‹ Scènes de la vie de jeunesse (volume 3)Chapitre 19 sur 21 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

— Ah ! dit la comtesse en voyant rentrer son mari, qui tenait à la main la lettre que nous savons, pardonnez-moi cet horrible mensonge.

— Oh ! dit Félix, il m'a sauvé de la mort?

— Que vous disais-je ? reprit Raymond en regardant la comtesse.

— En attendant, reprit Félix, je suis toujours le plus heureux des hommes*

— Et pourtant, tu as connu le malheur.

— Non , dit Félix, puisque le mien était faux.

— Qu'importe, si ta douleur était vraie?

— Oh! oui, bien vraie, et bien profonde.

— Tu t'en souviendras quand tu te trouveras trop heureux.

Un an après, Félix était père d'une charmante petite fille, qu'il appela Félicité.

Et si vous lui parlez du malheur, il vous répondra que c'est une invention des philanthropes.

— Eh bien, mais, et le dénoùment?

Cher lecteur, le dénoûment se trouve précisément en tête de cette histoire, ce qui ne peut manquer de plaire aux gens qui commencent les romans par la fin.

Vous vous rappelez cette fameuse scène d'orage qui empêcha le comte et sa femme d'aller à la campagne ?

Ce fui leur premier malheur réel.

Voici le second : Un jour qu'ils étaient allés à l'Opéra pour entendre Guillaume Tell^ on joua le premier acte du Sermenty le deuxième acte de la Tentation, et le troisième acte de Moïse, — le tout par des doublures.

Quant au troisième malheur, il fut beaucoup plus sérieux.

Un voisin fit un jour élever un grand mur devant la maison qu'ils habitaient à la campagne, de façon à leur dérober le spectacle de l'horizon, ce dont, par habitude, ils s'étaient fait une récréation.

Enfin, il arrive quelquefois à Félix d'entendre dans la rue un orgue de Barbarie massacrer l'air qu'il a entendu la veille admirablement chanter au Théâtre Italien.

Ces jours-là, il croit à la fatalité, et rentre chez lui convaincu qu'il est le plus malheureux des hommes.

Yvonnette et son ami Donatien étaient nés sur les côtes de Brotajjne, où leurs parents, comme la plupart des riverains, vivaient du produit de leurs filets. Aux premiers pas faits en sortant du berceau, les deux enfants, qui s'étaient rencontrés, échangèrent leur premier sourire. Jusqu'à l'âge de dix ans, ils vécurent ensemble, s'aimant comme on s'aime à cet âge. Nous n'essayerons point de peindre ces enfantines amours. Rappelez-vous, lecteur, la petite blondine qui s'appelait Rose ou Charlotte, et avec qui vous partagiez vos bonbons tout en gardant la plus grosse part ; rappelez-vous, lectrice, les belles classes buisson nières faites avec l'écolier qui s'appelait Henri ou Victor, et qu'aujourd'hui vous appelez monsieur, et, si

VOUS ne retrouvez pas un de ces délicieux souvenirs au fond de votre enfance, ouvrez Paul et Virginie, lisez dans l'Ame de la Maison l'histoire du poëte Théophile Gautier et de la petite Maria qui avait des taches roses sur les joues ; ces innocentes amours vous rappelleront celles d'Yvonnette et de son ami Donatien.

Doue, ils avaient dix ans, ils s'aimaient, ils étaient heureux.

Le père de Donatien, qui était un des plus habiles pilotes de la cote, sauva un jour d'un péril imminent un navire de commerce appartenant à un riche armateur du pays. Le lendemain, celui-ci vint trouver le pêcheur, et lui proposa de se charger de l'avenir de Donatien. — Confiez-moi votre enfant, lui dit-il ; je l'enverrai au collège avec mon fils, et, après avoir passé par les écoles, il vous reviendra avec les épaulettes d'officier dans la marine royale.

Le père de Donatien avait longtemps caressé ce rêve, mais sans espérance de le voir jamais se réaliser,- cette espérance lui étant offerte, il accepta. — Deux jours après, il était convenu que Donatien partagerait les études de Paul Baradec, le fils de Tarmateur, et qu'il l'accompagnerait dans un collège de Paris.

Cette nouvelle, tombée comme un coup de foudre entre les deux enfants, leur apprit qu'ils étaient déjà mûrs par la douleur. Donatien ne voyait qu'une chose dans cet événement : c'est qu'il fallait se séparer de son amie, et malgré la brillante promesse des épaulettes d'or, il

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refusait de partir avec une opiniâtreté toute bretonne.

— Il n'y avait déjà plus place dans son cœur pour l'ambition.

— Pourtant, il fallut bien obéir. La dernière entrevue qu'il eut avec son amie fut triste. Celle-ci s'était jetée en pleurant sur son sein, le front déjà coloré de cette rougeur pudique, — aurore de l'amour qui va naître. Ils se prirent tous deux par la main, et parcoururent silencieusement cette lande où ils étaient nés l'un près de l'autre, et oii ils avaient espéré rester toujours. Ils allèrent visiter un à un tous les lieux témoins de leurs douces joies. Yvonnette songeait qu'il lui faudrait désormais revenir en ces lieux, et pour n'y plus retrouver que des souvenirs de l'absent. Donatien, plus triste encore, s'emplissait la mémoire des moindres détails de ce paradis où s'était écoulée son enfance. L'enfant voyait déjà le bonheur derrière lui, et lui disait tout bas : « Adieu, » — n'osant plus dire : a Au revoir. »

Après une longue causerie toute trempée de larmes, les deux enfants songèrent avec douleur qu'il fallait se quitter, car la nuit était venue ; néanmoins, ils se promirent de se revoir une fois encore avant le départ de Donatien, qui était fixé au lendemain soir. Donatien détacha de sa poitrine une petite médaille de Notre-Dame de Bon-Secoiirs et la donna à son amie en souvenir de lui.

— Hélas ! je n'ai rien à te donner, moi, dit la petite avec un gros soupir. Et comme en ce moment ils étaient arrivés dans un endroit où ils avaient l'habitude de se reposer

après leurs courses joyeuses, Yvonnette cueillit un bouquet de ces petites fleurs pareilles à des boutons d'or, et qui croissent particulièrement dans les landes de la Bretagne. Elle donna ces fleurs à son ami en échange de sa médaille, qu'elle avait déjà serrée sur son cœur. Donatien en fit autant du bouquet, et après s'être promis de nouveau qu'ils se reverraient une dernière fois, ils reprirent, chacun de son côté, le chemin delà maison.

Cette entrevue devait être la dernière.

En effet, en rentrant chez son père, Donatien trouva un domestique de M. Baradec, qui l'attendait pour l'emmener chez celui-ci, où il devait passer la nuit, car le départ avait été avancé au lendemain matin. — Trois jours après, Donatien entrait dans un des collèges de Paris avec son nouveau compagnon.

Dix ans se sont écoulés entre la première et la seconde partie de cette histoire, et les événements qui se sont succédé durant cette période de temps ont plus que jamais séparé Donatien et Yvonnette. La mort était venue deux fois dans la maison de celle-ci, et l'avait un jour laissée agenouillée sur la double tombe qui la faisait orpheline. Une dame riche et charitable avait pris en pitié la pauvre enfant et l'avait emmenée avec elle. Depuis ce temps,

personne dans le pays ne savait ce qu'elle était devenue, et Donatien ne put en apprendre aucune nouvelle lorsque deux ans après son départ il était venu passer les vacances dans sa famille. Plus tard, des sinistres simultanés amenèrent la ruine complète de M. Baradec, et l'armateur se trouva dans la nécessité de retirer son fils du collège avant même qu'il eût achevé son éducation. Donatien se trouvait dans le même cas, et dut ainsi renoncer aux espérances qu'on avait conçues pour son avenir, avenir auquel il s'était soumis par obéissance et non par sympathie. Au sortir du collège, on lui procura une place dans une grande maison industrielle. Cette position était la seule qui parût devoir lui convenir, car il était d'une nature physique trop frêle pour pouvoir se plier ifux rudes labeurs d'une profession manuelle. Pourtant Donatien était arrivé à Paris doué d'une constitution robuste, et les poumons pleins de cet air vital qui soufflait dans sa lande bretonne ; mais il ne tarda pas à s'étioler au collège. En entrant dans Tadolescence, le jeune Breton n'avait conservé de sa nature primitive qu'un esprit rebelle à toute chose imposée, — et toujours prêt à quitter le terre-à-terre du positif pour s'en aller courir le grand chemin des rêves. Donatien avait été un fort mauvais élève. La science était entrée dans son cerveau et y avait germé presque à son insu et sans qu'il y eût aidé par la volonté. Au sortir du collège, il se trouva pareil à un laboureur qui verrait son champ couvert de moissons sans l'avoir jamais fécondé par le soc

Quand il eut passé deux mois devant les grands livres commerciaux, Donatien se sentit envahir par un ennui insurmontable. Ses moindres pensées se glaçaient au froid contact de l'arithmétique et plusieurs fois, on l'avait repris sur les erreurs graves qu'il commettait sans cesse. Donatien n'attendit pas qu'on le remerciât, il pria son patron de disposer de sa place.

En quittant son bureau, il monta au hasard dans une de ces voitures qui desservent les environs de Paris. Deux heures après, il était sur la magnifique terrasse de Saint- Germain. Un instant, il faillit s'évanouir comme un prisonnier qui, par une brusque transition, passerait de son cachot au soleil. L'air vif de la Seine le fouettait au visage et le forçait à fermer les yeux; il lui sembla qu'il était monté sur un cap breton, en face du ciel et delà mer. Ses pensées sortirent de leur léthargie glaciale et s'agitèrent en foule dans son âme. Il s'assit alors sur un banc, et, posant la tête dans ses mains, il songea à Yvonnette.

En ce moment, distrait par un grand bruit qui semblait s'approcher, Donatien leva les yeux, et, avec la rapidité des trépassés de la légende, il vit courir devant lui une cavalcade qui soulevait derrière elle un tourbillon de poussière. Comme s'il eût été frappé d'une décharge électrique, Donatien se redressa de toute sa hauteur, et, les bras étendus vers cette vision ailée déjà disparue, il s'écria: — Yvonnette! Yvonnette! Puis il tomba à la renverse, en se heurtant le front à l'angle du banc de pierre.

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Deux étrangers qui marchaient à quelque distance entendirent le cri et virent la chute. Ils accoururent en toute hàie. L'un d'eux examina la blessure et secoua la tête.

Un quart d'heure après Donatien, qui n'avait pas repris connaissance, était transporté dans la maison de santé que le docteur Morin dirigeait à Saint-Germain.

Au bout d'un mois Donatien était guéri de sa blessure, — seulement il était fou. Le docteur Morin, qui avait pour spécialité le traitement des aliénations mentales, entreprit de rendre la raison au sujet que le hasard lui avait envoyé, et il garda le pauvre fou dans son établissement.

Du reste, la folie de Donatien était douce et tranquille et n'inspirait aucune crainte. Aussi le laissait-on aller partout sans gardien. Il passait ses journées dans les jardins et cueillait toutes les fleurs jaunes qu'il trouvait. Sa chambre en était jonchée; il en mettait partout, — jusque dans son lit. Quand elles étaient fanées, il tirait de sa poitrine un petit bouquet d'herbes sèches, et, les comparant aux fleurs flétries, il murmurait :

— Elles sont pareilles !

Il y avait dans la maison une charmante petite fille appelée Rosette, et pour laquelle Donatien manifestait un tendre et touchant attachement. Quand il la rencontrait, il la prenait par la main et l'emmenait avec lui, ou bien la faisait asseoir à son côté, et lui parlait dans une langue singulière qui la faisait rire aux éclats. Alors Donatien riait avec elle ou pleurait tout doucement, et la petite finissait par pleurer avec lui. Un jour quils étaient dans le jardin, le tonnerre roula tout à coup dans le ciel noir. Donatien se mit à genoux et força sa compagne à l'imiter ; puis il lui montra le ciel :

— Prends ta médaille, lui dit-il. La petite tira de son corsage un petit médaillon et s'agenouilla à côté de Donatien, qui commença une prière bretonne.

— Vois-tu, s'écrie-t-il tout à coup, vois-tu comme elle est bonne la Notre-Dame ? Voici ton père qui revient avec le mien. Et il indiquait deux barques qui traversaient la rivière sur laquelle le jardin avait vue.

— Surtout, prends bien garde de la perdre ta médaille, ajouta-t-il gravement.

Une autre fois, sa petite amie ayant remarqué son amour pour les fleurs jaunes, lui en apporta un gros bouquet. Donatien faillit l'étouffer sous ses baisers.

Cependant l'hiver vint ; il n'y avait plus de fleurs, ce qui n'empêchait pas Donatien de courir au jardin dès qu'on le perdait de vue. Il grattait sous la neige, cherchait ses chères fleurs, et n'en trouvant pas, il regardait le bou-

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quet d'herbes sèches qu'il portait toujours caché sur sa poitrine.

Un jour il le mit dans un verre d'eau et resta plus de six heures immobile, espérant sans doute le voir reverdir. A la fin, il s'imagina que cette épreuve avait réussi. Dès lors il trempa tous les matins son bouquet dans l'eau fraîche. Cela dura jusqu'au printemps.

A cette époque, Rosette tomba malade. Donatien, ne la voyant plus venir chez lui, demanda à aller la voir. Quand il entra. Rosette était couchée dans son lit, — un de ces petits lits blancs dont les mères vont le soir fermer les rideaux en marchant sur la pointe du pied pour ne pas éveiller l'enfant qui sourit à son rêve. En voyant entrer Donatien, la petite se dressa sur son oreiller et lui tendit sa main, qu'il serra doucement dans la sienne.

Avec cette espérance commune à tous ceux qui vont mourir et qui ne le sentent pas, la petite faisait les plus beaux projets du monde pour l'époque de sa guérison.

— Quand j'irai mieux, disait-elle à son ami, nous retournerons nous promener tous les deux dans les jardins et aussi dans la forêt, sur le bord de la rivière, partout... Il doit y avoir des fleurs; maintenant, nous sommes dans l'été — je vois le soleil. Puis elle reprit : Il faut m'en apporter, des fleurs.

Le lendemain, il lui apporta un bouquet. Rosette était plus malade. Ses yeux luisaient des flammes de la fièvre. Elle parlait haut, et parlait de toutes choses; et ses paroles, accompagnées de gestes multipliés, semblaient s'adres-

ser à des êtres absents. — Elle avait le délire cérébral. Elle reconnut pourtant Donatien et lui fit signe de s'approcher. Après avoir regardé les fleurs qu'il lui apportait, elle les lui rendit en disant ;

— Tl y a un endroit où on en trouve de bien plus jolies... c'est là qu'il faut aller.

— Où cela? demanda Donatien.

— Tu ne t'en rappelles donc plus? lui dit-elle. Alors elle étendit la main en ajoutant : — C'est là bas ! — Làbas ! c'était au fond de ses souvenirs un petit village qui se mire au bord de l'Yonne et s'appelle Cézy. Là-bas! c'était cette douce patrie dont le nom laisse un miel sur les lèvres lorsqu'on le prononce !

Donatien secoua la tête en disant : — Jesais... je sais... j'irai demain.

— Non, dit-elle, attends-moi. Nous irons ensemble. Nous passerons la rivière à gué dans la charrette de mon oncle. Ce sera bien joli. Et elle continua ainsi pendant longtemps, remontant dans son gracieux délire tous les verts sentiers de son enfance.

Comme Rosette se plaignait quand Donatien n'était pas auprès d'elle, on avait permis à celui-ci de passer ses journées dans la chambre de la malade, et il ne quittait pas son chevet. Elle dans le délire de sa fièvre, et lui dans sa folie, ils s'entendaient pourtant parfaitement, elle parlant de sa Bourgogne, lui parlant de sa Bretagne. Mais tous deux songeaient aux pays où ils étaient nés. Ils mêlaient leurs souvenirs. Ils se rappelaient tous ces petits

grands événements du premier ûf^o. Tantôt Rosette parlait de la Ivie de Saint- Leu et de sa robe blanche. Elle lui rappelait la foire de Joigny, où l'on achète des petits couteaux à lame courbe pour faire la vendange. Et Donatien répondait toujours : «Je me souviens. «Seulement, il se souveiiait de la foire de Nantes, où l'on vendait aussi toutes sortes de belles choses qui lui faisaient tant envie, — sans oublier non plus les petits couteaux.

Cependant la maladie faisait tous les jours de nouveaux progrès. Un matin, on refusa à Donatien de le laisser entrer. Rosette était morte pendant la nuit. On avait éloigné sa mère, et deux femmes veillaient près du lit. L'enfant n'avait pas encore revêtu sa robe d'éternité ; elle était étendue mollement sur sa couche, la tête sur l'oreiller et noyée dans sa chevelure noire, pareille à une figure d'albâtre dans un cadre d'ébène ; ses yeux grands ouverts semblaient regarder l'ange qui était venu chercher son âme, et elle avait gardé sur ses lèvres le sourire qui y était éclos quand le blond séraphin lui avait montré le ciel en lui disant : Viens ! Une de ses mains, blanche comme cette fleur, tenait un lis que Donatien lui avait donné la veille.

Donatien pria et supplia tant, qu'on le laissa entrer. Il s'approcha du lit, et voyant sa petite amie immobile, il l'embrassa sur le front. Il ne comprit rien.

— Elle a froid, dit-il en fermant le rideau ; — je reviendrai quand elle sera réveillée.

Le lendemain on enterra Rosette. C'était par une belle

matinée de mai, quelques jeunes filles vêtues de blanc, formèrent un cortège à cette douce compagne qui s'en allait si vite. Un éclair de raison aiguë avait traversé l'esprit de Donatien. Il avait compris que son amie était morte et non endormie, et il avait demandé à suivre le convoi. Le docteur Morin l'avait accompagné, espérant peut-être une crise douloureuse qui le mettrait sur la voie de quelque moyen à suivre pour arriver à la guérison. Une pensée poétique avait dû choisir la place où Rosette devait être enterrée : c'était au fond du cimetière, dans une espèce de petit vallon que n'attristaient pas les cyprès et les ifs. — La fosse était abritée par des arbrisseaux à verdure vive, pénétrable au soleil, et des rosiers blancs croissaient au hasard parmi les hautes herbes ; une charmante oasis où l'on devait bien se reposer de la vie.

Gomme on allait combler la fosse, Donatien s'approcha sur le bord, et on le vit étendre la main et jeter quelque chose au fond ; c'était la médaille de Notre-Dame qu'il avait retrouvée dans le chambre de Rosette.

— Je lui rends sa médaille, dit-il au docteur. — C'est pour qu'elle se souvienne de moi. Comme on avait mis sur sa fosse une croix neuve, Donatien remarqua cette inscription qui y était peinte en lettres noires :

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