CHAPITRE XLI
Souvenirs offerts aux Européens dans VInde.
Cx qui doit, en général, ôter aux étrangers qui visitent les contrées situées sous les tropiques, une grande partie des jouissances qu’on éprouve en Europe, c'est l'absence des souvenirs. Dans l'Inde, on en retrouve continuellement; mais ils nous sont en quelque sorte étrangers , et c'est aux habitans qu'ils appartiennent. Sans doute la haute antiquité de ce peuple, sa scienc& ses vertus sont retracées par des monumens. Un asile offert au voyageur depuis des siècles doit faire éprouver une émotion plus douce et même plus noble que celle que l’on éprouve à la vue d’un arc de triomphe; ces routes immenses entretenues par la libéralité d’une famille , ces fontaines destinées à désaltérer le malheureux qui a long-temps erré dans un pays brülant, valent bien les ruines d’un immense aquéduc ou les vestiges de ces voies romaines servant jadis à étendre d’injustes conquêtes: ces vastes tombeaux élevés à des rois puissans, ces temples consacrés à des dieux dont il ne reste pas même le souvenir, réveillent bien dans Pâme des
ee a |
E» 398 «= réflexions aussi profondes que celles qui peuvent naitre à la vue de ces portiques sous lesquels s'élève encore la statue mutilée de Jupiter. Mais les dieux de la Grèce sont en quelque sorte toujours au milieu de nous ; ils embellissent nos poésies, et nous en peuplons nos campagnes. L'arc de triomphe rappelle une victoire à laquelle nos pères ont peut-être assisté; tout enfin se rapproche de nous, et nous est bien connu. L'esprit de l’homme n'aime point à chercher les souvenirs; ce n’est que quand ils se présentent d'euxmêmes à Vimagination qu'ils ont du charme et qu'ils peuvent embellir les lieux ou l'on sé trouve.
SR me =
: o PP jt CPE CNET Ve ad ges FC REI O ren pg TE MS ao ue re ca TN RE ed O ES ; bide dé éd nt Lg bj ; 7 É g