cessé, et dans-ce paradis des forêts américaines, comme partout ailleurs, une triste et longue ex-
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périence enseigne à tous les êtres que la douceur se trouve rarement unie à la force. »
Les détails de ce vaste tableau font connaître tout ce qu'il a de grand et de majestueux : tantôt ce sont d'énormes crocodiles sortant avec bruit du sein des eaux, ou se tenant, dans une perfide immobilité, sur lesable frappé des rayons du soleil, etressemblant, quand ils sont couverts d'un limon desséché, à des statues de bronze; tantôt d’innombrables troupeaux de chiguires nagent vers le rivage et fuient Vavidité des autres animaux. Quelquefois une ile, parée de superbes végétaux , sert d'asile à des milliers de spatules roses, de flamans et de hérons. Rien, du reste, ne me semble mieux devoir donner l’idée des fleuves de VAmérique, que les descriptions de MM. de Châteaubriand et de Humboldt *. Celle du commen-
cement d’Atala est trop connue pour que je la rapporte ici; Je laisserai parler encore le savant voyageur. « En sortant du Rio-Apure, nous nous trouvâmes dans un pays d'un aspect tout diftérent. Une immense plaine d'eau s'étendait devant nous comme un lac à perte de vue; des vagues blanchissantes se soulevaient à plusieurs pieds de hauteur, par le conflit de la brise et du courant; l'air ne retentissait plus des cris percans des hérons, des flamans et des spatules,
1 V. aussi M. de Pagès, Voyage autour du monde, t. 1. LE “ te. À
quise portenten longues files de l’une à l'autre rive. Nos yeux cherchaient en vain de ces oiseaux, nageurs dont les ruses industrieuses varient dans chaque tribu :lanatureentière paraissaitmoins animée; à peine reconnaissions-nous,dans le creux des eaux, quelques grands crocodiles fendant, obliquement, à l'aide de leurs longues queues, la surface des eaux agitées; l'horizon était borné par une ceinture de forêts; mais nulle part ces forêts ne se prolongeaient jusqu'au lit du fleuve. De vastes plages, constamment brülées par les ardeurs du soleil, désertes et arides comme les plages de la mer, ressemblaient de loin, par l'effet du mirage, à des mares d’eau dormantes. Loin de fixer les limites des fleuves, ces rives sablonneuses les rendaient incertaines ; elles les rapprochaient ou les éloignaient tour-à-tour, selon le jeu variable des rayons réfléchis. À ces traits épars du paysage, à ce caractère de solitude et de grandeur, on reconnaît le cours de POrénoque, un des fleuves les plus majestueux du Nouveau-Monde. » Ce fleuve offre encore d’autres scènes qu'on ne peut se lasser d'admirer : je veux parler de ces magnifiques cascades qui intérrompent son cours, et dont le littérateur doit lire la description dans les
considérations sur les cataractes :.
z r T rm Í f Aut 3. po V. Tableaux de la Nature, t. 2, p. 213. Trad. de M. Eyriès.
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