‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 29 sur 99 · SOS ENT LEE PS ERA TT TRE PE · texte numérisé non relu

SOS ENT LEE PS ERA TT TRE PE

he ot TEE WO Ce TE PR ee Ei a a

me 1077 cem

faits. Solitaires du Nouveau-Monde que des persécutions ont conduits dans des déserts ; solitaires de PAsie,que la contemplation a éloignés du milieu “des hommes, j'atteste ici votre témoignage, les lieux que vous habitez ne renferment-ils pas des merveilles capables de vous faire oublier tout ce que les hommes jugent dignes de leur admiration, et que vous avez dédaigné? Il faut bien peu de chose pour exister à l’homme qui ne craint pas Vintempérance des saisons, et qu'un soleil bienfaisant réchauffe sans cesse ; il peut laisser les animaux errer en paix autour de lui; la Providence lui accorde mille biens qui n'exigent d'autre travail qu'une faible culture; j'ai vu un vieux Portugais vivant seul au milieu d'un défriché qu'il avait formé dans les forêts ; il nous prouva en nous montrant son habitation que rien ne manquait à sa subsistance , et que la nature lui accordait tout dans une profusion à laquelle il était bien loin de songer en pénétrant dans ce lieu sauvage. Sa cabane ressemblait aux chaumières de nospaysans; mais les feuilles de palmiers qui formaient le chaume lui donnaient une sorte d'élégance et charmaient les yeux par leur régularité. Le portique était formé par quelques cocotiers croissant au hasard et joignant dans lès airs leurs tiges que le vent avait inclinées en sens divers, lorsqu'elles

ne pouvaient encore résister à ses efforts. Quand

>' 100 es

les voyageurs se seraient plu, me dit mon solitaire, à exagérer l'utilité de cet arbre, il n’en est pas moins un des plus précieux que j'aie trouvés

dans cetendroit. Dans une seule noix je trouve un

vase commode, un fruit nourrissant, un lait assez agréable ; son feuille: comme vous le voyez, “a servi à recouvrir mon habitation, et maintenant il la protege encore, orné de toute la magnificence de la végétation la plus brillante; mais ce dont je ne puis m'empêcher d’être surpris, c'est qu'il n'ait fallu à cet arbre que six ans pour parvenir à une hauteur qui étonne vos regards. Une noix commence souvent sur les bords de l'Océan ce prodige que ses flots ont favorisé ; ce que j admire le plus dans ce roi des palmiers, c'est que sa majestueuse élévation ne nuit point aux arbrisseaux les plus humbles, ou aux plantes que la Providence a faites pour tapisser la terre de leurs rameaux flexibles, elle les protège au contraire. Les palmes des cocotiers s'élancent vers le soleil et semblent braver ses rayons que leur verdure éternelle reflète en s'environnant d'une auréole de lumière. Par un heureux hasard , ce terrain sablonneux, où vous voyez croître ce superbe palmier, convient également à une courge dont l'utilité est plus bornée, mais que je sais apprécier à cause de ses dons : je trouve ici des vases moins solides, mais ils sont de toutes les dimensions ,

Page 1