‹ Scènes de la vie cruelleChapitre 14 sur 34 · L. P. BEAUMKVIEILLE · texte numérisé non relu

L. P. BEAUMKVIEILLE

l'avance, où le cercueil fut descendu avec des cordes, A ce moment, un individu essoufil.?, qu'on n'avait vu ni à la maison mortuaire, ni à l'église, se fraya un passage au premier rang des assistants. On ne pouvait se méprendre sur la nature de ses intentions : il tenait un papier à la main.

Les fossoyeurs interrompirent leur besogne pour l'écouter.

Cet homme, de quarante ans environ, portait le vêtement noir et la cravate blanche de circonstance ; mais dans les autres détails de son ajustement un observateur aurait pu remarquer plus de recherche et de coquetterie qu'une cérémonie funèbre n'en comporte.

Ainsi son linge était brodé de trop d'arabesques; son pantalon moulait trop élégamment sa jambe; trop lîne était sa chaussure pour

la saison. En revanclio, il avait l'air profondément désolé, navré.

Il commença de la sorte :

— Messieurs, la tombe impitoyaljle vient encore de s'ouvrir pour recevoir un homme de bien, un juste... J'ai nommé Léon-Po" lyeucte Beaumevieille, fabricant de produits alimentaires, plusieurs fois médaillé. Je le connaissais depuis de longues années, et personne n'a été à même plus que moi d'apprécier les excellentes qualités de son cœur.... Beaumevieille, disons-le à sa louange, était sorti des derniers rang du peuple; ce n'est donc qu'à lui seul, qu'à sa rare persévérance, qu'à son intelligence vraiment supérieure qu'il a du sa belle position... sa position dans les denrées...

L'orateur s'arrêta un instant pour respirer. On put alors remarquer combien son visage

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