‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 41 sur 99 · DEN AMEN · texte numérisé non relu

DEN AMEN

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festins des guerriers. Mais tu le vois, je suis insensible à la joie, et mes regrets se portent vers des contrées que je ne parcourrai jamais.

Ma tribu a été puissante, elle a long-temps-habité la vaste province de Mato Grosso: : alors mon pere Vapoubassou la commandait, et son courage égalant sa prudence, il la faisait redouter même aux Européens, dont il voulait bien être Pallié, mais non point Vesclave. En ce temps, notre religion était simple comme nos mœurs, et nous nous contentions d'adresser tous les matins à la divinité un hymne de reconnaissance que nos vieillards chantaient d’abord, et que nous répétions ensuite avec eux; les génies bienfaisans nous accordaient le courage, aussi étions-nous redoutés des autres Indiens.

Or, mon pere se lassa de la vie errante, et voulut cultiver les forêts et les plaines qu'il avait tant de fois parcourues. Je ne serai jamais esclave, dit-il, puisque les Machakalis se sont accoutumés comme les Mambares et les Bukurys à une foule de choses étrangères à leurs pères, ils abattront les forêts et feront produire la terre. Nous traversâmes donc de vastes pays, et nous ne nous décidâmes à nous arrêter que dans les Mantiqueiras,

* Immense province de l’intérieur qui confine avec le Pérou et qui est plus considérable que la Germanie toute entière.

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