‹ Scènes de la vie arabe (volume 5)Chapitre 23 sur 34 · LE PP!X · texte numérisé non relu

LE PP!X

Celui qui allait vers Témir se présenta devant une vedette qu'il appela de cette voix perçante que les Arabes font entendre de si loin.

Puis, il agita les pans de son burnous et montra les papiers qu'il tenait à la main.

A ce signal, la vedette cria :

— C'est bien! j'ai compris.

Alors, le cavalier déposa, visiblement.

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les deux lettres à l'adresse de Témir et du kaïd de Zemmora sur le gazon, pit qua des deux et alla se poster à bonne distance, pour voir ce que ferait la vedette.

Celle-ci mit son cheval au pas, et s'avança prudemment, le fiisil haut, traçant des zig-zag comme si elle se fut défiée de quelque embûche.

Arrivé près des lettres, h se pencha et les ramassa sans mettre pied à terre et repartit au galop.

Le cavalier des Smélas tourna bride en même temps que lui.

Seulement, comme il était en pays ennemi et fort loin des siens, il détala avec une grande vitesse jusqu'à ce qu'il se crût hors de danger.

A rheure de son réveil, l'émir reçut le message de Blebrouk et la lettre destinée à Brahim-ben-Taïeb, lettre conçue dans les mômes termes que celle de Khalafben-Cherif.

. Ijd cavalier qui s'était dirigé vers le

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donar de Mebrouk, avait quelques parents dans ce douar, d'où il avait tiré une de ses femoies.

Aussi, quoique en guerre ouverte avec les Garabas, il put arriver, sans encombre, jusqu'à leurs tentes où on le reçut avec plus de curiosité que de haine.

Il sut d'ailleurs se faire bien venir, en distribuant aux enfants quelques piécettes, aux hommes dès cartouches, et a toutes les menteries les plus extravagantes pour affirmer que nous serions battus à la première rencontre, que nous n'entendions rien à la guerre.

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et que son kaïd était bien fou de le retenir, lui et ses frères, au service de fils de chiens destinés à devenir esclaves des enfants du prophète»

II annonça l'arrivée de Mebrouk au camp des chrétiens, se déchargea de la' lettre adressée à Sidi-Khalaf, sous prétexte qu'il n'osait pas entrer au camp de l*émir, et se St raconter en détail l'histoire du frère de Saleha, ainsi que celle de Messaouda.

Muni de renseignements complets, et copieusement repu de kouskoussou, le cavalier des Smélas remonta à cheval.

souhaita toutes sortes de prospérités à ses ennemis les Garabas, proféra de pieuses malédictions sur les Routnis (3), et repartit accompagné de gros rires qui le remerciaient de sa visite.

(1) C'est le nom que les Arabes donnent généralement aux chrétiens. . . roumi, romain»

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