V. la Corografia Brasilica
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leur rage; et ce ne fut qu’à l'arme foudroyante des étrangers que nous dúmes notre salut.
Nous ne connaissions cependant pas encore les horribles souffrances quil nous fallait endurer avant de conquérir ces vains trésors. que nous cherchions. Nous sortimes dela forêt, mais il fallut “entrer dans un marécage où l’on ne voyait pas un seul arbre pour se mettre à Pabri des rayons brülans du soleil; l’on n’entendait que le ronflement du serpent boa sortant de sa retraite fangeuse. La faim nous surprit dans cet affreux désert, et les reptiles les plus dégoútans servirent à notre nourriture. Kéroé seul ne se laissait point abattre; ses paroles encourageaient les autres chasseurs , et l’on eût dit qu'il était insensible aux fatigues. Je ne le regardais cependant qu'avec douleur, mon cœur se déchirait en entendant mes malheureux compagnons pousser un triste gémissement , et s'arrêter avec effroi pour considérer les plaines qui nous entouraient. Vingt fois Je regrettai de ne point m'être exposé seul à tous ces dangers, et je maudis avec rage mon funeste dessein. Cependant, après trois jours de marche, nous arrivâmes au but de notre voyage, et nous vimes que nous ne nous étions point trompes ; les torrens qui descendaient dans la vallée roulaient plus de trésors que jamais les Portugais n’en ont
pu réunir ; ils paraissaient à la surface de la terre,
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au fond des eaux , sur la cime des rochers. Je parcourus ces lieux inconnus ; je pensai que les montagnes couronnées de forêts épaisses étaient plus riches que les plaines que nous avions d'abord visitées ; nous parvinmes à les gravir, mais de sombres nuages s accumulaient continuellement audessus de nos têtes, et ce n'était qu'au bruit prolongé de la foudre que nous arrachions Por de la terre. Je ne me lassai que lorsque je pensai que Pavarice serait satisfaite ; j'accumulai tant de richesses que le souvenir m'en remplit encore d'étonnement. Étrangers, m'écriai-je, si cette soif de Por qui vous consume peut être Jamais apaisée , vos désirs seront donc enfin satisfaits |
Ces trésors que j'avais dédaignés autrefois, il avait fallu le plus doux espoir pour leur donner du prix à mes yeux; mais devenu presque insensé, je Pavouerai, je les regardais avec avidité , il semblait que j'y trouvasse mon bonheur. Hélas ! ils n'étaient point dans ma patrie. Nous nous mimes en marche, déjà exténues de fatigues, et nous n'étions pas encore parvenus à la moitié de notre voyage, que les guerriers Jetaient l'or avec mépris au milieu du désert ; il fallait qu'un regard de leur chef malheureux les ranimãt encore, ils reprenaient une partie de leur fardeau, mais je les en-
tendais me dire en soupirant -Puissions-nous revoir
nos forêts! puisses-tu aussi ne pas être trompé ,