CHAPITRE PREMIER
Dif-Rebbi.
Zemmora, dans la province d'Oran, sur le chemin direct de Mostaganem à Tiaret, Tune de nos possessions les plus reculées veps le sud, est un site pittores-
que qui charme, d'autant plus is voyageur, que, pour y arriver en venant de la côte, on traverse, dans toute sa longueur, la plaine immense de la 3flina, où l'œil fatigué ne rencontre pas un arbre, et où le soleil darde, sans relâche, pendant trois mois de Tannée, des rayons dévorans.
Zemmora appartient au territoire de la puissante tribu des Flittas, qui nous a longtemps résisté par les armes et n*a fait sa soumission qu'en 1846, c'es^à-dire à l'époque où, cernée de toutes parts et abandonnée de ses adhérens, il lui était matériellement impossible de prolonger
la latte. Quoique conquise et soumise à riinpôt, cette tribu, qui peut grouper cinq mille fusils et possède les chevaux de guerre les plus estimés de l'Algérie, est Tobjet d'une active surveillance de la part de Tautorité militaire; car, fière de son importance, de sa richesse, de sa re nommée, des violens combats qu'elle nous a livrés, elle partage plus qu'aucune autre, cette opinion généralement accréditée chez le peuple arabe: « que notre dominaUon est un châtiment céleste infligé aux.enfam du prophète pour leurs péchés; que ce châtiment est temporaire, et quil cessera quand le courroux du Seigneur sera appaisé, >
Zemmora n'est ni une ville, ni un village, ni un hameau; c'est un vallon situé à l'entrée des hautes collines couvertes d'oliviers, qui coupent si gracieusenaent le pays desFIittas, et en font ce qu'en style de guerre on appelle, expressiveraent, un pays de chicanes. Une source vive et abondante entretient, dans ce vallon, une fraîcheur aue recherchent et les hommes et les oiseaux de la contrée.
Les oliviers qui poussent là comme en forêt, les buissons presque toujours en feuilles, les fleurs précoces et tardives à la fois, le vaste horizon dans lequel se baignent la plaine tachée de lacs salins, les hauteurs de Bel-Assel et les monta-
gnes bleues du Dahra, font de ce nid de verdure l'un des plus beaux points de vue de la terre algérienne, si riche en perspectives.
L'autorité française, séduite par Taspect de ce site, et déterminée par son importance stratégique, y a construit une maison de commandement et en a fait la résidence de Vagha (1), qu'elle a imposé à la grande tribu des Flittas.
(1) Aghtty dignité de premier rang, relevant du Khalifa.
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11 fallait donner auxFIittat' un chef sûrement dévoué à nos intérêts, brave, énergique, habile, joignant la finesse diplomatique à l'éclat du nom et à la réputation du guerrier, pour que les manœuvres séditieuses ou turbulentes fussent surveillées d'un œil exercé, contenues d une main ferme et rapidennent châtiées. Le gouvernement ne pouvait mieux choisir, en confiant, comme il Ta fait, ce poste important à Mohamraed-bel-Hadri, neveu du général Moustapha-ben- Ismaïl, ce chef célèbre des Dou airs et des Smélas.ancien compétiteur d*Abd el-Kader et notre fidèle allié, qui mourut les
armes à la main pour notre cause, à Ta-
ire de quatre-vingt-trois ans, dans un défilé du pays des Flittas, non loin deZemmora où nous avons élevé un m or. liment à sa mémoire (1).
Mohammed-Bel-Hadri est un homme jeune encore, de race illustre et de m.œurs
(1) Ce monument est un marabout qui porte le nom de Kouba de Sidi-ben-Ismaïl ; ce devrait être un lieu de pèlerinage ; mais le sentiment de patriotisme est tel, même chez les tribus soumises à notre autorité, que cette Kouba, élevée par les chrétiens pour perpétuer le souvenir de leur plus fidèle partisan, n'est que très rarement fréquentée.
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opulentes. Il cache, sous les formes d'une aristocratie raffinée, une finesse capable de déjouer toutes les intrigues de la peuplade astucieuse qu'il gouverne sagement, et que le souvenir de la m.ort de son oncle lui fait un devoir d'observer avec vigilance. Nous le connaissons particulièrement, pour avoir long-temps vécu dans son intimité pendant la paix et pendant la guerre; nul n'est ami plus généreux, nul n'est cavalier plus élégant et plus brave.
A l'époque des événements que nous entreprenons de raconter, les Flittas soutenaient chaudement contre nous la
guerre sainte, et l'émir Abd-el-Kader fondait de légitimes espérances sur le zèle religieux et la valeur de celte tribu puissante que le khalifa Sidi-Embarak, homme infatigable et intrépide, tenait constamment en haleine, soit pour nous livrer combat, soit pour rdser (1) les douars (2) qui semblaient pencher vers la paix.
(1) Nous désignons ainsi l'action de la razia, expression que les bulletins de notre armée d'Afrique ont rendu familière en France.
'' " (2) On appelle douar la réunion de plusieurs '' tënteb constituant un groupe d'une ou de plusieurs famille ; d'une même tribu.
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Dans Tun des derniers jours du mois d'août de Tannée 1855, deux cavaliers étaient couchés l'un sur un petit tapis de Kaiah, ville de la province d'Oran, renommée pour ia fabrication de ces tapis à couleurs tranchantes que l'on voit dans toutes les tentes arabes;— l'autre, sur quelques brassées d'a//a(l), près des puits de R'iizane, situés dans la plaine ae ia Mma, h quelque» lieues du barra-
(1) Alfa, plante très répandue en Algérie ; elle €St d'une grande ressource pour la nourriture des chevaux, et on en fait des nattes. C'est le cygée de sparte, le cygeum spartum.
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ge de cette rivière, et à pareille distance de Zemmora.
La chaleur, qui, ce jour -là, avait été accablante, commençait à céder, abattue par une brise venant de la côte ; les herbes rares de la plaine, brûlées par le soleil, frémissaient sous ce souffle réparateur; quelques pauvres oiseaux, abrités jusqu'alors dans des nids enterrés, volligeaient en jetant des cris joyeux, et les montures des deux cavaliers mangeaient Torge aux pieds de leurs maîtres, côte à côte, entravées et paisibles quoique d'un sexe différent. Ces nobles animaux captivaient, en ce moment, toute l'attention
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des deux Arabes qui les regardaient, d'un œil amoureux et fier, attaquer avec voracité l'orge abondamment étalée devant eux, sur une large toile qui servait de nappe à leur festin.
Les cavaliers étaient à peu-près du même âge, et n'avaient pas à eux deux soixante ans. L'un portait sous son haïck rayé de Tunis (1) fin, transparent et d'une
(1) Le haïck est ce vêlement léger dont les Arabes s'enveloppent par-dessous leur burnous, de la tête aux genoux, et dont ils relèvent l'un des pans 3vec un foulard fixé à la ceinture. Les haïcks rayés
blancheur éclatante, une veste amarantlie à larges manches déboutonnées, soutachée d'or et de soie que recouvrait un burnous blanc en laine foulée; l'autre, de condition évidemment inférieure, était beaucoîip plus simplement vêtu ; il n'avait pas àù haïck, mais porlait un pantalon large en calicoi, qu'enveloppaient, malgré la saison, deux burnous d'une blancheur déjà fanée, une grande chemise ou gandoura, et une sorte de mouchoir blanc encadrant son visage et fixé
blanc sur blanc, de Tunis, pour hommes et femmes, sont liés estimés ; ils sont légers et iranspa-
rents comme la gaze.
sur la tête par une corde ec poil de chameau décrivant quinze ou vingt cercles sur la calotte dont tcut Arabe couvre son chef rasé.
Ces hommes avaient les jambes nues; mais on voyait près d'eux une paire de tumacks, ou bottes marocaines, souples comme une peau degant, etunepaiie de babouches jaunes ou pantoufles. Les tumacks, sur iescruels couraient des festons argentés, appartenaient au plus élégant des deux cavaliers, les pantoufles à Tautre dont les jambes offraient, à l'œil, chacune une cicatrice sur le tibia, cicatrice
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produite par Tétrier, et dont la plupart des Arabes tirent vanité, comme d'un signe manifeste de leur expérience en équitation, et de leur dédain pour la marche à pied.
Les montures de nos cavaliers se distinguaient, avons-nous dit, par le sexe; nous ajouterons que leur toilette accusait également une grande différence dans la fortune de leurs maîtres, quoique la jument, propriété de l'homme aux babouches, fût supérieure au beau cheval noir qui appartenait à l'autre Arabe.
L'homme à la veste amaranthe se nommait Sidi-Khalaf-ben-Ghérif.
rhomme aux deux burnous s'appelait Salem-ould-Rouïder
Le cheval noir et la jument, habitués à la voix de leur maîtres, dressaient les oreilles comme pour répondre l'un m nom de Chitann (satan) ; l'autre à celui de Messaomia (l'heureuse).
Chitamvovm une selle recouverte en
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maroquin tauve semée d'arabesques en filigranes d'argent, dont le poitrail , en ce'moment débouclé, était enrichi d'une multitude de petits croissants massifs s'agitant comme des grelots au moindre frémissement du superbe animal. La bride h larges œillères encadrées de velours noirs et plaquées d'argent, les *étriers, de même métal, larges et tranchants, complétaient le harnachement . Somptueux de ce noble compagnon de batailles et de fantasias (1), né dans les régions du Sud d'où viennent tous les
(i) Fêles Buerrières, courses de chevaux accona. pagnées de coups de fusil.
vainqueurs des |prix .de course et de vaillance. Sa robe, noire et luisante, permettait à ses veines et à ses muscles de se dessiner sous son fin tissu , et ses yeux étaient, pour ainsi dire, voilés par
un bouquet de crins qui effleuraient ses
larges naseaux.
Chitann était véritablement bien nommé, car son aspect général avait quelque chose de satanique ; sa jambe droite de derrière et sa jambe gauche de devant étaient peintes, depuis le paturon jusqu'à trois ou quatre pouces du genou, avec du henna, ce qui iui faisait une
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paire de manchettes d'uue nuance jauliâi're, couleur de funeste présage pour les Arabes, tandis que les couleurs franches, comme ie rouge, sont pour eux de bon augure. Cette peinture trahissait deux balzanes blanches que Sidi Khalaf, son maître, voulait dissimuler, car seules elles nuisaient à réclalaute beauté de sa robe.
Sidi Khalaf-Ben-Chérif avait lui-même, dans ses yeux étincelants mais sévères, daûs sa physionomie belle et régulière, mais rude et hautume, dans ses gestes peu fréquents, mais saccidés, daivi sa
voix sèche et brève, le faux air que les poètes donnent au mauvais ange lorsqu'ils le font apparaître parmi les hommes. Le cheval et le cavalier semblaient donc faits l'un pour l'autre, et ils é taien assurément dignes l'un de l'autre, car si Ghitann passait pour vaillant, Khalaf- Ben-Chérif se distinguait, entre tous les nobles de sa tribu guerrière, par une bravoure farouche et l'éclat d'un cavalier magnifique.
Salem-Ould.K.ouïder.', de condition beaucoup plus humble que son glorieux compagnon, était, par son attitude, son
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costume et sa physionomie, le type des fervents serviteurs de la ca se de Témir Abd-el-Kader dans la province d'Orao, province belliqueuse où nos moindres conquêtes ont été marquées par de sanglants combats. Son visage basané, ses traits énergiques , sa taille élevée , lui donnaient un caractère majestueux et redoutable quand son àme, ordinairement assoupie, se réveillait comme en sursaut, honteuse de sa nonchalance.
Dans Taction, cet homme dépensait toutes ses forces physiques et morale?, et quand venait pour lui l'heure du re-
pos, il prenait en pitié l'agitation, soit du corps soit de l'esprit de quiconque agissait ou pensait à ses côtés.
Salem appartenait à la tribu des Hachem-Garabas ; il était pauvre en ce qu'il ne possédait ni esclave, ni troupeaux, ni concubines ; en ce qu'il s'avait qu'une femme légitime chargée, à elle seule, de tout le fardeau des devoirs domestiques de ia tente; et cependant Salera, s'il l'eût voulu, aurait pu effacer le luxe des plus riches cavaliers do son rang, car l'émir lui avait fait offrir six mille douros
(trente mille ff au c&) de sa jyiiitMt Messaouda, somme énorme Qu'il ry ^it obstinément refusée (1).
(1) Les jumens pur sang des ISedjeds et des -4nnazas nese vendeni qu'à des prix fabuleux. Dans le Sahara, dans TAngad et même dans les tribus du sud de l'Algérie actuelle, les jwmens du mérite de Messaouda ont la valeur commerciale que nous indiquons ici.
CHAPITRK DEUXIEME.
Dif-Rebbi. (Smte^.
' Messaouda était ce que les poètes arabes appellent une jument bleue , et dont lis comparent la robe au plumage du ra-
mier (1). Née dans le désert, elle avait été prise depuis peu de temps par Salem dans une razia que Témir avait faite , dans le Sud , sur des tribus dissidentes. C'était une perfection de la race barbe pour ses qualités conarae pour son éîè- ,# gance ; son maître avait suspendu à son cou, par une simple corde d'alfc», un petit sachet dans lequel il avait fait écrire
(1) C'est rîotre '•heva! gri^ éiourneau foncé. Dans presque toutes les ballades arabes, il est question des chevaux bleus, des chevaux verts, etc., etc.
« Mon cheval est le seigneur des chevaux : il est bleu comme le pigeon sous l'ombre, et ses crins noirs sont ondoyans, »
cette opiniovi du prophète sur les juments de ce prix.
Mon ventre est un trésor.
Mon dos un siège d'honneur.
La toilette de Messaoudîf était peu digue de son noble sang. Le couvre-selle n'avait aucun ornement, pas plus que la bride et le poitrail ; un fusil anglais de fort calibre ])endait par sa bretelle , Ja crosse on i'air, au pommeau en forme de piquet de la selle, tandis que le long fusil de Rhalaf-ben-Chérif brillait par les capucines d'argent, par le corail et
rivoire dont son bois était enrichi.
Khalafse souleva sur un coude, jeta un regard perçant dans la direction de Zemmora , secoua sa tête avec ennui , et tendit à Salem sa pipe de voyage (1).
Saiem garnit la pipe de tabac, la rendit à Ben-Cherif, et battit le briquet pour se piocurer du feu.
— Par l'entourage de Dieu', ma patience est durement mise à l'épreuve de deux côtés, ditKhalaf, après avoir aspiré
(l) Pipe en terre rouge dont le tuyau, long d'environ 50 centimètres, est en bois de jasmin ou d« cerisier.
deux OU trois' bouffées de tabac; mon messager serait attendre, et tu es l'homîr!e^';le''plus'"opiniâtre"que je' connaisse! OuiJou|non , jveux-tu me vendre ta ju-
ment? j'accepterai ton'prîx.
—La terre n'est pas assez riche pour payer cette merveille céleste; n'essayez pas de me tenter, seigneur (1).
(1) Le tutoiement est général chez les Arabes, sauf les exceptions suivantes : Lorsque l'on parle à un kadi, ou à un muphti ou à un homme de rang très élevé, on emploie le pluriel. Le kadi est chargé de rendre la justice, et doit être très-instruit ; \<*. muphti est placé au>dessu8 du kadi.
— Songe que si je n'avais pas guidé les cavaliers de l'émir, la razia qui t'a enrichi d'un si beau butin aurait échoué; songe que si j'ai pris les armes pour combattre sous les étendards de ton maître, à quinze journées de mon pays, c'est que la jument du marabout m'inspirait une insupportable jalousie, et que j'espérais m'en saisir par la guerre. Le Seigneur t'a favorisé, ou bien tu auras fait quelque pacte avec le démon, car Mohammed est tombé sous ton fusil, et sa jument t'appartient... Gède-Ia moi, et je te donnerai autant de boudjous qu'il y a de crins dans sa queue.
— Oubliez-vous qu'il y a deux jours à peine, vous m'avez raconté votre his^ toire, et que, confident de vos amours, je suis ici pour les servir? Non, vous n'avez pas embrassé notre cause, dans la guerre sainte , pour vous approprier par les armes Messaouda... que le ciel la protège! mais pour faire une conquête bien plus précieuse à vos yeux, celle de la fille de rAoib-ben-Taïeb, la belle Meryem, blanche comme la lune que vient entourer la nuit (1).
(1) aie'ryem veut dire Marie comme Aîssa Jésus. Ce dernier nom est assez commun chez les Arabes, des tribus entières le portent.
— Tais-loi, s*écria brusquement Kbakf, Chitann s'est ému, vois-le.
Le cheval noir venait, en effet, de redresser fièrement sa longue encolure, et il fixait d'ardents regards du côté de Zemmora, fiaisant pointer ses oreilles comme à rapproche,4'un danger digne de son courage.
•— Messaouda ne bouge pas, répondit Salem, par conséquent rien ne cous menace, car Messaouda flaire la poudre cachée au fond des fusils, mais il se passe quelque chose là-bas.
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Chitann jeta un hennissement qui retentit dans la plaine; il battit ses flancs de sa queue puissante, et laboura la terre avec Tun de ses pieds, comme s'il eût voulu y creuser un trou.
—C'est mon messager, dit Khalaf; que Dieu t'assiste! Si le message est heureux, je (e donnerai sans compter tout l'argent de ma djebirah (1).
Chitann redoubla ses hennissements,
(1) Ejebirah, portefeuille de voyage, espèce de Sabretu :iie suspendue à la selle du cavalier.
et les deux cavaliers, qui s'étaient levés, â[)erç'3reiit bientôt, galoppant à loute vitesse, et venant droit à eux, Tun de ces beaux lévriers qui accompagnent les Arabes de distinction dans leurs voyages, et avec lesquels ils chassent, en chemin, le lièvre, la gazelle et le sanglier.
— Le Seigneur m'a exaucé 1 s'écria Rhah.f au moment où le brave lévrier, haletant et gueule béante, vint bondir à ses pieds; Meryem est libre, et elle m'attend: voici le gage de son amour.
— Oui, répondit Salem, en examinant