II
VOUS instruisant, je vous donnerai, personnellement, la preuve de mon estime et de ma c 'nfiance.
— J'en suis «ii?:ne, crovfz-le.
— Depuis trois grandes heures j'erre dans le parc, cherchant ù calmer l'agitation qui me dévore, cherchant aussi un moyen d'échapper à la fatalité qui nous poursuit. Je n'ai rien trouvé de mieux que la fuite, et une (uile précipitée, dussions-nous franchir les mers, et courir à l'un des bouts du monde...
— Mais enfin ! enlin 1 dit Médine...
— Au lieu de me rendre a'» déjeuer de famille, où vous m'attendiez, je me suis enfermé dans mon cabinet, et J'ai envoyé ma démission à mon colonel. Je ne peux plus servir.
— Ciel ! s'écria la marquise.. Pourquoi tant de précipitation !
-—IN étions -nous pas, dès longtemps, d'accord sur ce point? Ne m'avez-vous pas instamment prié, à maimes reprises, d'abandonner le service?... Pourquoi vous étonner aujourd'hui ?
— J'ai réfléchi, qu'un état aussi honorable que le vôtre était toujours un refuge contre le malheur...
— Pour nu part, dit Médine, je suis ravie de cette détermination; nous sommes. Dieu merci, assez riches pour nous passer de cet état, le plus noble Je tous, j'en conviens, mais aussi le plus [jauvre.
— Les riches peuvent être ruinés en un jour, ma fille, répondit la douairière, en baissant les yeux.
— Notre fortune serait-elle menacéo ? demanda le marquis.
— Memicéô!... Héias î non, répondit la douairière
— A quoi perdez-vous votre temps, Horace, interrompit Aïcha, en lançant un regard suppliant à la vieille marquise. Venez au iait.
SCÈNES DE LA YîE ARABE. 29 f
— Ma lettre partie, j'ai décidé que nous nous mettrions en roule i;our Londres, d'abord.
— Mais vous rêvez, mon fils.
— Miliieureiisomenl non. Sachez donc que lord Brecknock est \r\\u me voir ce malin.
— Nous le savons, ;ij luta Alédine, il était seul et k cheval ; il vous a entraîné sous l'ail 'e de marronniers, et, sans mettre pied à terre, il vous a entretenu longuement... Vous voyez que nous avons nos espions... Après?
— J vous croyais endormies, mesdames.
— Nous dormons les yeux ouverts, n^on ami... les femmes sont si curieuses... Continuez.
— Cette visite matinale m'a fait éprouver une émotion délicieuse, reprit le m rquisen regardant Aïcha avec une douceur chagrine. . Enfin, je croyais avoir deviné chez le baronnet certains penchants, certains sentiments qui me laissaient espérer une confidence dont j'eusse été à la fois bien heureux et bien fier, car lord Brecknock est un gentilhomme accompli que j'estime, que j'aime, et...
— Nous vous comprenons, interrompit Médine, ces pauvres hommes ne sauront jamais faire une déclaration; pour dire un mot ils font une [ihrase !
Le capJlaine ne put se (iéfendre d'un sourire, à celte sortie de Médine qui, rieuse en toute occasion, semblait prendre à lâche de défier les périls de toute espèce. Aïcha affectait un petit air distrait qui caciiait fort mal ses émotions, et la douairière qui commençait à comprendre la cause des terreurs de son fils, donnait l'exemple d'un froid courage et d'une inébranlable résolution. Le capitaine coi'linua :
— Mun attente f?'t trompée; dès les premiers mots de lord Brecknock, mes joyeuses illusions s'étaient envolées! j'api>ris, pardonn.z-moi, Aïcha, si j'ose devant vous dire tout ce que je sâis, j'appris que ma mère, ma fem.rae et
292 MÉDi.Ni:.
moi-même sommes voués au poignard d'un fanatique...
— Cela ne se neut pas, interrompit Aïcha vivement, ma grand'mère en mourant n'a désigné aux vengeances de son tils que la race d'Ibrahim et celle du juif Samuel. Ma chère Médine est seule exposée à un danger, dont je me fais forte de la préserver. Celte nuit, en voyant Llahïah, j'obtiendrai l'oubli d'un serment qui retomberait sur moi. . Vos craintes ne sont pas fondées.
— Médine n'est pas seule exposée, comme vous le dites, mon amie; s'il en était ainsi, je me fierais entièrement à la force des liens qui vous unissent à Mahïah ; mais ma mère est enveloppée dans cette affreuse vengeance; car elle a épousé, en premières noces, le baron d'Ulm, et Mahïah l'accuse d'avoir été la rivalo préférée de Zaka; ainsi, ma mère et moi devons succomber pour expier h^s malheurs de votre grand'mère! Aïcha, jamais votre oncle, qui eût pu être indulgent pour Médine, ne le sera pour nous... jamais!
Aïcha baissa la tête et s'avoua vaincue.
— Quoi ! c'est là tout, dit la douairière en riant... vraiment vous nois faites des contes de Barbe-Bleue, mon cher Horace, et je vous avoue que j'ai les oreilles brisées par tous ces rabâchages. Aïcha verra son oncle celte nuit, ainsi qu'il est convenu, et si ce brave homme ne v€ut rien entendre, nous aviserons à sortir ce ce guêpier... Quant à partir pour Londres, ne comptez pas sur moi. On ne tue pas ainsi deux femmes et un capitaine, vertu-chouî les bourreaux auraient trop belle besogne!... Laissez-moi nie préparer à recevoir notre magnifique visiteur, je n'ai pas mis une épingle de ma toilette.
Si vous comptez sur l'entrevue d' Aïcha, vous pourrez
vous tromper, ma bonne mère; sir Francis a p:ir!é à Mahïah, cette nuit, et il l'a trouvé indomptable.
8CiSne« î)E ta vie KnstE. 293
— Kt, à propos, comment se fait-il quo ce nègre sache mon histoire?
— Celle histoire n'est-ellc pas connue de tout le monde, depuis qu'on en a fait un roman.
— J'espère bien, mon fils, que vous ne fréquenterez plus les litlérate'irs : voilà de leurs exploits.
On entendit le roulement d'une voiture, et Médine, courant c^ une fenêtre, s'écria :
— Voici loid Rrerknock; quelle délicieuse calèche... quel luxe ! Comme ces quatre ch vaux noirs sont bien appareillés... Aicha, viens donc voir.
— Allez recevoir pour moi, mes enfants, je vous rejoindrai dans quelques minutes. Horace, ne vous tourmentez pas, mon fils, comptez sur votre mère, elle veille nuit et jour sur vous.
Resiée seule dans son rabiuet, la douairière sonna sa femme de chambre, et dit, en se parlant tout haut :
(( Sans mon complot avec M. Maîhieu, je ne resterais pas un quart d'heure dans le voisinage de ce meurtrie r, dere cannibale... mais alors la ruine, la misère me suivraient sans relâche!.... Lord Brecknock m'échapperait !... Il faudrait renoncer à cette alliance qui va relever ma fortune, Taccroître, peut-tire.... Ah! non, plut t mourir !
— Madame la marquise me demande, dit la femme de chambre en entrant.
— Oui, Louise, halnllez-moi.
— Que mettra madame ?
— Ce que vous voudrez. Louise, vous étiez là, je crois, il y a quehpies jours, orsque fai maltrailé M. Mathieu, le régi-seur de ce château?
— Oui, madame.
— Avez-voiis parlé de celte affaiie à quelqu'un ?
— Je ne parle que qu -nd on me le permet, madame.
— J'en suis très-malheureuse, car vous saurez que j'a- \âis éié on ne peut |)lus injuste à Tégard de cet excellent homme; loin d'avoir dilapidé mes ri'venus et de les avoir détovîniés, j'ai reconnu que je lui devais une somme assez considérable... Vous voyez qu'un outrage e^t bientôt fait.
— Madame se sera peut-elre laissée persuader?
— Ce que je dis est t xact, vohs tiendrez M. Mathieu, à mon exemple, comme un type de probité et de désiaiéressemait; les hommes de de sa tremp-ri sont plus que rares de nos jours... C'est très-bien, donnoz-moi mon lorgnon et mes gants... Vous pouvez descendre... Quand se marient mon filleul Cornette et votre charmante petite fille?
— Demain, après vêpres, madame, à la chapelle d'Allevard.
— Je tâcherai d'y être... N'oubliez pas que je lui donne cinquante louis pour cadeau de noces.
— Madame est trop bonne.
— Descendez avec moi. ' Après les compliments et saints d'usage, la douairière
qui avait trouvé lord Brecknock au salon avec Médine, Aicha et le capitaine, approcha un fauteuil près de sir |j Francis, et engagea l'une de ces conversations futiles qui n'ont de trait et de charme que par la finesse et l'originalité des riens qui en font les frais.
— Je vous admire vraiment, mylord, en ce que \ous civilisrz notre contrée. ^
— Est-ce un reproche, madame la marquise, et corn-, ment l'entendez-vous? ^
— Point. C'est une action de grâce. Il y a quelques années, on ne s'aventurait par ici qu'avec des bâtons ferrés ou des mulets, et vous courez les champs à quatre chevaux.
fCÈNKS DE TA LIE ARABE 29^J
— Vous pensez donc que la civilisation ne peut marcher qu'en carrosse?
— J en ai peur.
— Les révolutions nous voudraient prouver, cependant, quMIe va pieds nus.
— Ne confondons pas la civilisation avec là liberté, dit le marquis.
---Olii pour cela non, répondit lord Brecknock, la liberté ne marche pas du tout.
— C'e>t qu'elle se sera essoufflée à tr )p courir, reprit la douairière.
— J'ai à vous remercier, mylord, ajouta Médine, au nom d'une jeune fille fort t:mide, mais très-reconna ssante, du magniiique pt rroiiuet dont vous vous êtes défait pour lui plaire. — Nous sommes confuses... Il parlera très-bien, en juger par le seul mot qu'il articide à merveille.
— C'est le seul qu'on lui ait appris, madame.
— Et pourquoi cela ! demanda Aïcha.
— Ne dit-il pas merci, merci et toujours merci F
— Oui, vraiment, et cela nous a beaucoup amusé,
— L'heureux oiseau n'est pas ingrat, comme vous le voyez, il répète sans cesse qu'il vous doit tout son bonheur en vivant sous vos yeux.
Aïcha tre^sa;llit ; c'était le premier aveu sorti de la bouche de sir Francis, aveu bizarre comme tout ce qui venait de cet élégant et charmant cavalier.
— A l'élève on reconnaît le maître, répondit la douairière, pendant que Médine adressait un tendre regard à son amie.
— L'éducation de ce pauvre cacatoès n'est pas très-variée, I éprit le baronnet, mais la base en est bonne.
— Mylord veut-il faire une promenade au parc, dit le capitaine, nous y attendrons l'heure du dîner.
-• Non pas, de grâce... Mademoiselle Aïcha et moi
296 MéoîNE.
pouvons seuls nous promener librement ici ; et comme nous serions obligés de nous promener séparément, je vous supplie de vouloir bien demeurer dans ce salon.
— Je ne comprends pas bien, dirent la douairière et Médine.
— Croyez -moi, ne mettez les pieds dans voire parc que quand nous saurons à quoi nous en tenir sur le compte de M. Mahïah.
— Les murailles sont hautes, les fortes fermées; il n'y a aucun danger.
— Je connais les Kabiles, madame la marquise; quand ils ne peuvent pas marcher, ils rampent, quand ils ne peuvent ni marcher ni ramper, ils volent. Vous seriez plus en sûreté sous une douzaine d'épées de Damoclcs que vous ne Têtes à quelques lieues du brave et hardi Mahïah, que j'aime d'ailleurs de tout mon cœur et que j'admire de toutes mes forces.
Aïcha leva lentement ses grands yeux humides sur sir Francis. En entendant ces mots, son cœur s'emplit d'un baume qui calma d'anciennes douleurs ; lord Brecknock régnait désormais sur Pâme fière, blessée, souffrante de la noble orpheline.
La conversation devint générale et sérieuse, le baronnet confirma tout ce que le capitaine avait dit de l'obstination de Mahïah ; il avoua que le traité de paix devenait trèsdifficile, depuis que le nègre avait découvert l'origine des Candeuil ; et il termina en conseillant un brusque départ, si toutefois la tentaiive de réconciliation venait à échouer. En donnant ce conseil, la voix de lord Brecknock trembla tout à coup, et ce trouble consola instinctivement la pauvre Aïcha, subitement menacée de perdre ses illusions et ses secrètes espérances.
Néanmoins, le dîner fut gai, animé par la charmante vivacité d'esprit de Médine, par le modeste et gracieux
SCÈNES DE r.A VIE ARABE. 297
al):in(lon d'Aidia, par la vcivc du capitaine, les critiques acnves de la douairière, Tinfatigable originalité et Timmense savoir de lord Brecknock. Les anecdotes, les bons uio;s, les innocentes malignités, les modes, les voyages, la politique, l'histoire, tout fut dit, raconté, repris, réfuté, discuté, enrichi, augmenté, retourné, développé avec ce ton éX(|uis des sociétés d'élite, fine fleur des temps pass( s qui disparaît chaque jour de nos salons, depuis que les lions les lionnes et autres bêles féroces les ont ravagés !
— Puisque j'y pense, mylord, dit la douairière pendant que lord Brecknock lui donnait le bras pour la reconduire au salon, pourriez- vous me dire ce que vous avez fait à un certain M. Mrithias?
— Kien (jue je sache, madame.
— Je vais vous donner à lire ce qu'il écrivait à mon fils, il y a quinze jours environ..., et ceci me rappelle, Horace, que je ne vous ai pas communiqué ce chef-d'œuvre épistolaire, je ne sais trop pourquoi.
La douairière quitta le salon, et revint avec la lettre de M. Mathias, qui passa des mains du baronnet à celles du capitaine, de Médine et d'Aicha. L'hilarité fut générale, sir Francis raconta les aventures de sa traversée, et dit ces mots avec une anière mélancolie :
« Ma vie s'écoulait, depuis l'enfance, dans la solitude et dans l'ennui ; mon cœur perdait chaque jour les lambeaux de S' s croyant es ! Laissé par une lutte énergique entre la foi et le scepticisme, atteint de cette maladie fatale qui a violemment mis au tombeau les plus nobles enfants de ma race, je méditais de quitter ce monde dont je ne suis pas digne,.. »
— Vous vouliez vous tuer, interrompit Médine avec effroi.
Sir Francis regarda la nièce de Mahiah avec une douceur angélique, et répondit, en ramenant discrètement
29S MÉOINB.
les yeux sur Médine, atln d'épargner Aïcha dante son trouble :
— Tel est le crime qut^ M. Mathias a si grolesqnpmenl interprété. Ce paiiv e Mirseillais est excellent homme au fond, mais son vin de Madère est détestable.
— Nous en savons quelque chose, dit le capitaine de Gandeuii... Je pense bien, mylord,que nous parviendrons à chasser les derniers symptômes de cette noire maladie ; il ne serait pas loyal à vous de nous demander nolr.^ amitié, et même de la prendre sans la demander, pour trancher tout à coup le nœud de ces liens... Vous ne faites plus de ces mauvais rêves, j'espère !
— Quelquefois... mais je vais mieux, beaucoup mieux, Tair de ce pays est si pur, ce qu'on y voit nous ramèLe si doucement aux pieds du Créateur, que le cœur semble reprendre ses croyances, et la vie ses ailes, et l'homme son courage. Cependant... Mais il faut songer au départ, l'heure de notre expédition approche, capitaine, vous êtes des nôtres !
— Certainement.
— Je voudrais vous éviter ce voyage, car je ne vous cache pas que votre vie est exposée, mais mademoiselLi Aïcha ne pouvant s'aventu er seule avec moi, vous l'escorterez... Après tout, vous êtes soldat?
— Le silence de ces dames vous prouve que ma place est près de mademoiselle Aïcha... Nous partirons quand vous le désirerez mon enfant.
— A l'instant môme...
Aïcha, suivit de Médine, passa dans son appartement pour prendre un costume de voyage. Elle mit une robe de drap noir, boutonnée jusqu'au cou, cacha sous son corsage un petit poignard à deux tranchants, attacha sur les boucles flottantes de ses cheveux un feutre noir à lar-
SCfeîfES DE LA VIE AHABE. 299
ges bords, garni d'un long voile, et jeta sur ses (épaules un a'îiple manteau. Ainsi vêtue, la belle jeune tille ressemblait à un cavalier prêt au rendez-vous et ^ l'esealade. iMédin.% tout en assistant son amie avee une intedigence nabile 1 1 aciive, l'entreienail de la douce pensée qui devait régner dans son cœur. Le caractère de la jeune niaripiise de Candeuil était tellement résolu et hardi, qu'il ne pouvait supporter longtemps le jou^, de la réflexion. A peine cette belle et noble créature éîait-elle en lace d'un danger que, soit dédain, soit audace, elle l'oubliait. Coquette, mais dans l'acception gracieuse du mol, élégante, folâtre, douée d'une imagination vive, capricieuse et délicate; femme, enfin, selon toute la portée aristocratique de l'expression, Médine tenait à l'élite de son sexe par toutes les vertus du cœur. Dévouée, généreuse à l'excès, elle s'effaçait d'elle-même devant les intérêts de ses amies, et ne calculait jamais las conséquences de ses saciflces. Ainsi, les courts instants consacrés à la toilette d'Aicha, ne furent pas renplis de re- (îommandations, de prières, de conseils relatifs à l'entrevue des deux enfants de Zaka; Medine ne supplia pas son amie de détourner la colère du farouche Kabile... Non; elle l'entretint constamment du brillant cavalier qui devait la guider dans cette aventureuse entreprise; elle s'appliqua, avec une charmante malice il est vrai, à lui rappeler certains mots glissés, fort lei drement, pendant la uemi-journée qui venait de s'écouler; elle répondit par des éclats de rire, aux dénégations et aux modesties Virginales de la belle Africaine, et lorsqu'elle lui prit la main pour la rccondaire au salon, elle lui dit avec un sourire enchanteur :
— Fais en sorte ma chère petite, que ton oncle ne me tue qu'après tes noces, j'y veux prier et j'y veux surtout danser.
300 MéDîNE.
— Prends-t'itoutesce^menaces au sérieux, par hasard?
— Rien n'est sérieux dans ce monde, mon enfant.
— Tu es sérieusement fuile cependant.
— Ah ! ah ! tu joues sur les mots; lord Brecknock a, je le vois, un très-bon élève... Tu partiras donc sans me dire ce que tu exiges de moi, en retour de la volonté lyrannique que je t'ai imposée?
— Je serai p^ut être moins discrète en revenant de mon expédition.
— A h bonne heure; on fait bien de t'envoyer en am-. bassade, tu as toute l'humeur d'un diplomate... Je t'attendrai de pied ferme.
Lord Bre( knock offrit son bras à Aïcha, qui eml)rassa tendrement la douairière et Médine, el monta dans la calèche où le capitaine et le baronnet prirent place à ses côtés. L'équipage partit lestement
— Pourquoi n'avez- vous pas fait découvrir votre voiture, demanda le marquis?
— Nous aurions joui du clair de lune et de la fraîcheur, dit Aïcha.
— et nous aurions ramené le capitaine avec une ou deux balles dans la tête, mademoiselle. Ah! monsi^ r votre oncle n'y va pas de main morte... je vous engage même à ne parler que très-peu et trs-bas; mon excellent ami Maliïah n'est jamais loin de ceux qu'il cherche.
— Cette comédie commence à me lasser, dit M. de Candeuil.
«;,--Yous appelez cela une comédie, capitaine? c'est trop de bonté de votre part... pour moi c'est un gros mélodrame.
— Arrivons vite au cinquième acte.
— Voilà qu'on lève le rideau... le premier rôle vous appartient, mademoiselle, et nous allons entrer en scène, si vous le voulez bien.