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> 396 « un morne silence, il continua ainsi : « Zara doit être le prix d'une décision dictée par la sagesse, et Zara doit faire le bonheur d’une vie toujours agitée ; si la tristesse a obscurci long-temps ses beaux jours, si maintenant encore elle parait plongée dans un sombre désespoir, d'un seul mot vous pouvez ramenér la tranquillité dans son âme ; d’un seul mot vous éloignez les plus affreux malheurs. — Laissez-moi, dit Zombé avec agitation : laissez-moi Ate ne veux plus entendre de semblables discours. Vous ressemblez à Obboney, le dieu du mal, qui fait entrer dans nos cœurs les plus affreux poisons et se réjouit ensuite de nous voir en butte à d'horribles tourmens. Les hommes ont toujours acheté la gloire aux dépens du bonheur; que le désespoir soit donc mon partage, puisque je ne peux éviter le pouvoir de la destinée cruelle qui me sépara de ma bien - aimée en quittant les rivages de ma patrie!... Zara, quand malgré les efforts de nos cruels ravisseurs, je m'élançai encore près de toi, était-ce pourne point te revoir? Retirez-vous quand vous le voudrez, Européen, ma réponse ne peut être douteuse, mais mon cœur peut être faible encore. »
IL parcourut alors à grands pas les salles du palais ; prêt à parvenir à l'endroit reculé qui était occupé par Mery, on le vit quelque temps dans une sombre immobilité; d'anciens souvenirs Varrétaient encore, et il était aisé de voir dans ses
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regards les différens sentimens quiluttaient contre sa résignation. Un profond soupir annonça son dernier sacrifice ; il disparut aux yeux des guer-
riers. Il employa sans doute le pouvoir qu'il
avait toujours eu sur le cœur de son ancienne | compagne, il fit valoir auprès de ce cœur géné- | reux et sa douleur et son isolement; son émotion | lui donna plus d'éloquence encore qu'il n’en fal: |
lait à Vamour ; au bout de quelques heures il reparut au milieu du conseil; Mery marchait à ses côtés : « Soyez les témoins de mon union, dit-il, je prends cette jeune fille pour épouse : puissent de semblables témoins envoyés par nos cénies malfaisans ne pas lui étre fatals comme avant peu ils le seront pour moi. Et toi, chère compagne, consens à cetie union ; adoucis un jour mes derniers instans, car tu partis sans doute de VAfrique pour que je ne fusse pas sans consolation : tu méritais plus que cet empire; tu méritais le bonheur que je ne puis te donner. — Tu me donnes tout, souverain de Palmarès , en m'accordant la gloire de mourir avec toi.—Européens; retournez maintenant dans votre camp, dit Zombé, la guerre pourra bientôt recommencer; mais. si des forces nouvelles vous rendent plus formida- | bles, vous verrez que le courage des Africains est ; comme celui du lion, qui devient plus terrible au
moment ou il pousse ses derniers rugissemens. »
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* Les Portugais s’éloignèrent alors et ne purent sempécher d'admirer le courage malheureux.
Zombé fit célébrer son union le jour même, et présenta Mery aux guerriers assemblés. « Palmarésiens , leur dit-il, défendez-la ; elle mérite votre amour, elle me rend digne de vous commander. » Cinq jours après, on apercut du haut des remparts des cavaliers marchant dans la plaine au milieu de tourbillons de poussière ; ils s'avancérent à quelque distance des remparts, suivis de toutes les troupes qui les accompagnaient , au bruit des fanfares et des cris de Joie. Tout-à-coup ils se déployèrent sur deux lignes, et l’on vit paraitre les canons qui commencèrent à retentir avec un effroyable bruit.« Nos déserts ne nous ont point sauvés, s'écrierent douloureusement les guerriers de Palmarés, » et leurs armes séchapperent de leurs mains. « Eloigne-toi, Mery, dit Zombé, retiretoi dans le centre de la ville, car ces hommes faibles ne veulent plus combattre. Guerriers, voulezvous vivre esclaves ? ce vain bruit vous effraie , CE il ne donne que la mort; que vos cris de guerre sy mélent, il sera plus terrible pour vos ennemis que pour vous. » Mais les troncs d'arbres commencerent à s'écrouler, et en voyant disparaitre leurs plus grands moyens de défense 3 les guerriers se sentirent animés de ce courage qui naît du désespoir; ils s'élancent sur la bre-
che; ils combattent avec acharnement ; tandis que les uns sont écrasés par la chute des poutres, d’autres viennent lesremplacer , et la foudre trouve toujours de nouvelles victimes à immoler. Tout-à-coup, les portes qui avaient résisté jusqu alors , tombent avec un effroyable fracas. Zombé accourt pour les défendre, mais il voit que ses efforts sont inutiles, et il se replie avec ses guerriers vers le centre de la ville ou tout le peuple se portait. Il appelle à grands cris son épouse, et l’aperçoit environnée de femmes en pleurs qu’elle tâchait de consoler. « Écoute, Mery, lui dit-il en la pressant sur son cœur, quand Vanheima a perdu sa compagne; elle ne peut plus vivre : promets-moi de ne point lui ressembler; promets-moi, si un fils nait de notre union , de lui rappeler un époux dont le plus grand désespoir est de tavoir rendue malheureuse; dis-lui que la puissance ne lui donna point le bonheur, qu'il ne la regretta pas; mais qu'il ne put vivre dans Pesclavage; et quand il saura te comprendre, quand une larme tombera de ses yeux, donnelui ce baiser, c'est le seul bien que puisse lui envoyer son père.» Comme il disait ces mots, le bruit sembla se rapprocher, le canon retentitavec plus de force, les cris exprimerent plus d'effroi; Mery retint quelque temps son époux en l’enlaçant de
ses bras, mais il séchappa tout-x coup, gravit le
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les yeux vers le ciel, prononça le nom de Palmarès et se précipita *.« Tu nous apprends à mourir,» sécricrent les chefs, et ils Pimitérent aux yeux de leurs vainqueurs épouvantés de ce noble dévouement. a
« Qui restera pour te consoler, pauvre victime ? dit le viel Adoë en relevant Mery qui était tombée
sur le corps de son époux, et que le trépas sem-
blait avoir frappée. Européens, continua-til en s'adressant à des officiers qui s'étaient avancés et qui faisaient tous leurs efforts pour empêcher le meurtre et le pilläge, c'est l'épouse de notre chef: si l'humanité a quelque pouvoir sur votre âme. je la remets entre vos mains : » son ancien maître la reconnut alors et Pentraina loin de ces lieux funestes : les soldats s'élancèrent dans la ville qui fut presque anéantie.
Le lendemain on n'apercevait de tous côtés
que des décombres fumans encore et servant de sépulture aux guerriers; les édifices étaient devenus la proie des flammes ; les richesses avaient eté enlevées; les femmes, les vieillards, chargés des chaines de l'esclavage, contemplaient avec douleur ce triste spectacle avant de s'éloigner pour les contrées lointaines ou ils allaient être
* V. Rocha Pitta, Ayrès de Cazal, Corografia Brasilica. > AY > gr
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obligés de vivre désormais. «O ma nouvelle patrie! disait un vieil esclave du pays de Minas, je n'avais plus que quelques pas à faire pour descendre dans la tombe : un empire s’est anéanti, et j'ai survécu! — Adieu! mon fils, disait la mère d'un guerrier en se frappant le sein avec douleur. — Adieu, s'écriaient à leur tour des jeunes files qu'un affreux souvenir attachait encore à ces ruines : » hélas! ils étaient obligés de mettre un terme à leurs plaintes; et cependant les regards qu'ils jetaient en s'éloignant prouvaient combien de fois ils les répeteraient encore loin de Palmares.
Huit jours s'étaient écoulés; le camp avait été transporté à quelque distance de ces lieux; on n’entendait plus ni les cris des captifs,ni les chants des vainqueurs; un morne silence régnait dans cette solitude; une jeune femme s'avança au milieu des ruines, se dirigea vers le rocher qui dominait autrefois tous les édifices, et regarda tristement autour d'elle. Elle vit que l’on avait enseveli la dépouille mortelle des guerriers dans le lieu où elle se trouvait, et s'asseyant sur les décombres, elle commença à pleurer amerement.
« Hélas ! dit-elle, pourquoi la terre te cache-t-elle a mes yeux? Mes larmes ne pourront pénétrer jusqu à toi et te redonner l'existence... Puisque tu ne veux pas que j'aille comme une fidele épouse
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te servir dans la tombe, viens donc, il y a longtemps que je t'appelle!... et sa voix s’éléva pour l'appeler encore. Tu ne veux pointsortir de ta demeure, continua-t-elle, sans doute les guerriers qui tenvironnent célèbrent ta gloire, et leurs accens empêchent ma faible voix de parvenir jusqu'au céleste séjour.... Si leurs chants sont éternels , il faudra donc que je souffre toujours !... » Elle resta une journée entière assise près du rocher, et demandant Zombé aux ruines qui l'entouraient. Vers le soir, son ancien maitre la rencontra sur le bord du lac, et l’engagea à quitter ces lieux, puisque lui-même il allait s’éloigner. Long-temps ses prières furent vaines, cependantil parvint à la décider en lui rappelant les dernières paroles de son époux. « Mery, lui ditäl en sapercevant que ses yeux peignaient Pégarement, son ombre doit détester cette vallée ; pourquoi veux-tu l’y attendre? Je le vois du haut des cieux te recommander encore de me suivre. »
Alors elle se résigna et partit, mais ce fut en versant bien des larmes. à L'armée se remit en marche pour la capitale, eton y parvint au bout de quelques jours; les captifs furent embarqués par tribus pour d’autres villes. L’on sut que Zara, retombée dans Pesclavage, n'avait pas eu un meilleur sort. Mery, quoi-
é que jouissant de sa liberté, resta pres de celui
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qui la lui avait accordée; comme il vint s'établir
en ces lieux avec sa famille, elle le suivit encore, et vécut peu d'années après m'avoir donné le jour. Le vieil Adoë qui avait été acheté lors du désastre de Palmarès, m'éleva dans cette solitude, et ma souvent répété les récits que je viens de vous faire. Ses conseils m'ont aidé à trouver le bonheur, une douce compagne l'a partagé; mais maintenant je ne puis d'attendre que de la présence de mon plus jeune fils, il ne vient pas
Le bon vieillard soupira en disant ces mots : VEuropéen le quitta à regret, mais le lendemain il le trouva dans la joie, car le voyageur était arrivé. Tour-à-tour il le pressait sur son cœur et le priait de raconter ce qu'il avait vu. Le jeune homme satisfit ses désirs, et quand il vint à parler du pays d'Anadia, il s’exprima ainsi : « Je suis allé dans la vallée, et j'ai été m'asseoir au milieu des palmiers qui sont étendus sur le sable ; tes récits sont revenus à ma mémoire, j'ai considéré tristement le théâtre des infortunes de Zombé.... Hélas! le croirais-tu bien? tandis que j'étais plongé dans mes réveries, des jeunes filles sont venues ramasser les fruits de quelques tamarins qui s'élèvent encore pres du lac; des guirlandes de cassia couronnaient leurs fronts d'ébene, elles ont formé des danses, et leurs voix se sont élevées gaiment; mais elles ne célébraient point Palmares: elles
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semblaient ignorer les événemens qui se sont passés si près d'elles; ainsi donc dans peu d'années tout soublie.. . c'est de moi qu'elles ont appris les malheurs de leur ancienne patrie ; leurs yeux ont exprimé la douleur lorsque je leur. ai parlé de mon aieul, mais le plaisir les entrainait, elles ont fini par m'inviter à partager leurs danses. Non, leur ai-je dit, je ne peux goúter la 1 dans ces lieux. Je suis monté sur le ERcHer et J'ai versé
des larmes. »
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Iles de la mer Pacifique.
- Parmi tous les pays capables d'exciter vivement le génie poétique de nos littérateurs, je n’en connais point de plus admirables que les îles de l'Océanie; Châteaubriant, Bernardin de Saint- Pierre ont offert à notre imagination les tableaux les plus nobles et les plus gracieux ; ils semblent dans leur éloquence avoir épuisé ce qu'il y avait à dire sur la nature féconde qu'ils ont observée, mais le talent d'accord avec le sentiment qui les guidait, leur a fourni les couleurs les plus brillantes pour peindre les tableaux qu'ils voulaient nous offrir. On serait entrainé par le charme des expressions, si ce n'était par la beauté des sites qu'elles présentent à l'imagination ; et cependant quand les premiers navigateurs qui vont visiter la Polynésie nous parlent des émotions qu'ils éprouverent, quoiqu'ils n'aient point Part de transporter avec eux l'esprit de leurs lecteurs comme les grands écrivains dont je viens de par= ler, les scènes qu'ils retracent sont par elles-mémes
si ravissantes, les lieux qu’ils dépeignent sont tel-
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lement enchanteurs que la vérité fait pour eux ce que le talent leur refuse. C’est la vue de ces îles qui fait s 'ecrier d Entrecasteaux que les contrées situées entre fs Tropiques sont la patrie. naturelle des hommes *. Ces terres lointaines cachées pendant tant de siècles aux yeux des Européens, jouissaient d'une félicité trop grande pour qw’elle fit durable. Sans doute il était de fanatiques institutions dans ces îles, et je ne prétends point les excuser, puisqu'il faut les hair chez les sauvages
. de même que chez les nations civilisées ; mais les
anciens habitans indiquerent aux premiers navigateurs par une contenance pleine d'innocence et de gaité qu "ls étaient peut-être plus heureux que les autres habitans de la terre; ; hospitaliers comme tous les peuples qui jouissent de Pabondance, ils . voulurent faire partager les biens dont la nature les ‘avait comblés. Nos fatals présens devinrent pour eux la source de tous les maux. Il est malheureusement trop prouvé que Walis, Carteret, Bougainville et Forster trouverent ve de deux cents mille habitans dans Pile d'Otahiti, et que les nouveaux voyageurs frémissent d'épouvante en nous apprenant qu'il ne reste plus que six ou sept mille de ces infortunés *
* Je me suis appuyé de ce sentiment au commencement de Vouvrage. V. le Voyage autour du monde.
* Turnbull, Voyage autour du monde. On m'a assuré que ce
Otahiti, si bien nommée par un de nos plus célebres voyageurs, la métropole de l'Océanie , Otahiti parut une contrée si délicieuse aux premiers navigateurs, que, voulant exprimer en un seul mot les plus douces émotions, ils l’appelèrent l’île de Cythérée': cette simple dénomination annonce qu'il ne faut point s'attendre au spectacle d’une nature qui lutte avec elle-même pour produire des sites imposans, mais elle dit bien qu'il est au milieu de l'Océan Pacifique une terre privilégiée où la Providence a voulu rassembler les objets les plus gracieux. TI semble qu'Otahiti soit la véritable patrie de l’idylle, et que les fictions de la poésie puissent s’y réaliser. Tout était d'accord autrefois pour rendre ce tableau véritable, les habitans doivent maintenant en disparaitre si Fon veut que l'illusion ne cesse point.
Dans cette contrée charmante dont on voit que la nature a voulu borner l’étendue, les animaux féroces ne se montrent jamais, les insectes nuisibles ne peuvent exister ;le cocotier qu’on trouve sur toute l'étendue des rivages; l'arbre à pain qui, par son utilité, est si précieux, et que son feuillage rend si pittoresque ; le papyrus et le bananier n'offraient leur ombrage qu'à des hôtes paisibles, nombre avait augmenté depuis l’époque où l’on s'était occupé sérieusement de la civilisation de Tile.
* Bougainville, Voyage autour du monde.
> 338 « qui, loin de fuir à l'aspect des voyageurs, semblaient se réjouir de leur venue.
C’est au milieu de ces bocages que Bougainville voudrait peindre, et donton devine tout le charme, qu'un habitant Vinvita à partager le gazon qui lui servait de siége ; il se pencha alors vers lui et vers ses compagnons; ses yeux exprimérent la tendresse, sa voix se méla aux doux accens d’une flûte ; il chanta lentement une chanson anacréontique. Assurément il avait le don d'émouvoir, car le voyageur ne peut s ‘empêcher de s'écrier que cette scène charmante était digne du pinceau de nos peintres les plus gracieux.
Ah! sans doute qu'éloignant jusqu’à l’idée des moindres maux, Pheureux Otahitien célébrait Parrivée de ces étrangers , et qu'il leur offrait de partager un bonheur que l'hospitalité rendait plus doux à ses yeux. On chante encore à Otahiti, mais c'est pour reprocher à d’imprudens ancêtres cette hospitalité qu'ils accordèrent trop facilement. Les faibles restes d’une population nombreuse , étonnés de tous les maux qui se sont accumulés depuis le jour où Walls débarqua sur leurs rivages, accusent même les objets inanimés de crimes qui n'appartiennent qu'aux hommes. Dans l’exces de leur désespoir , ils prêtent aux navires le pouvoir le plus terrible : ils croient que lorsque le vent les entraîne devant leurs rivages , les maladies
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les plus affreuses sen échappent pour venir les désoler ”.
Eloignons notre pensée de ces tristes superstitions qui ne trouvent que trop asément leur ex: cuse dans la fatalité des événemens. Je veux parler encore de la nature de ce beau pays, parce qu’elle n’a point changé; parce que la Providence ne Va point soumise au pouvoir des hommes. Maniant le pinceau avec grâce, exprimant ce qu'il voyait avec facilité, Hodjes nous a retracé quelques-uns des sites enchanteurs d'Otahiti; mais combien Von regrette qu'il n'y ait pas mis plus de variété, et qu'entrainé par ce qui avait déjà frappé ses regards, il n'ait point toujours suivi Forster ! Ce voyageur, dans la chaleur d’une imagination brillante, tâche de nous faire. connaitre les plus beaux tableaux qui aient ravi les yeux des hommes, et cependant il s'avoue encore bien loin de son sujet : s’il traverse les bocages, s'il gravit les collines, son admiration ne fait que changer d’objet, ses paroles n'expriment que le ravissement ; bientôt il nous fait jouir de Paspect d'un village, et l’on admire un peuple qui dérobe quelques instans au plaisir, et que le plaisir suit jusque dans ses travaux. Partout on n'aperçoit que le bonheur et la richesse ; on ne voit de tous côtés