‹ Scènes de la vie cruelleChapitre 15 sur 34 · L. P. BEAUMEVIEILLE · texte numérisé non relu

L. P. BEAUMEVIEILLE

était défait et pâle. Sa main tremblait en tenant son papier.

D'une voix rauque, il continua :

<< Oui, messieurs, Léon-PolyeucleBeaumevieille avait le droit de se dire le fils de ses œuvres... Après un court séjour dans une étude d'avoué, chezM^Hamincy, oiî revivaient les solides traditions de la vieille magistrature, des Séguier et des d'Esprémenil, — il s'élança exclusivement dans la connaissance des productions de notre sol.

» Possesseur d'une usine considérable, sise à Conllans-Sainte-Honorine, Beaumevieillo, qui avait trouvé sa voie , attacha tour à tour son nom à des découvertes et à des améliorations qui dateront dans les annales de la science industrielle...

» C'est à lui qu'on doit principalement la féouîe de mouron, qui rend chaque jour tan

de services à ralimcntation moderne et contre laquelle sont venues s'émousser les dents do l'envie... Lesouvenir de Beaumevieille vivra longtemps parmi les hommes.

» Ch^z lai, le citoyen était à la hauteur du commerçant : s'il favorisa les progrès de l'esprit humain dans une équitable mesure, il sut du moins éviter les folles utopies qui sont le fléau de notre pays. Pionnier de l'avenir, il fut en même temps soldat de l'ordre... Aussi les honneurs vinrent-ils trouver Beaumevieille sans qu'il les sollicitât : nomméjuge au tribunal de commerce de la Seine, il s'acquitta de ces imposantes et délicates fonctions de manière à se concilier les sympathies générales... générales... Beaumevieille...

Um seconde fois, l'homme au discours s'interrompit. Décidément, il était horriblement fatigué. On devinait qu'il avait dû passer

Page 1