CHAPITRE XIII
Idées que fait naître le cours des grands fleuves. Inspirations
poétiques que l’on trouve sur leurs rivages.
“est, dans ces climats, une vaste contrée traversée par les deux plus grands fleuves de l’Amérique méridionale ; des forêts imposantes, mais inutiles, couvrent toute son étendue; des bêtes féroces se partagent l'empire de ces déserts ; quelques sauvages y fuient notre civilisation , le
silence n’y est interrompu que par la chute des,
anciens arbres et par les crisdes animaux.Un Européen qui parcourait cette solitude entend tout-àcoup de nouveaux bruits : c'est le retentissement de la cognée et les chants des colons qui frappent son oreille ; il lui semble que son esprit s'éveille et conçoit de nouvelles idées.
Des empires vont donc s'élever, dit-il, où je ne trouvais que la solitude; là, comme dans l’ancien monde, des ruines éparses ne sont point le témoignage de la décadence des peuples; on ne trouve pas ici les leçons funestes d’une ancienne corruption. Instruit par nos malheurs, pourquoi
un peuple sage n'éviterait-il pas ceux qui mena-