‹ Scènes de la vie arabe (volume 5)Chapitre 27 sur 34 · DU 6A«G · texte numérisé non relu

DU 6A«G

Meryem possédait trop bien le génie de son sexe pour qu'elle n'eût pas deriné, chez Khalaf, un retour de passion ; et elle connaissait assez l'âme jalouse de son mari pour savoir que cette passion serait plus fougueuse devant l'épouse dédaigneuse et révoltée qu'aux pieds de la fiancée aveuglément confiante.

La lutte pouvait avoir des sinistres conséquences, il est vrai, car Ben-Chérif était homme à ressaisir par la violence les droits disputés à ses prières, homme à se venger, par des crimes, de l'indifférence méprisante dont ses soupirs étaient

payés.

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Mais il y a pour toute femme de la trempe d'âme de Meryem, comme uDe sorte de volupté à engager de semblables combats où le péril est au niveau du triomphe, et Meryem avait, hardiment, fait le sacrifice de sa vie pour jouir, ne fût-ce que pendaût quelques jours, de l'humiliation de Ben-Chérif devenu son ennemi mortel.

Khalaf-ben-Chérif quitta sa femme en jetant à la négresse Yfi^dL un regard farouche, et en iùterrompant, comme s'il se fût lépcntide l'avoir commencée, une phrase de galanterie banale.

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Puis soulevant de nouveau le rideau qui, déjà , était retombé derrière lui, Khalaf se représenta le visage calme, la voix rassurée, la parole doucereuse, et dit:

— Tu m'as fait oublier, Meryem, ce que j'étais venu t'annoncer. L'émir lève son camp; je ne sais de quel côté nous allons nous diriger, mais il faut songer au départ.

— Et à qaand ce départ 1 demanda du même ton Meryem.

~ Dans uae heure, les chameaux s'a-

genouilleront pour recevoir ton palanquin et nos bagages.

— Tes ordres nous trouveront obéis-

santés, dit Meryem en faisant signe à sa nourrice de commencer le déménagement.

Khalafse retira, donna quelques ordres à ses chaouch et se rendit en toute hâte chez Témir.

Comme il passait devant le boiteux Miloud, il s'arrêta à le regarder ; puis, se détournant, il poursuivit sa route.

— Encore un mauvais jour qui s'est mis au beau ! pensa le pauvre Miloud en se frottant les mains. — Le lion a usé ses griffes, Lella-Meryem en a fait un agneau, tout ira bien.

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