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racine du sinapou, je la répands dans les eaux, et frappés soudain d'un mortel engourdissement, arrachés à leurs grottes profondes, les poissons viennent à la surface du fleuve et meurer “sans être malfaisans, malgré le pores qui leur ravit Pexistence. Tous les végétaux que m'a prodigués la nature et que j'ai rassemblés dans ces lieux, ont
leur utilité. Voyez ces agaves superbes qui élévent dans les airs une tige pyramidale et qui forment
des haies impénétrables. Leurs piques immobiles de verdure ne sont point seulement destinées à me garantir de la voracité des animaux sauvages. Séchées commelechanvreetplongéesdans le fleuve elles m'offrent les fils les plus fins et les plus flexibles; elles me donnent la facilité de tendre des lignes, de faire des filets, de me procurer des liens solides, et de me passer enfin des toiles que m'envoie l’Europe, simon industrie égalait la prévoyance de la nature; cette espèce peut me fournir aussi, comme dans le Pérou. un vin agréable et rafraichissant *. Ne croyez pas que, quand le soleil a disparu, je sois contraint de me livrer
au repos, comme les hôtes des forêts : plusieurs
arbres sont destinés à remplacer ici la graisse des monstres marins ou la cire des abeilles. Le co-
pahiba me donne une huile parfumée ; je puis
* V. Essai politique sur la Nouvelle-Espagne.
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