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D'un caraciere liaturelieineiit boa et doux, lorsque toutefois ses ijassîoiis n'étakiit pas irritées, Braiiim-bt^n-Taïeb avait témoigne beaucoup de tendresse a sa pupille, et lui avait fait une réception magnifique: mais, nous devons le dire, le kaïd nourrissait, en agissant ainsi, d«^ secrètes espérances qui, selon ses calculs, ne pouvaient guère lui échapper.
Meryem était fort riche , fille unique , orpheline, et sa fortune devait la suivre, du moins en grande partie, considération capitale pour tout Arabe, à quelque échelon de puissance qu'il soit placé.
21S LE PKIX
Enfin, Meryem était !ort belle, dispî'-on etBen-Taïeb avait répudié, depuis peu, l'une des trois femmes légitimes que la loi du prophète accorde à tout musulman , à cette seule condition qu'il pourra les entretenir honorablement.
L'arrivés de Meryem dans le douar de Zemmora, porta le trouble sous ia tente des femmes du kaïd. Il n'était pas douteux que celte jeune fiLe s'emparerait du cœur de Ben-Taïeb, ei qu'elle régnerait sur la famille comme une sultane favorite. ;Les distinctions dont elle f jt tout d'abord Tob'et ne confirmèrent
que trop les vues de Ben-Taïeb à son égard, et si les fecames la reçurent avec une apparente bienveillance, c est qu'elles craignirent de déplaire au maître, et cachèrent, sous des semblants hypocrites, l'aversion jalouse que leur inspirait la nouvelle venue..
Tout musulman peut avoir trois femmes légitimes, avons-nous dit, et au tant de concubmes qu'il en peut nourrir ; les marabouts, par privilège, ont le droit de posséder quatre femmes légitimes.
Dans la famille arabe , les trois ou quatre femmes d'une même tente vivent habituellement dans un accord parfait.
sans inimitié , s£!is jfilousie, sans chercher à se disputer le cœur ou l'esprit de leur seigneur. Les enfants de l'une sont peur ainsi dire les entants de Tautre, et il n' st pas rare qu'une mère, accidentellement privée du bonheur 'allaiter son enfant, le livre au seivi de Tune de ses trois ou quatre compagnes, sans que ce sacrifice lui soit douloureux. Mais si cette harmonie règne entre les épouses, aussitôt que le kadr ou les tolbas ont consacré le mariage, il n'en fai.t pts conclure que les femmes légitimes voient, d'un œil indifîérent et d'un cœur insensible, leur mari songer à contracter une alliance nouvelle. Bien au contraire.