‹ Scènes de la vie arabeChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Di/-Rebbj. {Suite.)

Tout en parlant ainsi , Khalaf avait armé le fusil de Salem, et il en appliqua le bout du canon sur la tète effilée du pauvre chien, qui, couché en sphinx, le

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liiuseau entre ses pattes longues et nerveuses, regardait son maître à la dérobée, croyant, sans doute, à quelque taquinerie caressante, et ne bougeait pas, mais fouettait mollement la terre avec sa queue en signe de joyeuse reconnaissauce.

Salem poussa un cri,' mais ce en tut couvert par rexplosion d'un coup de feu. Les chevaux bondirent, et Ghiiaiin repondit à la poudre par quelques-uns de ces ronflements qu'il jetait d'iiabilude, pour témoigner sa colère ou)âon o%oi; puis il flaira le slougui . dont ie ciàne

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venait devoler.ea éclats; et il regarda son maître conarne ppur lui reprocher sa noire ingratitude.

< Par la figure de Dieu! murmura tout bas Salem , cet homme est funeste , et Malek (1) me châtiera pour l'avoir

assisté!

— Tu me trouves cruel , n'est-ce pas?

demanda Khalaf en s'élançant sur le dos

(1) Malek est le démon chargé de tourmenter les réprouvés dans l'enlér-,

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de Chitann, pendant que Salem pesait sur rétrier de Messaouda.

— - Moi? répondit Salem devenu circonspect et dissimulé : non , seigneur, un chien n*est qu'un chien, et Meryem est, di^on, la plus belle fiUe qui soit dans l'univers.

— Celui qui ne sait pas donner, ne mérite pas qu'on lu donne; j'ai sacrifié mon slougui, la terreur des sangliers, à Meryem, la joie de mes rêves : Meryem me récompensera! Allons, avançons,

DU SAMG. VJ

prends le chemin ie plus court, et repasse en la mémoire les plans ingénieux que nous avons arrêtés.

Salem se mit en marche et Khalaf le suivit à la distance de quelques pas Salem ne tarda pas à tomber dans de sombres réflexions, et bientôt Khalaf entonna l'un de ces chants d'amour dus à l'inspiration des trouvères erranis qui, aidés d'un joueur de flûte, et s'accompagnant du tambourin, voyagent de tribu en tribu pour charmer les loisirs des guerriers.

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Mon cœur brûle avec son feu Pour une femme issue du Paradis ;

O vous, qui ne connaissez pas Meryem, Cette merveille de Dieu l'unique.

Je vais vous montrer son portrait.

Meryem, c'est le palmier

Du pays des Beni-Mezab,

Dont les fruits sont si haut

Qu'on ne peut y toucher. . etc. , etc.

Les premières ombres de la nuit commençaient à descendre sur la plaine, lorsque nos deux cavaliers s'engagèrent dans les plis du vallon de Zemmora. Des

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