‹ Scènes de la vie arabe (volume 5)Chapitre 17 sur 34 · DU SA.MC · texte numérisé non relu

DU SA.MC

ainsi que je te l'ai laissé croire; mon père n'a pas tué ma mère dans un accès de jalousie; je n'ai pas fai mon douar pour échapper à des traitementg injustes et douloureux...

Ce conte que j'avais entendu faire à un poète nomade, un soir devant notre tente, je me le suis approprié pour t'émouvoir en ma faveur et assurer ma bienvenue chez les chrétiens. Ce que j'étais alors* Ecoute-le par la bouche de la vérité:

J'étais ton ennemi mortel et acharné, rennemi de tous les Français, de tous les

chrétiens, de tous les infidèles „ . Je me seniajs assez de haine et de fanatisme au cœur pour oser combattre, seul, contre Tune de vos plus puissantes armées ; impatient de la lenteur que vous mettiez à venir nous attaquer, je m'étais dévoué pour venir surprendre vos secrets et les dévoiler à l'émir Abd-el-Kader , qui était pour moi le représentant terrestre du Dieu unique et maître de l'univers.

Juge donc si c'est avec raison, avec justice, avec clairvoyance, que tu m'a pris dès ce temps-là pour un enfant...

Quel est celui d'entre vous qui, à mon

âge, eût osé faire ce que j'ai entrepris, ce que j'ai fidèlement exécuté?...

— Ainsi, interrompit le colonel, surpris de tant d'énergie virile, tu conviens de ton «rime? Tu as servi d'espion à l\ mir, tu l'as vu après nous avoir quittés, et lui as vendu les fruits de ton espionnage?

— Ne fai-je pas dit que je me faisais gloire d'avoir agi ainsi? Mais laisse-moi continuer mon récit ; quand j'aurai cessé de parler, tu me jugeras.

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