‹ Scènes de la vie arabe (volume 3)Chapitre 16 sur 21 · LE 9UX · texte numérisé non relu

LE 9UX

Alors, Mebrouk rejoignit le cheik qui marchait à quelques pas en avant, et il laborda par ces mots :

Sidi, nous ne rentrerons pas les mams vides de cette expédition nocturne.

— Pourquoi doue ?

— Parce que nous rapporterons la tête de Khalaf-ben-Chèrif.

— Et OÙ la prendrons-nous demanda le cheik en riant.

— C'est toi qui nous le dira.

— Moi ? Je sais où sera demain Ben- Ghérif : mais où il est maintenant, je ne le sais pas.

— Alors, ce sera ta tête que nous rapporterons , pour rapporter quelque chose.

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— Par les étoiles qui se lèvent ! est-ce un enfant du prophète qui parle ainsi ?

— Oui, c'est un entant du prophète qui arrache le masque d'un traître... Tu as médité de nous faire tomber dans un piège...

Khalaf l'assassin de Salem-ould-Kouider, mon frère, t'a envoyé vers^nous pour noun attirer chez les Medjer , où il nous attendra, demain, avec des tbrees triples des nôtres...

Z»U SAHC. 19C^

Mais la nuit de demain est lointaine, et tu en es séparé par l'éternité. Dis-nous où est Khalaf, conduis-nous au douar où il couche cette nuit. Ce douar, c'est le tien, j'en suis sûr; alors tu auras la vie sauve.

Si tu cherches à bous tromper, si tu ne t'exécutes pas sur-le-champ, nous t'arracherons la vie par d'horribles tortures. . .

Laisse donc tes pistolets dans leur étui,

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et songe à me répondre plutôt qu'à te défendre... Vois si je suis ton rrr"-^^ ?

Disant cela, Mebrouk appuya le canon d'un pistoi t sur la poitrine du cheik qui s'écria :

— Ne tire pas... îe parlerai.

— Parle donc.

Sidî-Khalafest àZemmora.

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— Tu mens , interrompit Mebrouk , Zemmora est trop loin pour que nous y arrivions avant le jour, et les Fiittassont trop nombreux pour que nous les attaquioLs dans leurs montagnes , voilà pourquoi tu mens comme un fils de chien que tu es.

— A-t-il avoué ? demanda en arabe le commandant des spahis qui prit la gauche du cheik pendant que Mebrouk se tenait à sa droite.

— Il a avoué sa trahison, maiii il veut égarer nos recherches.

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— Alors, faisons lui couper la tête, et allons razti son douar ; sa femme et ses enfants parleront pour lui.

Arrête-toi, descends de cheval : Fais ta prière... tu vas mourir ditMebrouk.

— Ah ! murmura le cheik, je n'avais que trop le pressentiment de ce qui m'ar. rive ! Je ne crains pas la mort et je ia recevrais avec joie si elle pouvait être utile à la cause de Témir et de la guerre sainte, mais Dieu nous inflige de durs châtiments!...

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Votre résolution de razer mon douar annule le sacriice que je voudrais faire de ma vie, car Ben-Chérif est couché sous ma tente... Hélas ! hélas ! Dieu m*a maudi dans mon hospitalité.

Je sais où est ton douar, reprit Mebrouk, car si tu ne m'as OvS reconnu, moi je me suis souvenu de ton visage ; tu es des Bordjia, tes t3 Ues sont voisines des trois marabouts, à quatre heures de marche de Mostaganem...

— i.a nuit est noire, elle fas'orise un

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coup de main... prends le galop, mais uV'SS.iepas de lève i or, ùonge que je monte la jument Messaouda dont sans doute, tu connais l'histoire.

Le cheik exprima par un soupir à demi-étouffé, que sa dernière espérance venait de s'évanouir.

Il était en effet très-bien monté , et pouvait penser à gagner de vitesse pour prévenir Khalaf.

Mais la Fille du vent avait une si grande

réputation, que nul cavf>lier n'osait entrer en lutte avec elle.

— Donne-nous tes armes, dit Mebrouk.

Le cheik obéit sans se faire réjiéter ce conimandenient.

Le goum entier et les spahis prirent le ^alop dans la direction des trois marabouts.

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