‹ Scènes de la vie arabe (volume 2)Chapitre 14 sur 21 · LK #»IX · texte numérisé non relu

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fierté peut-être imprudente des propositions pacifiques d'Abd-el-Kader, ils s'étaient dirigés siir le vieil Arzeu (4) à travers la plaine de la Mactah, par un soleil terrible . sans renseignements exacts et gênés par un lourd convoi de prolonges chargées de blessés.

Abd-el-Kader disposait d'une cavalerie nombreuse ? il suivit pas à pjis notre retraite, ramassa tous nos traînards qu'épuisait une chaleur étoufifante ; et, sai-

(1) Porim ilagnus des Romains, excellente rade située entre Oran et,Mostaganem.

ni; tARG. 1^

sissant avec à-propos l'instant où nos prolonges embourbées dans les marais ne pouvaient plus ni avancer ni reeuler, il lança tout son monde sur notre arrière-garde.

Nos soldats firent des prodiges de valeur ; mais dispersés sur un vaste espace, ces dévouements individuels ne purent sauver que notre honneur militaire.

Sur quatorze prolonges, treize lurent capturées par l'ennemi, qui s'empressa de massacrer nos blessés, et le spectacle

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de ce massacre fut si douloureux pour ceux qui ne pouvaient plus secourir leurs malheureux camarades, que Tartillerie reçut Tordre de tirer à mitraille sur ces prolonges.

Elle atteignait ainsi le double but de venger les blessés et de leur donner une mort exempte, au moins, des tortures que leur infligeaient les cavaliers de l'émir, acharnés sur leur proie comme des vautours sur an cadavre.

Nos projectiles, en effet, tuèrent beau-

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coup d'Arabes à côté de leurs victimes, et notre désastre coûta cher à rennemi.

Battus ravant-veille au bois de Muley-Ismaël, les Arabes, fiers de la journée de la Mactah, ne firent qu'un combat de ces deux actions, et ils ne manquèrent pas d'attribuer à la sainteté de leur forêt de tamarins la défaite que nous avions essuyée.

Le bois de Muley-Ismaël firt donc pour edx, depuis iors et plus que jamais, le

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bois sacré infranchissable à leurs ennemis et surtout aux chrétiens.

L'expédition de Mascara avait sans doute pour objet la prise de cette ville; mais, à cette époque, nous ne songions pas résolument à étendre notre domination, et l'armée du maréchal Clauzel devait, avant tout, venger l'échec de la Mactah par une victoire (l)r

(1) En effet, nous prîmes la ville de Mascara, que nous trouvâmes déserte ; l'émir savait que nous ne garderions pas notre conquête, et il ne songea pas à nous l'enlever. Après quelques jours de re-

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Depuis que nos troupes avaient quitté le camp du Figuier, l'ennemi ne s'était montré que de fort loin et par des postes d'observation que nos éclaireurs repliaient sans engagement.

Le ciel semblait s*ôtre mis au beau franchement; les sentiers s'étaient un

pos, pressés par la mauvaise saison, nous abandonnâmes Mascara pour rentrer à Oran par Mostaganem. On crut avoir porté un grand coup à la puissance de l'émir par cette pointe d'une trentaine de lieues, et ce fut une grave illusion. Toutes les retraites sont, aux yeux des Arabe*, des défaites;

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peu séchés ; les torrents avaient écoulé leurs eaux profondes ; les sages appréciations de Mebrouk se trouvaient complètement justifiées.

Pendant que nos colonnes entamaient leur troisième étape, Mebrouk s'approcha du maréchal et lui dit :

on ne les a vaincus qu'après avoir pris possession définitive du pays où s*est livré le combat. Mais en 1835, et jusqu'à l'époque où le maréchal Bugeaud fit prévaloir, en Afrique, son école savante, nous ne savions que combatre, nous ne savions pas conquérir. Nous étions alors bien loin de ces

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-. Je viens, seigaeur, réclamer votre promesse.

— Laquelle?

— Ne m'avez'vous pas dit que quaml parlerait la poudre, vous me laisseriez ma liberté ?

bellesexpéditionsàgraTidsrésultats,quionlàiamais planté le drapeau de la France dans le cœur de l'Algérie, expéditions couronnée» par notre dernière campagne^ de Kabylie, l'une des moins coûteuses, et, de toutes, la plus productive sans contredit.

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— Sans doute, mais la poudre est muette, mou eufant, et je ne sais si elle parlera... ton émir est bien discret.

— Vous l'entendrez aujourd'hui, dans moins d'une heure.

Vraiment! et de quel côté ?

— Au bois sacré,

— Qu'est-ce que c'est que ton bois sacré?

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i.lebrouk raconta rapidement toutes les légendes de la forêt de Muley-lsmaél, et il termina par ces mots :

— Aujourd'hui vous vous tenez au milieu de votre armée; vous ne serez donc pas là quand votre cavalerie, qui marche en avant, pénétrera dans le bois et recevra les premiers coups de fusil.

Votre place est ici, sans doute, mais la mienne est là-bas.

Suis-moi donc, répondit gaiment

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le maréchal, et allons causer avec la poudre.

Après avoir donné quelques ordres de détail, le général en chef se porta rapidement à son avant-garde formée par les chasseurs, les spahis et le goum des Douairs et des Smélas.

Peu après son arrivée, la tête de colonne de cette cavalerie s'engagea dans le bois sacré et passa sur le terrain même où, Tannée précédente, on avait combattu.

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Le bois fouillé avec précaution était abandonné par renaemi, et les broussailles d'où Ton b'attendait à voir partir, une chaude fusillade furent silencieuses.

— Eh bien ! demanda le maréchal à Mebrouk, où sont les défenseurs du bois sacré.

L'enfant ramena ses regards un peu confus de l'horizon, où ils s'étaient plongés, aux pieds du maréchal, et répondit :

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— Si ce n'est pas une ruse, je n'y comprends rien.

— Abd-eî-Kader est plus habile que toiv reprit le maréchal, il ne se hasardera pat à m'attaquer ici, car i'y détruirais son armée.

Prends patience, la poudre ne parlera que demain.

— C'est égal, seigneur, permettez- u^oi de rester ici avec la cavalerie, demanda

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Mebrouk, qui voyait le maréchal tourner bride

.- Volontierg, d'autant mieux que nous allons faire une halte. Tu me rejoindras au bivouac.

— Je vous remercie, s'écria Mebrouk.

Et il alla rôder dans le bois sans trop s'écarter cependant , campé sur ceite idée que l'ennemi ne pouvait pas être éloigné et qu'il ménageait une surprise

aux chrétiens.

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