‹ Scènes de la nature sous les tropiquesChapitre 50 sur 99 · OI · texte numérisé non relu

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ll y a à peu près deux ans, continua-t-il apres avoir gardé quelque temps le silence, les vieillards m'engagerent à conduire la tribu sur le bord de

la mer, où ils avaient fait autrefois de nombreux,

échanges avec les Portugais. J'ai espéré que les voyages pourraient distraire ma mélancolie, et je me suis décidé à quitter nos forêts, pour plusieurs années. Plus heureux que moi, beaucoup de nos guerriers ont péri dans diverses rencontres que nous avons eues avec les Botocoudos, avant que de parvenir à Canavieras. Lors de mon arrivée, le capitan-mor de la province se trouvait dans ce bourg; il m'a accueilli avec bonté, je lui ai raconté mes malheurs, et il a tâché par ses sages conseils d'écarter les tristes souvenirs qui flétrissent mon cœur. Je ne répéterai pas ici tous les discours que lui a inspirés son inquiétude sur mon sort: ses efforts m'ont été inutiles, et je les ai oubliés; mais je garderai un long souvenir de sa tendre compassion, je donnerai encore bien des larmes à sa mémoire. »

Koumourahy cessa alors de parler, et nous gardâmes long-temps un profond silence. J'aurais voulu lui donner quelque espoir : Je n'osais cependant point le faire, et Je voyais avec douleur qu'on ne pouvait que le plaindre, sans chercher à faire naître dans son âme un sentiment qui de-

vait sen être éloigné pour toujours. Je lui rap-

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