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à inspirer des poésies pastorales; les élégies y sont plus douces, les sentimens que Pon peint ont moins d'ardeur, les allusions plus de variété, elles tiennent aux productions de la nature. Il ne faut pas oublier que les hommes ont placé le paradis terrestre sous ce beau ciel, que la Providence Pa enrichi des dons les plus précieux. Aussi les poètes de la contrée rappellent-ils sans cesse, dans leurs comparaisons , les parfums de l’Hyémen, les perles d'Omman et le musc d'Hadramut *. Ces contes charmans, qu'on ne peut se lasser de relire même en Europe, et dont on ne sent pas encore tout le charme à cause de notre ignorance des usages, ces brillantes féeries, ces rêves qui nous transportent dans des lieux enchanteurs, c’est encore au sein de PArabie heureuse qu'ils ont pris naissance. Ils charment les loisirs des habitans, ils adoucissent quelquefois leurs chagrins par de consolantes illusions. Dans ce pays Pair est peuplé de génies qui suivent les destinées des hommes : Fimagination qui les créa s'empare bientôt avec ardeur de ses propres fictions et elle les représente quelquefois comme des réalités. Ces mensonges charmans ont plus d'influence qu'on ne le croit sur l'existence des Arabes, en occupant plusieurs heures de la journée leur esprit ardent, ils les
* V. Berington, Histoire littéraire des Arabes, traduite par M. Boulard.
empêchent souvent de se livrer à des pensées guerrieres. Is veulent goûter le charme de Poisiveté, mais ils ne pourraient supporter les langueurs d’une paresse qui ne connaît que Pennui. Ces contes, nous ne saurions les imiter, leur charme tient aux inspirations du climat, aux productions du sol, quoique la nd en soit exagérée. Les brillantes rêveries de Sinbad le Marin ne pouvaient naitre que dans ces contrées; toutes ces merveilles, que l’auteur a si heureusement amenées, laissent entrevoir encore la réalité: cette richesse, cette magnificence, ces tableaux imposans de la nature, tout cela se rencontre dans les iles de Porient, même en en faisant disparaitre le merveilleux.
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